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Le projet-pilote était en branle depuis six mois.
Le projet-pilote était en branle depuis six mois.

Horaire des ambulanciers à La Tuque: «un gros impact sur le temps de réponse»

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
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La Tuque — La nouvelle formule pour les horaires des ambulanciers à La Tuque est une réussite sur toute la ligne, estime le Syndicat des paramédics du Coeur-du-Québec. Après avoir vu le temps de réponse aux urgences diminuer de manière drastique, le syndicat espère maintenant que ce projet-pilote, qui vient de se terminer, deviendra permanent. Le tout pourra tout de même se poursuivre le temps que le gouvernement rende sa décision.

Selon le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, depuis qu’on a ajouté des horaires à l’heure à ceux de faction, le temps de mise en route des ambulanciers, soit le délai entre l’affectation de l’ambulance et sa mise en direction vers le lieu de prise en charge, est passé de presque neuf minutes à 35 secondes. Quand au temps de réponse externe, soit le délai entre la mise en direction de l’ambulance et son arrivée sur les lieux, il est passé de 12 minutes 19 secondes à 5 minutes 53 secondes.

«On a vu un gros impact sur le temps de réponse, se réjouit Michel Beaumier, président du syndicat.

Selon M. Beaumier, ce changement a permis de faire davantage de transports en ambulance. En six mois, soit depuis l’entrée en vigueur des nouveaux horaires, les paramédics de La Tuque ont répondu à un millier d’appels. Habituellement, ils en reçoivent 1500 pour l’année.

«Les gens appellent plus parce qu’ils savent que maintenant, on peut arriver rapidement. Avant, davantage de gens prenaient leur auto pour aller eux-mêmes à l’hôpital, même si c’était pour un problème grave. Les citoyens viennent voir les paramédics à leur point de service pour les remercier d’être là. Les gens sont très contents», affirme-t-il.

Pour le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, les horaires à l’heure étaient également une nécessité pour retenir les paramédics. «Parce que les jeunes qui venaient ici, ils voulaient s’en aller là où il y avait le plus de stabilité et ils quittaient la région. On était toujours entre deux eaux, témoigne-t-il. Un moment donné, ils sont passés de 32 à 26 de personnel et l’alarme a été sonnée.»

La Ville souhaitait également éviter les découvertures de services. «Parce que lorsque tu prenais une ambulance et que tu l’envoyais à Shawinigan ou à Trois-Rivières, l’agglomération de La Tuque pouvait se retrouver trois, quatre ou cinq heures sans service d’ambulance. Juste aller à Parent aussi, c’est 2h30. Le temps de stabiliser le patient et le ramener, c’est un gros cinq heures.

«Les transferts se font maintenant avec l’horaire de faction. Ce qui permet de toujours garder une ambulance à l’heure et fonctionnelle à La Tuque. Ce qu’on n’avait pas tout le temps. Parce que c’était action-réaction», raconte le maire.

Ce qui permettra également de réduire la pression sur les premiers répondants. «Sans dire qu’on les utilisait à outrance, peut-être de façon beaucoup plus régulière, alors qu’ils sont en assistance, ou en complémentarité. Ils n’ont pas à faire du travail de paramédics», précise Pierre-David Tremblay.

Le maire croit qu’une nouvelle formule pourra être développée dans le secteur de Parent avec des premiers répondants de niveau 3 et un véhicule qui est plus approprié au terrain de la Haute-Mauricie. «On s’en va vers de l’équipement qui va nous permettre non seulement d’aller chercher les gens en forêt, mais de les ramener aussi», souhaite-t-il.

Vers un modèle permanent?

Ce projet-pilote, pour lequel le syndicat des paramédics a fait des pieds et des mains, allant jusqu’à occuper le bureau de la députée de Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, a pris fin officiellement le 9 février dernier.

Le projet-pilote pourra tout de même se poursuivre durant l’étude du dossier par le ministère. Puisque le dépôt du rapport du CIUSSS MCQ est arrivé seulement à la fin janvier. Celui-ci fait l’évaluation de ses impacts au ministère de la Santé et des Services sociaux, qui devra décider si ce modèle remplacera définitivement l’ancien ou non. Comme c’était trop serré pour que le ministère puisse prendre le temps d’analyser le dossier, il a été autorisé de poursuivre la démarche avant d’obtenir une confirmation.

La députée de Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, qui avait mis son poste en jeu cet été pour que ce dossier aille de l’avant, a d’ailleurs fait des pressions auprès du cabinet pour s’assurer qu’il n’y ait pas de vide entre le projet-pilote et le statut d’état permanent. «Le ministère m’a confirmé qu’il n’y en aurait pas», a-t-elle souligné.

Pour ne pas avoir l’air de vouloir influencer cette décision, le CIUSSS s’est fait avare de commentaires, jeudi soir. On concède toutefois que l’évaluation est positive. «Les observations permettent de voir des retombées très positives sur le temps d’arrivée sur les lieux. Les personnes qui reçoivent des soins en bénéficient assurément. Ce sont des indicateurs très positifs», mentionne Kellie Forand, agente d’information au CIUSSS.

La députée Marie-Louise Tardif estime quant à elle que «ça sent très bon». «C’est toujours sur l’analyse des résultats qu’on se base et ces résultats-là sont probants. Ils sont parlants. On ne peut donc pas passer à côté. Ma position était une recommandation permanente de la conversion de deux des trois horaires de faction à des horaires à l’heure», a-t-elle fait savoir, sans pouvoir s’avancer sur le délai qu’il faudra avant de pouvoir avoir une réponse positive.

L’agente d’information du CIUSSS MCQ indique que les dépenses que représente ce nouvel horaire n’ont pas été évaluées. Il reviendra au ministère de la Santé de le faire.

Michel Beaumier indique que lui aussi ignore les coûts supplémentaires reliés au nouvel horaire. Mais selon lui, les bénéfices pour les citoyens de l’agglomération de La Tuque n’ont pas de prix. Il espère par ailleurs qu’une seconde requête transmise au ministère visant à augmenter un des horaires de 8 heures à 12 heures sera aussi acceptée, puisque beaucoup d’appels arrivent tôt le matin et en fin de journée, affirme-t-il.