La Municipalité de Saint-Roch-de-Mékinac veut que les installations de l’Hébergement de la Montagne soient démantelées.

Hébergement de la Montagne: «Je vais tenir mon bout»

SAINT-ROCH-DE-MÉKINAC — Le propriétaire de l’Hébergement de la Montagne à Saint-Roch-de-Mékinac n’entend pas baisser les bras dans le conflit qui l’oppose à l’administration municipale de la petite localité.

Michel Fortin a en effet envoyé une lettre rédigée par un avocat, lundi, en réponse à la mise en demeure que lui avait fait parvenir la Municipalité dans laquelle elle lui demandait de démanteler ses installations, car elle considère notamment, selon l’entrepreneur, qu’elles constituent une offre de camping. Dans cette communication, M. Fortin indique qu’il entend prendre des actions, légales si nécessaire, pour pouvoir continuer à exploiter son entreprise.

Selon les règlements municipaux, l’entrepreneur ne peut pas offrir ce genre de services sur son territoire. Par contre, M. Fortin se défend d’être dans l’illégalité, car son entreprise entre selon lui dans la catégorie «Prêt-à-camper», un type d’hébergement permis à cet endroit. Le site Hébergement de la Montagne compte des yourtes, des tipis et des chalets rustiques avec des poêles à bois. Il n’est cependant pas permis d’y séjourner dans une tente ou une roulotte, ce qui est permis sur un terrain de camping traditionnel comme celui qu’opère la Municipalité à quelques kilomètres de là.

«Ce n’est pas vrai qu’ils vont me faire défaire ça. [...] J’y ai mis tout mon cœur. Je vais tenir mon bout», lance M. Fortin, très agacé de la fermeture d’esprit des décideurs municipaux. Il considère qu’ils font preuve d’acharnement à son égard. Ils ont notamment déjà déposé des plaintes relatives à sa fosse septique et son quai dans le passé.

Le Vent dans les voiles

Cette tuile tombe alors que l’entreprise de M. Fortin a le vent dans les voiles. Ce dernier indique d’ailleurs qu’il a déjà plusieurs réservations pour l’an prochain. Il espère donc pouvoir continuer l’aventure, sans quoi il devra rembourser ses futurs clients. Il précise de plus que le taux de satisfaction des visiteurs qui ont fait appel à ses services est très élevé sur les plateformes de réservation ainsi que sur les réseaux sociaux.

De plus, M. Fortin considère que son site constitue une plus-value pour un coin de pays qui en a grandement besoin selon lui. Il ne comprend donc pas pourquoi le maire de l’endroit, Guy Dessureault, lui fait des misères depuis son arrivée il y a trois ans, alors que la présence de son entreprise fait rayonner Saint-Roch-de-Mékinac. Selon lui, le premier magistrat n’a pas de raison de voir son entreprise comme un concurrent direct du camping municipal. Il croit donc qu’il y a de la place pour ces deux endroits de villégiature sur le territoire de la petite localité de moins de 400 habitants.

«Le dépanneur est fermé, la station d’essence est fermée et je crois que les restaurants sont fermés le lundi, mardi et mercredi. Tout ferme! Il y a des endroits qui sont à l’abandon et ça n’a pas d’allure. Moi, je fais quelque chose de beau et j’apporte de l’argent. J’ai des clients qui vont faire leur épicerie à Saint-Joseph-de-Mékinac et qui vont manger au restaurant», lance-t-il.

Trouver un avocat

Malgré plusieurs approches auprès d’avocats de la région spécialisés en droit municipal, M. Fortin a éprouvé de la difficulté à trouver quelqu’un pour le représenter. Il semble que les cabinets ne soient pas chauds à l’idée de plaider en faveur d’un petit entrepreneur dans un litige l’opposant à une municipalité. Il a finalement convaincu un juriste de Grand-Mère de rédiger la lettre qu’il a envoyée à la Municipalité. Ce dernier devrait d’ailleurs le référer à un confrère en mesure de prendre le relais pour la suite des choses.

Le maire préfère ne pas commenter ce dossier étant donné que des procédures légales sont en cours. Il s’est limité à dire qu’un inspecteur avait constaté 17 infractions à la réglementation municipale sur le site de l’entreprise de Michel Fortin.