Les ambulanciers latuquois ont tenu quelques manifestations au cours des derniers mois.
Les ambulanciers latuquois ont tenu quelques manifestations au cours des derniers mois.

Horaires: les ambulanciers de La Tuque obtiennent gain de cause

LA TUQUE — Après plusieurs années de revendications, les ambulanciers de La Tuque ont finalement pu célébrer, mercredi soir. Le gouvernement provincial a mis sur pied un projet pilote visant à améliorer l’efficacité des services ambulanciers sur le territoire.

D’une durée préliminaire de six mois, cette initiative du gouvernement consiste en la fusion de deux des trois horaires de faction que suivaient les paramédics latuquois en un horaire à l’heure, actif 24 heures sur 24, sept jours sur sept. De plus, un tout nouvel horaire à l’heure sera ajouté à ce qui est en place actuellement. Celui-ci sera en service huit heures par jour pendant toute la semaine, pour un total hebdomadaire de 56 heures.

Combattant afin d’obtenir ces conditions de travail depuis maintenant plus de 15 ans, c’est dans la joie la plus totale que les ambulanciers du Haut-Saint-Maurice ont reçu cette nouvelle, qu’ils n’attendaient plus.

«Le premier mot qui me vient, c’est wow. C’est au-delà de toutes nos espérances. On est extrêmement heureux que les instances gouvernementales aient pu faire le nécessaire pour permettre à nos citoyens de bénéficier d’un meilleur service. On nous avait dit que des discussions étaient en cours, mais jamais on ne s’attendait à cette nouvelle-là ce soir. C’est un très beau cadeau en ce bel été», a mentionné le président du Syndicat des paramédics du Coeur du Québec, Michel Beaumier.

Plus simplement, grâce à ce projet pilote, il y aura désormais des ambulanciers en permanence dans la caserne, à l’affût de tous les incidents qui pourraient survenir en Haute-Mauricie. Le jour, on comptera deux équipes de paramédics sur place, alors que la nuit, il n’y en aura qu’une seule. Aux dires de M. Beaumier, cette stratégie permettra de réduire considérablement le temps de réaction des premiers répondants après un appel.

Il restera toujours des paramédics suivant un horaire de faction, mais ceux-ci seront utiles pour les interventions nécessitant le transfert d’un patient d’un centre hospitalier à un autre.

«Dorénavant, nos employés ne seront plus assis chez eux, attendant que quelque chose survienne. Il y aura toujours quelqu’un prêt à réagir. Pour le citoyen, on parle de cinq à dix minutes de moins à attendre l’arrivée des ambulanciers. Ils seront chez le patient en moins d’une minute. De plus, comme les quarts de travail seront à l’heure, on sauvera presque tous les débordements d’horaire qui étaient enregistrés.»

Un combat primordial pour la députée

Depuis son élection, la députée de Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, travaillait activement sur ce dossier en compagnie de l’ancienne ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann. Au cours de ce processus, elle a rencontré de nombreuses fois les manifestants dans le dessein de répondre à leurs revendications. 

«Cela fait maintenant près de 16 mois que j’ai à coeur la situation des ambulanciers. Évidemment, je souhaite l’amélioration des conditions partout dans la province, mais depuis quelques mois, je tirais fort la couverture pour mon comté. Après que la COVID-19 ait mis le processus sur pause pendant plusieurs mois, je crois qu’on était rendus là», a-t-elle exprimé.

Après un combat de plus de 15 ans, le président du Syndicat des paramédics du Coeur du Québec, Michel Beaumier, n’attendait plus la nouvelle.

Un résultat positif attendu

Bien qu’il s’agisse pour le moment d’un projet pilote, Marie-Louise Tardif se veut extrêmement confiante de voir ces conditions de travail devenir permanentes pour les paramédics du Haut-Saint-Maurice. Elle croit que les statistiques en matière d’efficacité des urgences sur le territoire grimperont en flèche.

«Au cours des six prochains mois, on poursuivra la compilation statistique de l’efficacité des premiers répondants qui était déjà effectuée par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux. Celle-ci nous permettra assurément de démontrer tous les avantages de cette stratégie-là. Je crois que c’est tout ce que ça prend pour qu’on puisse prouver que c’est nécessaire. J’ai bon espoir qu’on va garder nos acquis.» 

La députée de Laviolette Saint-Maurice souligne également que cette problématique en ce qui a trait aux horaires des ambulanciers est vécue par plusieurs autres régions du Québec. Selon elle, c’est une question de temps avant que les figures politiques de partout dans la province ne songent à adopter cette mesure.

«Je crois qu’il était d’autant plus pertinent pour notre région de changer rapidement les choses en raison de l’immensité de notre territoire. Par contre, il faut absolument que les autorités d’ailleurs au Québec s’assoient et discutent de ce problème, sans lequel il serait possible de sauver beaucoup plus de vies à la grandeur de la province», a-t-elle expliqué.

Selon ce qu’a affirmé le nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, il ne serait pas surprenant de voir de telles annonces être faites ailleurs au cours des prochains mois. Il s’agissait effectivement d’un engagement du gouvernement Legault de «revoir la couverture ambulancière dans différentes régions du Québec afin que les services préhospitaliers d’urgence puissent offrir une réponse efficiente et de qualité», a soutenu le ministre.

Marie-Louise Tardif s’est même dite impressionnée et fière de l’écoute et de la considération des régions dont a fait preuve le premier ministre, François Legault, lorsqu’elle lui a parlé de ce dossier.