Heidi Levasseur est à la recherche de finance pour réaliser le Défi Atlantica, soit de traverser à la nage l’océan Atlantique du Sénégal au Brésil.

Heidi Levasseur peine à trouver du financement

Trois-Rivières — Jamais Heidi Levasseur ne s’est lancé un projet aussi ambitieux. La nageuse espère entreprendre sa traversée de l’océan Atlantique de l’Afrique à l’Amérique du Sud dans un an, mais elle doit, avant même de se mettre à l’eau, surmonter d’importantes embûches. Il n’est pas simple d’obtenir le financement nécessaire pour réaliser ce défi dont les coûts s’élèvent à près d’un million $.

«Le financement reste difficile. C’est pour ça qu’on regarde de tous les côtés. On regarde à la fois auprès des entreprises canadiennes, des entreprises françaises et au Sénégal», avoue la nageuse actuellement en tournée préparatoire au Sénégal. «Nous allons aussi regarder du côté du Brésil.»

Celle que l’on surnomme la Sirène de la Mauricie (ou du Québec) est une nageuse d’endurance reconnue. Elle a déjà réalisé plusieurs exploits, comme la descente du fleuve Saint-Laurent de Québec à Matane ainsi que de Montréal à Québec, de nager durant 24 heures consécutives à La Tuque, de faire le tour du lac Saint-Jean en plus de descendre les rivières Saint-Maurice de La Tuque à Trois-Rivières et des Outaouais de Gatineau à Montréal.

La traversée de l’océan Atlantique entre le Sénégal et le Brésil représente cependant son plus important défi jusqu’à maintenant. Elle devra, à partir du 1er décembre prochain, nager durant 150 jours pour arriver à franchir les quelque 3000 km qui séparent les deux continents.

C’est avec la ferme intention de concrétiser ce Défi Atlantica qu’Heidi Levasseur s’est donc rendue au Sénégal. Elle a sur place enfilé les rencontres avec les autorités locales et la Fédération de natation du Sénégal. «On va avoir l’appui certain du ministre des Sports. Il s’est engagé à faire un gros événement pour le départ. Mais nous n’avons pas terminé tout ça. J’ai encore deux rencontres de prévues avec le ministre des Sports et lundi, on voit le directeur de la Fédération de natation sénégalaise qui va mobiliser leurs nageurs pour le départ. On veut mobiliser beaucoup de monde», explique du Sénégal Heidi Levasseur.

Ces appuis des autorités sénégalaises ne se traduiraient cependant pas par de l’aide financière directe. «On pourrait nous fournir de l’hébergement pour moi et mon équipe plusieurs semaines à l’avance pour vraiment s’acclimater. Ça va réduire les coûts du défi», précise Heidi Levasseur.

Par ailleurs, la traversée de l’Atlantique à la nage permettra de mettre en lumière la sombre histoire de la traite des noirs. Heidi Levasseur empruntera justement la route que les négriers utilisaient pour amener de force des populations africaines vers les Antilles et l’Amérique du Sud.

«On veut participer à raconter cette histoire, parler de l’Afrique et du développement. On veut rejoindre les deux continents pas juste à la nage», souhaite la nageuse qui caresse le rêve de devenir la première femme à traverser l’Atlantique à la nage. «Il y a un très gros côté humanitaire à ce que je veux faire. C’est pour ça aussi que je suis venue en parler à Dakar, pour que les Sénégalais se sentent impliqués dans le projet.»

La nageuse doit se rendre en France après son voyage au Sénégal. L’objectif est de rencontrer d’éventuels partenaires qui pourraient l’aider à financer le Défi Atlantica. «Je suis au Sénégal jusqu’au 4 février et le 5, je vais être en France justement pour rencontrer des compagnies qui fabriquent des bateaux. Mon capitaine étant français, il m’a mis en lien avec des entreprises à Larochelle», note Heidi Levasseur

Le navire qui accompagnera la nageuse représente la plus imposante dépense du défi. Les coûts d’un tel bateau, qui peut permettre d’accueillir quelques personnes durant cinq mois et affronter les conditions de navigation en haute mer, peuvent s’élever à près de 500 000 $ selon la nageuse. «En ayant un bateau, on diminue de beaucoup les coûts. Ça serait un commanditaire principal», précise Heidi Levasseur.

Ces démarches outre-mer ont été entamées après que la nageuse eut essuyé plusieurs refus au Québec. Sa recherche de financement où elle a réalisé l’ensemble de ses défis est plutôt difficile. Est-ce que cela entraînera la Sirène à nager sous un autre drapeau? Heidi Levasseur n’exclut pas cette possibilité.

«J’ai fait plusieurs approches au Québec et c’est difficile. Ça semble plus facile, disons, d’ouvrir des portes de l’autre côté de l’océan. C’est pour ça que je souhaite tirer le plus possible de tous les côtés, bien évidemment», avoue-t-elle.

«Je suis ouverte à toutes les possibilités. Si on me finance en France et que je n’ai pas de gros appuis au Québec [...] ce sera ceux qui m’ont financée qui auront leurs logos sur le défi. Mais je n’enlève pas mon identité québécoise. Je ne vais pas renier le Québec.»