Il est impensable pour le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, de démolir l’église Saint-Zéphirin.

Quel est l’avenir de l’église Saint-Zéphirin?

LA TUQUE— «C’est impensable.» Le maire de La Tuque Pierre-David Tremblay a été très clair, il est inconcevable d’envisager de démolir l’église Saint-Zéphirin, située en plein cœur du centre-ville. La Municipalité souhaite que l’église demeure active, mais aucun argent ne sera investi. Une rencontre concernant l’avenir du bâtiment historique aura lieu le 15 avril.

«On a eu une lettre (du comité sur l’avenir de l’église Saint-Zéphirin) nous demandant trois choses; une étude pour évaluer les coûts de la démolition, créer une corporation légale tripartite entre la ville, la fabrique et les citoyens, et une demande de budget pro forma sur environ dix ans», explique d’entrée de jeu le maire Tremblay.

Des demandes auxquelles la Ville a répondu négativement, un non catégorique de l’ensemble des élus municipaux. Ils ont fait part de leur décision verbalement le 12 février lors d’une rencontre «franche et ouverte» et dans une lettre officielle datée du 22 février dont Le Nouvelliste a obtenu copie.

«C’est au Conseil de la Fabrique de prendre leurs décisions, ce n’est pas notre mission», a lancé Pierre-David Tremblay.

La Ville souligne dans sa lettre qu’il est «prématuré à ce stade-ci» d’envisager la démolition et qu’elle n’est pas souhaitée.

«On ne veut même pas faire une étude. Pour nous, ce n’est pas la solution.»

Pierre-David Tremblay affirme que le coût de démolition peut être facilement avancé dans un approximatif considérant l’expérience récente de la démolition de l’église Marie-Médiatrice au coût d’environ 450 000 $. On pense qu’une réorganisation ou une démolition pourrait coûter aux alentours d’un million $.

«On a mis 975 000 $ dans les églises depuis 2013. La population a fait des efforts, la Ville a été présente. Là, ils doivent prendre leurs décisions. Ce n’est pas aux citoyens à payer la facture. C’est clair et on a annoncé nos couleurs.»

La Ville soutient également que l’établissement d’une nouvelle corporation n’est pas dans les orientations du nouveau conseil municipal et que «cette avenue ne suppose pas d’avantages favorables à l’objectif recherché».

Quant au budget demandé, le maire Tremblay persiste et signe, il n’a pas d’argent, surtout dans cette période de restrictions budgétaires.

«On n’a pas de signal que ça va mal à ce point. On a demandé les états financiers de 2015, 2016 et 2017. On verra, mais la Ville a été claire. Pas question de mettre d’argent», insiste le maire.

Par ailleurs, il s’est dit très ouvert à maintenir un dialogue et une étroite communication quant au développement de l’avenir de l’église.

«On est en soutien et on essaie d’être le plus facilitant possible […] Éventuellement, si on nous approche en fonction d’une réaffectation du bâtiment, si on nous parle d’investisseurs, de développement du presbytère… la Ville peut être très facilitante dans certaines situations.»

«Le meilleur exemple, c’est l’église Marie-Médiatrice et le projet des Bâtisseurs», a noté Pierre-David Tremblay.

De leur côté, les marguilliers soutiennent qu’ils comprennent très bien la décision prise par la Ville. Ils ont quand même tenu à mettre la situation dans son contexte.

«En 2014, il y a eu une consultation des paroissiens afin de décider de l’avenir des deux églises. Malgré tous les travaux qu’il y avait à faire, on avait décidé de garder Saint-Zéphirin et de se départir de Marie-Médiatrice», a expliqué Sylvie Girard, porte-parole des marguilliers.

Selon elle, des discussions avaient eu lieu avec l’ancien conseil municipal pour que la Ville continue d’apporter son soutien à l’église Saint-Zéphirin.

«Ce qui avait été convenu, c’était de faire une étude sur le coût de démolition et une étude pour savoir combien ça coûterait garder l’église pendant 10 ans. La Ville s’était engagée pour un certain montant. […] On a adressé la lettre au début 2018 au conseil municipal pour connaître leurs intentions.»

«On comprend le contexte budgétaire de la Ville et on sait que ce n’est pas facile. On ne critique pas la Ville, ils sont très collaborateurs», assure-t-elle.

La porte-parole ne cache toutefois pas que la décision de la Ville change un peu le plan initial. D’ailleurs, la rencontre prévue le 15 avril à 19 h servira à faire le point avec les citoyens. Il y aura une mise à jour de la situation et les paroissiens seront invités à se prononcer sur les orientations à prendre pour l’église Saint-Zéphirin dans le futur.

«La Fabrique veut conserver l’église Saint-Zéphirin le plus longtemps possible […] Le carnet de santé qui a été fait en 2014 montrait qu’il y avait pour près d’un million de réparations à faire pour mettre l’église à niveau. Ça, c’est il y a quatre ans… Il va falloir voir avec les paroissiens comment on peut assurer le financement annuel de l’église et les travaux majeurs, c’est un gros bâtiment!»

«Les paroissiens ont été beaucoup sollicités dans les années passées, et ils répondent positivement. La population tient à l’église Saint-Zéphirin et c’est pour cette raison qu’on a espoir de trouver ensemble la meilleure avenue possible», a conclu Mme Girard.