Michel Beaumier, président du Syndicat des paramédics du Cœur du Québec, et Pierre-David Tremblay, maire de La Tuque, ont tous deux rencontré le ministre Jean Boulet sur la question de l’horaire de travail des ambulanciers de La Tuque, vendredi.
Michel Beaumier, président du Syndicat des paramédics du Cœur du Québec, et Pierre-David Tremblay, maire de La Tuque, ont tous deux rencontré le ministre Jean Boulet sur la question de l’horaire de travail des ambulanciers de La Tuque, vendredi.

Horaire des ambulanciers à La Tuque: Jean Boulet appelé en renfort

TROIS-RIVIÈRES — Des élus de la Haute-Mauricie et le Syndicat des paramédics du Cœur du Québec (FSSS-CSN) se sont tournés vers Jean Boulet pour tenter de faire progresser le dossier des horaires des ambulanciers de La Tuque. Les maires de La Tuque, La Bostonnais et Lac-Édouard de même que des représentants du syndicat ont rencontré le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, également ministre responsable de la région de la Mauricie, à son bureau de Trois-Rivières, vendredi après-midi.

Le syndicat et les élus souhaitent que les horaires de faction, qui consistent à demander aux ambulanciers d’être disponibles 24 heures sur 24 pendant une semaine, de chez eux ou de la caserne, soient abolis et remplacés par des horaires de travail à l’heure. Ces intervenants se sont adressés à plusieurs reprises à la députée de Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, afin qu’elle fasse pression sur son gouvernement pour que ce changement de pratiques se fasse plus tôt que tard. Des ambulanciers ont d’ailleurs occupé son bureau de La Tuque, l’automne dernier, après avoir appris que Québec abolirait les horaires de faction dans plusieurs municipalités, mais pas à La Tuque.

Or, le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, indique ne pas avoir eu de nouvelles de Mme Tardif sur l’avancement du dossier, alors que celle-ci lui avait dit qu’elle l’amènerait devant le premier ministre, François Legault.

«On n’a pas eu les nouvelles auxquelles on pouvait peut-être s’attendre. Je ne dis pas qu’elle ne travaille pas, mais peut-être qu’elle a atteint les limites de ce qu’elle pouvait faire dans ce dossier-là, alors on a décidé de venir rencontrer le ministre aujourd’hui (vendredi)», explique M. Tremblay, à la sortie de sa rencontre avec M. Boulet.

«Là, on veut savoir, dans la machine, qu’est-ce qui ne fonctionne pas, où c’est qui la personne qui ne prend pas cette décision-là, c’est quoi qui fait qu’on ne peut pas reconnaître les critères (pour que les horaires soient changés)», ajoute-t-il.

Le ministre Boulet n’avait pas de réponses à apporter aux élus et aux représentants syndicaux. Il affirme vouloir d’abord analyser le dossier avant d’en discuter avec ses collègues du conseil des ministres et Mme Tardif. Il a d’ailleurs demandé à recevoir davantage de documents et d’informations aux différentes parties.

Jean Boulet, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la région de la Mauricie, dit vouloir prendre le temps d'étudier le dossier avant d'en parler avec ses collègues ministres.

«Je vais me documenter – je suis en mode cueillette d’informations – et par la suite, on verra. Je veux que ce soit équitable et que ce soit respectueux de ce que les services doivent être dans un contexte géographique comme celui de La Tuque», a-t-il soutenu, après les deux rencontres.

M. Boulet ajoute ne pas avoir d’échéancier pour donner une réponse, positive ou négative, mais assure avoir «l’intention de traiter ce dossier à son mérite et avec diligence, donc dans des délais raisonnables».

Ouverture

Le Syndicat des paramédics du Cœur du Québec espère pour sa part obtenir une réponse positive avant le début des négociations en vue du renouvellement de sa convention collective, en mars. Même si ce souhait n’a pas été exaucé vendredi, les représentants syndicaux présents se sont dits satisfaits de leur rencontre avec le ministre Boulet. «Il y avait une ouverture de la part du ministre, il a été très conciliant dans ce qu’il nous a dit. Il va vérifier le dossier et va analyser ça, voir s’il y aurait possibilité de changer les choses», relève Michel Beaumier, président du syndicat.

Les premiers magistrats, eux, se montraient moins enthousiastes, mais souhaitent laisser l’occasion au ministre Boulet de tenter sa chance pour faire débloquer le dossier avant de se tourner vers un nouvel interlocuteur, au besoin.

«C’est une rencontre polie, le ministre a écouté nos arguments et nos revendications. il reste maintenant à savoir quel aboutissement ça va donner», indique pour sa part Larry Bernier, maire de Lac-Édouard.

«On passe par la hiérarchie. On est passé par le ministre Boulet, le prochain, ce sera la ministre (de la Santé et des Services sociaux) McCann, puis le premier ministre. On est tous ensemble, on travaille ensemble là-dedans pour arriver à notre objectif», souligne Michel Sylvain, maire de La Bostonnais.

Les premiers magistrats indiquent aussi avoir profité de l’occasion pour sensibiliser le ministre aux réalités de leur territoire.

Sans ambulance

La Haute-Mauricie s’est par ailleurs retrouvée sans ambulance sur son territoire deux fois plutôt qu’une, jeudi. Même si dans tous les cas, ce fut une question de quelques dizaines de minutes, le président du syndicat des paramédics du Cœur-du-Québec estime que la situation est inacceptable.

«C’est une chose qui arrive régulièrement à La Tuque», souligne Michel Beaumier.

C’est principalement en raison de transferts entre centres hospitaliers. Les circonstances ont fait qu’on a même dû faire appel à une ambulance de Saint-Tite pour répondre à un appel.

«Il y a eu un appel plus urgent un peu et là, ils ont demandé un véhicule de Saint-Tite par obligation. Ils ont annulé durant le transport par la suite parce qu’un véhicule plus proche a été en mesure de prendre l’appel. Ça c’est en avant-midi. […] Il semblerait que ce sont les policiers qui ont amené l’individu à l’hôpital parce qu’il n’y avait plus d’ambulance disponible pour l’amener».

La situation s’est répétée en après-midi. Une fois de plus, la municipalité s’est retrouvée sans véhicule disponible sur son territoire.

«C’est une situation qui arrive régulièrement à La Tuque. Ce n’est pas une situation d’exception comme certains le disent. […] C’est beau les chiffres, mais là il faut revenir dans la réalité», insiste M. Beaumier.

«C’est inacceptable et on espère qu’il n’arrive rien de grave. […] Quand on a besoin d’une ambulance rapidement pour un transport, comme des maladies graves ou un accident de la route… Saint-Tite, c’est une heure de route», ajoute-t-il.

Michel Beaumier n’est pas sans rappeler la situation particulière de La Tuque. Il soutient que cette réalité est difficile à concevoir pour certaines personnes.

«La couverture minimum est à une heure de route d’un bord ou de l’autre… Ce n’est pas la première fois qu’on parle de ça», déplore-t-il.

M. Beaumier indique avoir informé le ministre Boulet de cette situation lors de sa rencontre avec lui, vendredi.

Du côté du CIUSSS MCQ on affirme que la situation n’est pas exceptionnelle et qu’il s’agit «de chose courante».

«Il y a des ambulances qui sont parties de La Tuque pour des transferts. Effectivement, il y a eu un appel de fait aux ambulanciers de Saint-Tite, mais l’ambulance ne s’est pas rendue du côté de La Tuque. Il n’y a pas eu de découverture, c’était seulement préventif», a indiqué Guillaume Cliche, agent d’information au CIUSSS MCQ.