La Coalition contre le bruit sollicite l’appui de la population pour poursuivre sa lutte contre les conséquences de vols d’hydravions touristiques au lac à la Tortue.

Hydravions au lac à la Tortue: besoin d'argent pour aller en appel

SHAWINIGAN — La Coalition contre le bruit utilise la plateforme numérique Gofundme pour organiser une campagne de financement dans le cadre de l’appel du jugement rendu par la Cour supérieure le 28 février, qui rejetait le recours collectif visant notamment à dédommager les riverains pour les inconvénients subis par les vols d’hydravions touristiques au lac à la Tortue.

Le regroupement souhaite ainsi recueillir 25 000 $. Richard Vennes, membre du conseil d’administration de la Coalition contre le bruit, pilote ce dossier.

Dans un communiqué, la Coalition contre le bruit insiste sur l’importance de porter en appel la décision de la juge Suzanne Ouellet.

«Si rien n’est fait pour réviser cette décision, ce jugement pourra être utilisé à l’avenir comme référence jurisprudentielle dans toutes les affaires de pollution sonore et notamment dans le cadre de l’action collective des citoyens qui dénoncent les nuisances sonores causées par l’aéroport Montréal-Trudeau», fait-elle remarquer.

C’est d’ailleurs en raison de l’impact de ce jugement que la Coalition contre le bruit décide d’élargir la sollicitation au grand public afin de poursuivre son combat.

«À chaque étape que nous avons franchie dans l’action collective, il faut toujours aller chercher une contribution ailleurs qu’au fonds d’aide», explique M. Vennes. «Nous l’avons fait dans la préparation de l’action collective, dans la demande d’appel. Il faut toujours aller chercher des sous et on le faisait un peu plus discrètement. Mais maintenant, on est dans le dernier bout où il faut obtenir une aide financière pour nous assurer qu’au plan juridique, la préparation sera exacte. Dans les cas précédents, c’était une sollicitation plus discrète. Cette fois, on risque d’avoir des frais qui arriveront jusqu’à ce montant.»

«On ne peut pas toujours solliciter aux mêmes endroits», insiste M. Vennes. «On va aller sur Gofundme et on va solliciter autant nos sympathisants que les organismes qui sont constitués contre la pollution sonore.»

M. Vennes observe que le jugement de février a été reçu comme une tonne de briques non seulement par la Coalition contre le bruit, mais aussi par d’autres organismes de défense des droits des citoyens à travers le pays.

«C’est ce qui fait que nous sommes à l’aise de solliciter d’autres organisations», fait-il remarquer. «Les gens sont inquiets de savoir que cette décision n’est pas favorable à la reconnaissance des impacts du bruit sur la santé et l’environnement.»

Rappelons que la Coalition contre le bruit estime que la juge de première instance n’a pas tenu compte de plusieurs éléments déposés en preuve. Elle lui reproche d’avoir commis des erreurs de faits et de droit.

«Si la décision de la juge Ouellet avait été un peu plus mitigée, probablement qu’on n’aurait pas été plus loin», confie M. Vennes. «Mais la décision a été tellement décevante à notre point de vue et avec toutes les erreurs soulevées, on ne pouvait pas laisser passer l’idée d’aller en appel. C’est pourquoi nous sommes rendus là.»

M. Vennes n’ose pas trop spéculer sur la suite des choses si la Cour d’appel confirme le verdict de première instance, mais il reconnaît que la pression financière sur une si modeste organisation commencerait à peser lourd pour pousser le dossier en Cour suprême.

«Nous sommes confiants que nous pourrons faire un bout pour, au moins, corriger certains éléments de la dernière décision», souhaite-t-il.

La Coalition contre le bruit doit remettre son mémoire d’appel d’ici le 6 décembre. Bel-Air Laurentien aviation, principale partie intimée dans ce litige, aura ensuite jusqu’au 6 avril 2020 pour procéder. Quant aux procureurs généraux du Canada et du Québec, leur mémoire devra être remis le 5 juin 2020.

Rappelons que la Coalition contre le bruit représente 849 personnes dans le cadre de ce litige. Elle vise la réduction des vols touristiques d’hydravions à un «niveau raisonnable», de même qu’une compensation de 1000 $ par membre du groupe pour les troubles et inconvénients subis entre 2008 et 2018.