L'affectation de certains ingénieurs, dont plusieurs anciens de la centrale Gentilly-2, a créé un malaise chez Hydro-Québec.

Hydro-Québec sommée de suspendre l'affectation de ses ingénieurs

Le Syndicat professionnel des ingénieurs d'Hydro-Québec vient d'obtenir une ordonnance de sauvegarde afin de suspendre temporairement l'affectation de certains de ses ingénieurs, dont plusieurs anciens de la centrale nucléaire Gentilly-2, à l'extérieur de la distance prévue à la convention collective. Le syndicat estimait que la mécanique qui s'était installée pour combler différentes affectations ne respectait pas la convention collective et causait bien de l'incertitude chez les ingénieurs appelés à être affectés ailleurs.
Selon la convention collective en vigueur, Hydro-Québec ne peut assigner un ingénieur syndiqué à un lieu de travail situé à plus de 48 kilomètres de son quartier général actuel sans son consentement. Or, récemment, plusieurs affectations procédaient sans affichage et sans indication quant à la durée de l'affectation, indique Carole Leroux, présidente du Syndicat professionnel des ingénieurs d'Hydro-Québec.
«Hydro-Québec voulait envoyer des ingénieurs dans d'autres villes, comme Chicoutimi ou Rouyn-Noranda par exemple. Il y a une mécanique prévue à la convention collective pour combler ces postes. Nous sommes habitués de combler près de
200 postes par année. Sauf que dans ce cas-ci, au cours des dernières semaines, il n'y avait pas d'affichage ou de durée de l'affectation. Ça a créé de l'incertitude, il y a un flou qui s'est installé. Nos ingénieurs nous demandaient ce qu'ils devaient faire, s'ils devaient vendre leurs maisons ou quitter leurs logements», relate-t-elle, à titre d'exemple.
Le syndicat a donc présenté une requête au tribunal d'arbitrage pour obtenir une ordonnance de sauvetage, une demande qui a été acceptée. Ainsi, Hydro-Québec doit présentement s'abstenir d'entreprendre toute démarche visant à assigner un ingénieur syndiqué à un lieu de travail situé à plus de 48 kilomètres de son quartier général actuel sans son consentement et ce, jusqu'à ce que la cause soit entendue sur le fond.
Des représentations devraient avoir lieu au début du mois d'août afin de trouver une date qui conviendra aux deux parties pour que le débat se fasse, ajoute Mme Leroux.
Cette dernière rappelle que des 154 ingénieurs qui travaillaient à la centre nucléaire Gentilly-2,
54 se sont relocalisés ou ont quitté Hydro-Québec. 
De la centaine restante, 20 occupent actuellement un poste temporaire, d'une durée moyenne de 24 mois. Toutefois, au bout de ces 24 mois, ils doivent normalement retrouver leur poste d'origine. 
Par ailleurs, de 70 à 80 ingénieurs ne se sont toujours pas replacés, et la quantité de travail ira en diminuant au fur et à mesure que le travail
de déclassement de la centrale avancera. 
«Nous sommes ouverts aux discussions avec Hydro-Québec afin de trouver des ententes, mais on souhaiterait aussi que des postes restent ouverts en région autant que possible. Nous prônons beaucoup la possibilité de faire du télé-travail, mais Hydro-Québec semble frileuse à cette idée», constate Carole Leroux.
De son côté, Hydro-Québec a fait savoir qu'elle présentera sa position cet automne devant le tribunal d'arbitrage. La société d'État a toutefois refusé de discuter publiquement de ses relations de travail.