Maria Ysabelle Tito Torres et Pascuala Erlinda Almayda Ramos (avec les bobines de fil dans les mains) posent en compagnie de Sandrine Chevalier, responsable du département d’importation de Textiles Patlin, de Patricia Champagne, responsable du département des ressources humaines, et de Sonia Chevalier, vice-présidente de l’entreprise.
Maria Ysabelle Tito Torres et Pascuala Erlinda Almayda Ramos (avec les bobines de fil dans les mains) posent en compagnie de Sandrine Chevalier, responsable du département d’importation de Textiles Patlin, de Patricia Champagne, responsable du département des ressources humaines, et de Sonia Chevalier, vice-présidente de l’entreprise.

Histoires de familles: deux employées péruviennes chez Textiles Patlin [VIDÉO]

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
SAINT-PAULIN — Après avoir quitté famille et pays pour mieux gagner leur vie, Maria Ysabelle Tito Torres et sa nièce Pascuala Erlinda Almayda Ramos ont trouvé auprès de leur nouvel employeur une ambiance qui s’apparente à une grande famille.

Ces deux Péruviennes ont démarqué à Saint-Paulin en août dernier pour se joindre à Textiles Patlin grâce à un contrat d’un an renouvelable chaque année. L’entreprise familiale dirigée par Patrice et Sonia Chevalier était à la recherche de couturières d’expérience afin de pallier le manque de main-d’œuvre. Mme Torres et Mme Ramos ont accepté de vivre cette aventure qui leur permet de gagner en une semaine le salaire qu’elles gagnent habituellement en un mois au Pérou, ce qui permet à leurs familles d’améliorer leur niveau de vie.

Plus de cinq mois après leur arrivée, l’expérience est concluante pour les deux couturières rencontrées mercredi par Le Nouvelliste.

«Le travail est mieux ici. On est attentif à nous. C’est un bon climat de travail», raconte Mme Ramos dans un français de base.

«Ce sont des couturières d’expérience, relate Sonia Chevalier, vice-présidente de Textiles Patlin. Au niveau de la production, ça va bien.»

En plus de vivre dans une région francophone alors qu’elles parlent l’espagnol, les deux citoyennes originaires de Chincha Ica ont dû s’adapter à une nouvelle culture et de nouvelles habitudes de vie. Comprendre le fonctionnement d’une cuisinière électrique, alors qu’elles utilisent des cuisinières au gaz au Pérou, ouvrir un compte à la caisse Desjardins locale, suivre des cours de francisation, apprivoiser le mieux possible l’hiver québécois, tout cela se passe à vitesse grand V en même temps qu’elles s’ajustent à un nouveau milieu de travail.

Mme Torres et Mme Ramos partagent un logement trouvé par Textlin Patlin. L’entreprise est tenue par contrat avec sa firme de placement international de trouver un logement meublé. Par la suite, le loyer est l’affaire des locataires.

«Ça va très bien à la maison, continue Mme Ramos. C’est mieux qu’au Pérou.»

Si l’adaptation se passe plutôt bien, il reste que les deux mères de famille ont laissé leur époux et leurs enfants.

«C’est difficile pour la famille qui est au Pérou», reconnaît Mme Torres, mère de deux enfants, tout comme sa nièce.

Maria Ysabelle Tito Torres

Ce sacrifice de la vie familiale touche particulièrement Sonia Chevalier.

«Au niveau des affaires, cette démarche vaut le coup. Et au niveau humain, cette expérience apporte beaucoup. Comme mère de famille, je leur lève mon chapeau», dit la vice-présidente qui souhaite garder ces deux employées.

La question familiale pourrait toutefois prendre une tournure positive à moyen terme. Les maris de Mme Torres et de Mme Ramos sont couturiers. L’objectif est de réunir les deux familles.

Textiles Patlin évalue la possibilité d’intégrer les deux époux à son équipe qui perdra bientôt des travailleurs en raison de leur départ à la retraite.

Devoir d’intégration

Le temps des Fêtes a été rempli d’émotions pour les deux Péruviennes qui étaient loin des leurs en cette période de réjouissances. La famille Chevalier n’allait certainement pas laisser leurs employées seules dans leur logement. Elles ont célébré Noël avec Patrice Chevalier, alors que Sonia Chevalier a pris le relais pour le jour de l’An.

Patricia Champagne, responsable des ressources humaines, et Sandrine Chevalier, responsable du département d’importation, contribuent aussi à l’intégration de Mme Torres et de Mme Ramos.

«Le plus difficile pour elles est d’être isolées, souligne Mme Champagne. Elles n’ont pas de famille, peu d’amis. Elles ont rencontré des gens au party de Noël du Sana (le Service d’accueil des nouveaux arrivants de la MRC de Maskinongé). Elles doivent voir autre chose que du travail. On a la responsabilité de leur intégration.»

Voilà pourquoi Mme Champagne a amené ces deux catholiques pratiquantes au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap durant la période des fêtes.

«On a des employés qui les aident, ajoute Sandrine Chevalier. Les gens sont portés à aller vers elles. Et elles sont reconnaissantes.»

Un repas de cabane à sucre, une sortie à un match de hockey et une visite à Montréal et à Québec occuperont les prochains mois de Mme Torres et de Mme Ramos. Elles retourneront au Pérou en juillet afin de remplir la paperasse nécessaire à leur retour à Saint-Paulin pour la poursuite de leur contrat de travail.

Pascuala Erlinda Almayda Ramos

«On est une entreprise familiale et c’est ce qu’on prône chez Textiles Patlin, rappelle Sonia Chevalier. On est devenu leur famille.»