L'équipe d'Hépatites Ressources a lancé sa semaine de sensibilisation contre l'hépatite hier. Dans l'ordre: Sylvie Bélanger, agente de prévention et de recherche, Alexandre Laporte, directeur général, Hélène Forcier, présidente, Marie-Claude Forest, infirmière auxiliaire, Laurent Pontbriand, fondateur, Robert Aubin, député fédéral de Trois-Rivières, Gaétan Leclerc, porte-parole et Sylvie Lefebvre, adjointe administrative.

Hépatites Ressources lance sa semaine de sensibilisation

C'est hier que débutait la semaine de sensibilisation contre l'hépatite, une initiative de l'organisme Hépatites Ressources. Le 28 juillet était une date déjà fixée depuis 2009 comme journée mondiale contre l'hépatite, mais l'organisme trifluvien souhaitait prolonger la durée de cette sensibilisation.
«Ce n'est pas avec une seule journée que l'on peut sensibiliser les gens à l'hépatite», justifie Laurent Pontbriand, fondateur de la Fondation Laurent Bontbriand Hépatite C et qui est derrière l'organisme Hépatites Ressources.
«Tous les jours, les gens vont avoir un petit rappel qu'Hépatites Ressources est là pour les aider, que l'hépatite C existe, mais qu'il y a des moyens de s'en sortir», insiste celui qui a lui-même été infecté par l'hépatite C lors d'une transfusion sanguine en 1990. Une série de quatre capsules vidéo seront mises en ligne à raison d'une par jour. La première concernant la prévention de l'hépatite C est disponible depuis hier et il est possible de la visionner sur le site Internet d'Hépatites Ressources.
Un suivi infirmer rigoureux
Marie-Claude Forest a récemment fait son entrée dans la famille d'Hépatites Ressources. L'infirmière auxiliaire de formation assurera un suivi en plus d'effectuer des prises de sang, de s'impliquer dans le dépistage et de fournir un accompagnement médical aux gens atteints d'hépatite C. Mme Forest offre déjà ses services à la maison Re-Né à Trois-Rivières qui offre un hébergement pour les personnes vivant avec le VIH-sida. Elle est déjà sensibilisée à la problématique de l'hépatite C puisque certains de ses patients souffrent de co-infection VIH-VHC. «Il y avait déjà une collaboration entre les deux organismes. On travaille dans la même branche. C'est pour ça que j'ai accepté de venir chez Hépatites Ressources», précise-t-elle.
De par son lien avec la maison Re-Né, Mme Forest a pu développer un lien privilégié avec les infectiologues et les gastroentérologues de Trois-Rivières et elle compte donc travailler en étroite collaboration avec les médecins pour le suivi des patients chez Hépatites Ressources. Elle se réjouit des avancées rapides dans le traitement de l'hépatite C ces dernières années. Par ailleurs, depuis juin dernier, le gouvernement fédéral a rendu disponible un traitement de l'hépatite C sans interféron qui serait entièrement remboursé par la RAMQ avec certaines exceptions. «Les patients fondent beaucoup d'espoir sur ce traitement-là», confie-t-elle.
Depuis quelques années, M. Pontbriand militait afin de mettre sur pied une maison de répit à Trois-Rivières pour les patients suivant des traitements contre l'hépatite C. Le projet n'aura finalement pas lieu sous sa forme initiale puisque les avancées médicales pour ce traitement progressent rapidement. «Les traitements durent moins longtemps qu'avant. C'était donc moins nécessaire d'avoir une maison de répit», explique-t-il.
À l'époque, les traitements que M. Pontbriand recevait étaient extrêmement longs et épuisants. Dans les années 1990, le traitement par injection d'interférons se déroulait sur une période de 48 semaines et l'efficacité n'était que de 40 %. Maintenant, un traitement de 12 semaines seulement a des chances de réussite qui frôlent le 100 %. D'investir dans une maison de répit perdait donc un peu de sa pertinence. Il ajoute que «le projet s'est plutôt transformé en clinique. On voulait offrir tous les services sous le même toit et c'est maintenant possible avec la présence d'une infirmière dans nos locaux».
Des préjugés tenaces
Mis sur pied en 2002, Hépatites Ressources offre soutien et réconfort aux personnes atteintes d'hépatite et assure un service d'accompagnement, du diagnostic à la fin du traitement. L'organisme lutte beaucoup contre la stigmatisation des gens ayant contracté une hépatite et assure ne pas établir de jugement sur la façon dont la personne a été infectée. «La façon dont l'hépatite a été contracté nous importe peu. On ne fait pas de distinction», assure Alexandre Laporte, directeur général d'Hépatites Ressources. Quant à Mme Forest, elle se désole que les gens soient parfois isolés quand ils contractent une hépatite. «Je trouve ça dommage que les gens atteints d'hépatite C soient tassés du revers de la main. Ils ont autant besoin d'être compris et d'être soignés que ceux souffrant de diabète ou de maladies cardiovasculaires», rétorque-t-elle.