C’est à la demande du conseiller Claude Ferron que le conseil municipal a adopté une résolution pour se positionner sur les hydrocarbures.

Hydrocarbures: Trois-Rivières veut avoir son mot à dire

Trois-Rivières — La Ville de Trois-Rivières prend position dans l’épineux dossier des hydrocarbures, réclamant à Québec plus d’autonomie et adoptant la même position que l’Union des municipalités du Québec.

À la demande du conseiller municipal du district des Rivières, Claude Ferron, le conseil municipal a adopté, lundi soir, une résolution demandant à Québec d’être conséquent avec sa volonté de donner plus d’autonomie aux municipalités et donc de permettre aux municipalités de délimiter des territoires incompatibles avec les activités reliées aux hydrocarbures dans le schéma d’aménagement et de développement.

C’est qu’à l’heure actuelle, les règlements touchant l’exploitation des hydrocarbures et des richesses souterraines ont préséance sur les règlements des municipalités. De même, lorsqu’un permis est émis à une compagnie d’exploitation, ce permis d’exploitation délivré par les gouvernements supérieurs ont également préséance.

Du coup, le conseil municipal demande que Québec dépose aux municipalités les orientations gouvernementales en aménagement du territoire relatives aux hydrocarbures et ce, avant l’édiction des règlements découlant de la Loi sur les hydrocarbures afin de permettre aux municipalités de délimiter les territoires incompatibles.

On demande également de permettre aux municipalités de protéger leurs sources d’eau potable via l’identification des territoires incompatibles. Finalement, on espère que Québec s’assure du non renouvellement des droits des claims lorsqu’ils viennent à échéance.

«De cette façon, on demande à Québec de revenir à son engagement initial, afin de consulter les municipalités lorsque vient le temps de penser à la gestion du territoire», indique le maire Yves Lévesque.

Ce dernier, qui avait souvent renvoyé des citoyens aux autres paliers de gouvernement lorsque ces derniers questionnaient le conseil municipal sur une éventuelle prise de position, indique que la récente prise de position de l’UMQ dans ce dossier venait légitimer encore plus la prise de position du conseil municipal.

Pour sa part, Claude Ferron estime qu’il s’agit d’un début, lui qui a été interpellé sur cet enjeu par des citoyens, un enjeu qui lui tient lui aussi à coeur. «On adopte le texte de l’UMQ. Je pense que c’est un début. Ça vient au moins cadrer que l’on voudrait être maître chez nous», indique-t-il, ajoutant n’avoir eu que très peu de temps depuis son entrée en poste pour se faire une tête sur le dossier. 

«Comme conseiller, je vais être un chien de garde très actif. Je ne vois vraiment pas ça comme une énergie de transition, on n’en est plus là. Le défi pour la prochaine génération, c’est de sortir des hydrocarbures. Donc si on s’embarque dans ça, ça envoie un message complètement biaisé. J’aurais aimé ça ce soir qu’on envoie un message disant qu’on ne veut rien savoir, mais c’est un début», croit-il.

De son côté, le Comité vigilance hydrocarbures qui assistait à la réunion du conseil, estime que la Ville ne va pas assez loin. «C’est comme si on ne demandait rien de plus que ce qui est inscrit dans la loi. Mais étant donné que les minières et les gazières peuvent passer à côté, il faut aller plus loin. Il faut demander le retrait de la loi et abroger les permis», croit Marc Brullemans, porte-parole du comité.