Alain Jenkins, concepteur des accessoires.

Hommage aux Cowboys Fringants du Cirque du Soleil: quand la magie se coud et s’assemble

Trois-Rivières — C’est une véritable fourmilière qui s’active ces jours-ci dans les coulisses de l’Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières. À quelques jours de la première du spectacle Joyeux calvaire - Hommage aux Cowboys Fringants du Cirque du Soleil, les équipes techniques s’affairent à mettre en place les nombreux détails qui font qu’une fois sur scène, la magie opère. Et alors que les artistes s’exercent de plus en plus durant les répétitions, on voit également s’activer les équipes dédiées aux décors et aux costumes, des éléments essentiels dans un spectacle de cette envergure.

C’est par centaines que le concepteur des accessoires Alain Jenkins dit compter les articles qu’il doit livrer à temps pour la première du spectacle, le 17 juillet prochain. Sa table de travail est envahie d’outils, d’articles électroniques, de petits morceaux de bois. Tant d’éléments qui, une fois assemblés, donneront vie à cette histoire qui transportera le spectateur dans l’imaginaire d’une adolescente de banlieue, qui rêve son monde à travers les chansons du célèbre groupe québécois.

À droite, de petites maisons de bois se font manipuler pour y ajouter un dispositif électrique permettant au chef éclairagiste de les illuminer à distance. À gauche, deux énormes autos-tamponneuses, importées directement d’Asie, sont à se faire transformer pour leur donner des allures de voiture de police. Si la bête mécanique symbole des fêtes foraines est normalement alimentée en électricité par un mât qui la relie au plafond, celles qui apparaîtront dans Joyeux calvaire ont été modifiées afin de pouvoir avancer grâce à une batterie de voiture et un mécanisme les rendant tout à fait autonomes.

«Ce qui se passe ici, c’est qu’on concrétise enfin ce que nous avons dans la tête depuis des mois», résume Alain Jenkins. Car si le metteur en scène Jean-Guy Legault lui a donné certaines indications précises quant aux besoins du spectacle, ce n’est qu’une fois les répétitions commencées que les accessoires peuvent vraiment prendre vie et enfin être fignolés de manière à bien servir le spectacle. Pour les accessoiristes, le gros du travail se fera à peine trois semaines avant la première, à raison de centaines d’heures de travail durant cette très courte période. «Mais c’est tellement passionnant qu’on ne compte pas les heures», mentionne-t-il.

Sébastien Dionne, concepteur des costumes, s’affaire à fignoler certains détails avec son équipe.

Alain Jenkins a travaillé à Trois-Rivières sur tous les spectacles depuis l’hommage à Robert Charlebois. Dans sa vision créative, un accessoire efficace sera cet accessoire qu’on ne verra pas forcément, car il se mariera à l’ensemble et jouera bien son rôle dans la production. «Quand on parle d’accessoires, à 50 % il faut que ce soit beau. L’autre 50 %, il faut que ça marche», lance-t-il en riant.

À l’étage au-dessus, on peut entendre s’activer les machines à coudre dans l’atelier du concepteur des costumes Sébastien Dionne et de son assistance Marie-Sophie Gagné. Entre 60 et 80 costumes devront avoir été confectionnés à temps pour le soir de la première. Parfois créés de toute pièce, parfois commandés et modifiés pour les besoins du spectacle, les costumes doivent à chaque fois s’adapter au corps et au mouvement de l’athlète ou du danseur qui le portera, lui qui pourra également se l’approprier pour faire vivre le personnage qu’il incarne.

Sur le mur, des dizaines de photos s’alignent, des clichés tirés de la vision que Sébastien Dionne et Jean-Guy Legault ont partagée ensemble de Joyeux calvaire, pour l’inspirer tant dans le choix des styles que des couleurs, qui serviront particulièrement le thème de l’automne, retenu par le metteur en scène.

«C’est une toute nouvelle mouture, et on a toujours une belle liberté pour créer. L’an dernier, avec les Colocs, nous étions plus dans le concret, dans les vêtements du quotidien. Cette année, nous allons aller plus loin dans la poésie, dans ces personnages qui sont en quête d’évasion du quotidien», résume le concepteur des costumes.

Visite des coulisses oblige, les médias ont aussi pu admirer certains éléments qui créeront, le soir de la première, cet effet Wow que l’équipe cherche jalousement à conserver, et pour laquelle on a promis un embargo. Même si ce n’est jamais l’envie qui manque, il faudra attendre le 17 juillet. On s’y résigne!

Autre supplémentaire pour Joyeux calvaire

Signe de l’engouement grandissant autour du spectacle Joyeux calvaire - Hommage aux Cowboys Fringants du Cirque du Soleil, l’Amphithéâtre Cogeco a annoncé, mercredi, la tenue d’une troisième supplémentaire du spectacle, portant à 23 le nombre total de représentations. La vente de billets, qui connaissait déjà un niveau record par rapport à la même période les autres années, est ainsi en voie de pulvériser les records depuis l’ouverture de l’Amphithéâtre Cogeco.

Déjà, deux supplémentaires avaient été annoncées les 23 et 30 juillet. S’ajoutera ainsi le mardi 13 août pour un total de 23 représentations, ce qui n’avait jamais été fait depuis le début de la présence du Cirque du Soleil à Trois-Rivières. Lors de la deuxième année, avec le spectacle Hommage à Robert Charlebois, deux supplémentaires avaient été annoncées. Toutefois, jamais l’amphithéâtre n’avait atteint 23 représentations pour le Cirque du Soleil. Une nouvelle qui réjouit le directeur général de la Corporation des événements, Steve Dubé.

«Dès l’ouverture, quand on a annoncé ce spectacle-là, on a senti un engouement très fort. À ce moment, c’était de voir si ça allait perdurer. C’est le cas. On a un achalandage au niveau de la billetterie, des ventes records à ce moment-ci depuis les débuts de la série Hommage», constate-t-il
Selon M. Dubé, plusieurs éléments peuvent expliquer ce succès, avant même que la première n’ait été présentée à Trois-Rivières, dont le succès des quatre dernières années, la notoriété de la série Hommage de même que la notoriété de plus en plus grandissante de l’Amphithéâtre Cogeco au Québec.

«On ne peut pas nier non plus que les Cowboys Fringants, c’est tellement fort au Québec. Ils ont toujours été forts dans les festivals, ils battent des records de foules. Ça rassemble les générations. On a pris une décision l’année dernière d’aller avec les Colocs, de changer un peu ce qu’on avait fait dans les années passées. La clientèle nous a suivis et on est allé solliciter une nouvelle clientèle», constate Steve Dubé.

Par ailleurs, d’ajouter une supplémentaire ainsi, un mardi, ne peut que générer d’excellentes retombées pour les commerçants du centre-ville, croit M. Dubé. «Nous sommes dans la période estivale, oui, mais un mardi comme ça est toujours une journée un peu plus tranquille quand même. Là, on va ajouter aux retombées pour les restaurateurs, les hôteliers, les commerçants», souligne-t-il, rappelant que l’an dernier, 70 % de la clientèle ayant assisté à l’un ou l’autre des soirs de spectacle provenait de l’extérieur.
Les billets pour la supplémentaire du mardi 13 août seront mis en vente ce vendredi dès 11 h au www.amphitheatrecogeco.com ou à la billetterie de la salle Thompson au 819 380-9797.