Le maire d’Hérouxville, Bernard Thompson.

Hérouxville: une facture conforme... pour le moment

Shawinigan — Si un millier de résidents de Shawinigan devront payer deux fois plus cher que prévu pour la nouvelle desserte d’égout autour du lac à la Tortue, les effets semblent moins importants du côté d’Hérouxville pour le moment. Une partie de l’explication se trouve dans des décisions prises par le conseil municipal afin de réduire la pression sur les propriétaires touchés.

Le maire, Bernard Thompson, fait remarquer que pour les 193 unités desservies par le nouveau réseau d’égout, la tarification atteindra 733,93 $ en 2020.

Il s’agit d’un montant même inférieur à celui présenté à la population en juillet 2017, alors que ce coût annuel avait été estimé à 782,35 $.

À noter que ce montant comprend les coûts d’entretien du nouveau réseau qui, visiblement, avaient été surestimés. Sur une base annuelle, ils devaient représenter 335 $ selon les premières estimations. En 2020, ils ne s’élèveront qu’à 55,83 $. Le nombre de stations de pompage est finalement moins élevé que prévu, mais M. Thompson reconnaît tout de même que cette portion de la facture risque d’évoluer avec les années.

Cependant, sans surprise, la tarification pour la réalisation du nouveau réseau est plus importante que ce qui avait été anticipé en 2017, passant de 447,35 $ à 678,10 $. En fait, selon M. Thompson, les coûts de ce projet pour les riverains du lac à la Tortue qui font partie d’Hérouxville sont passés de 1,3 million $ en 2017 à 2,2 millions $ aujourd’hui.

Par contre, le conseil municipal a décidé qu’une portion de 20 % de la facture sera répartie à l’ensemble des citoyens de cette municipalité, ce qui dore un peu la pilule.

«C’est sûr que ça joue», convient M. Thompson. «Nous avons pensé que ce serait une bonne façon de procéder pour aider et pour que ce soit plus équitable. Nous ne voulions pas faire payer ces montants par 193 personnes, surtout quand les dépassements de coûts ne sont pas subventionnés. Au bout du compte, ça donne une taxation proche de ce qui avait été prévu.»

De plus, le nombre d’unités desservies a augmenté par rapport à 2017, passant de 177 à 193. En fait, la projection initiale de 197, en 2016, sera probablement rencontrée.

Le maire d’Hérouxville précise aussi que conformément à ce qui était prévu, les frais d’asphaltage dans le cadre de ce chantier sont répartis à l’ensemble des citoyens de la municipalité et non uniquement à ceux qui bénéficient du nouveau service, comme à Shawinigan.

«On s’est dit qu’il y avait beaucoup de monde qui passait par le lac à la Tortue», mentionne M. Thompson. «Je ne vois pas pourquoi je ne ferais pas payer tout le monde pour l’asphalte. Pour nous, c’était une façon d’aider les gens du lac à la Tortue, parce qu’on savait que ça allait leur coûter cher.»

La Ville de Shawinigan souhaitait procéder de la même façon jusqu’en 2017, lorsqu’elle a pu obtenir un programme de subvention plus généreux de Québec et d’Ottawa. Compte tenu de l’explosion de coûts, elle étudie toutefois la possibilité de revenir à sa position initiale, soit de facturer l’asphaltage de ces travaux à l’ensemble des Shawiniganais.

Cette semaine, Hérouxville a demandé à la Ville de réclamer environ 40 000 $ pour certains frais inattendus qui ont dû être déboursés dans le cadre du même chantier.

Quant au chemin de la Grande-Ligne, où des travaux de 1,2 million $ sont requis pour la réfection de la route en raison du passage incessant de véhicules lourds pendant deux ans, M. Thompson assure qu’une partie de ce montant sera exigée, par l’intermédiaire de la Ville de Shawinigan.

«Nous allons tenir compte de l’usure que ce rang avait par rapport à ce qu’il est devenu», précise-t-il. «Nous allons essayer de faire un calcul savant et nous enverrons la facture à la Ville, qui s’arrangera avec l’entrepreneur. Moi, je m’adresse au maître d’œuvre.»