Jean-Philippe Gagnon, chef des travaux, explique la complexité des travaux réalisés par Hydro-Québec. ­
Jean-Philippe Gagnon, chef des travaux, explique la complexité des travaux réalisés par Hydro-Québec. ­

Hydro-Québec remplace des lignes haute tension datant de 1958 entre Trois-Rivières et Bécancour [VIDÉO]

Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES – Une équipe spécialisée d’Hydro-Québec réalise des travaux très techniques et hors du commun alors qu’elle s’affaire au remplacement de conducteurs de la traversée fluviale entre Trois-Rivières et Bécancour, une opération délicate évaluée à 7,5 millions $.

Cette manœuvre qui vise le remplacement des lignes haute tension entre les deux rives est rendue nécessaire en raison de la vétusté des équipements installés en 1958.

Procéder à de tels travaux a pris plus d’un an de planification et comporte son lot de risques, soutient Jean-Philippe Gagnon, chef des travaux pour Hydro-Québec.

«Nous avons des équipes des deux bords des rives qui descendent les fils sur une barge située en plein milieu du fleuve et ensuite, les fils sont rembobinés. Le défi, c’est de passer toute la quincaillerie dans une poulie et de s’assurer de ne pas toucher l’eau. On peut frôler l’eau, mais sans plus», explique l’expert.

Les travaux ont débuté vers 9h lundi matin et sont prévus pour une période de six heures. Il s’agit de la deuxième phase du projet, alors que les connecteurs de droite des pylônes sont décrochés. Ces derniers comptent chacun trois lignes. Celle du centre est déjà chose du passé, alors que celle de gauche doit normalement subir le même sort ce jeudi, si Dame Nature collabore.

D’une longueur de 1,4 km, ces lignes doivent notamment offrir une meilleure capacité mécanique, une meilleur capacité de transit, ainsi qu’une plus grande résistance à l’air salin.

Des travailleurs s’affairent au bon déroulement de l’opération.

Cette opération d’envergure doit se faire en étroite collaboration avec les gestionnaires de la voie maritime, pour éviter tout incident.

«On doit fermer complètement la voie navigable. Pour ce faire, on doit annoncer nos intentions aux intervenants maritimes au moins 48 heures en avance et nous avons des réunions fréquentes pour voir si l’on va toujours de l’avant, car on doit continuellement réévaluer la situation. Ça prend des conditions parfaites», ajoute M. Gagnon.

Questionné à savoir pourquoi Hydro n’avait pas choisir d’enfouir ces lignes sous l’eau, Jean-Philippe Gagnon a précisé qu’une telle manœuvre serait plus coûteuse pour la société d’État et que des questions de faisabilité et d’environnement se posaient.

Les nouveaux câbles installés lundi ont une durée de vie de 70 ans et voyagent chacun 230 000 volts d’électricité destinée à l’usine Kruger. Au moment de couper les câbles pour assurer leur remplacement, une tension mécanique de 20 000 livres pèse sur l’équipement.

Si tout va comme prévu, l’installation des nouveaux conducteurs devrait débuter la semaine prochaine. Une cinquantaine de travailleurs ont été mis à contribution pour la réalisation des travaux.

Une barge située au centre de la traversée fluviale a pour mission d’accueillir les câbles lorsqu’ils sont descendus.