Pierre-David Tremblay

Trouver le meilleur des deux mondes

La Tuque — Interdire complètement la consommation de cannabis dans les lieux publics relève d’une pensée idéaliste pour le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay. Comme plusieurs autres maires de la région, le policier à la retraite préfère attendre de voir ce que le fédéral et le provincial imposeront comme encadrement avant de faire quoi que ce soit.

«Dire non totalement à la consommation dans l’espace public? Je ne sais pas réellement comment les villes pourraient arriver à ça. L’application de la loi va être très difficile. Il faut aller chercher le meilleur des deux mondes en regardant ce qui se fait au niveau de la cigarette et au niveau de la boisson», a lancé le maire Tremblay.

Ce dernier souhaite également avoir la possibilité d’établir un cadre municipal à la consommation en milieu public. «Il y a des particularités dans chacune des villes. Québec doit être le plus restrictif possible pour qu’on ait le moins de marge possible à aller chercher en tant que Ville […] Mais on veut avoir une place pour établir nos besoins particuliers. Il ne doit pas y avoir de consommation dans les parcs par exemple. Si le provincial ne va pas jusque là, il nous faut la possibilité de le faire», a-t-il ajouté.

Le premier magistrat insiste également sur le fait que les villes devront aussi établir des paramètres comme employeur.

«On va avoir deux responsabilités, celle de notre population et celle comme employeur. Il va nous falloir établir certains paramètres de consommation, d’utilisation...», a noté Pierre-David Tremblay.

Il est clair, ce sera tolérance zéro vis-à-vis les employés municipaux comme ce l’est actuellement pour l’alcool.

«Tu ne peux pas rentrer le matin avec les facultés affaiblies. […] C’est aussi toute la question de santé et de sécurité. À ce niveau-là, on s’en va dans le néant et on a des craintes. Il y a des gens qui conduisent de la machinerie. Il va falloir gérer l’absentéisme aussi.»

Le maire Tremblay insiste aussi pour dire qu’il faudra renforcer les programmes de prévention.

«Il va falloir faire beaucoup de sensibilisation aussi, ce n’est pas parce que c’est permis que c’est bon. Je pense que c’est mal évalué à l’heure actuelle. On ne réalise pas tous les dommages.»

Il n’y a pas que la consommation dans l’espace public qui dérange, les coûts qui seront engendrés par l’administration municipale aussi.

«Il va y avoir des coûts c’est certain et je pense qu’on sous-estime les coûts comme employeur et pour la société», a-t-il conclu.