Opitciwan pourra garder ses policiers

Un accord de principe a finalement été conclu entre le ministère de la Sécurité publique et le Conseil des Atikamekws d'Opitciwan concernant les services policiers dans la communauté. Le corps policier d'Opitciwan, en Haute-Mauricie, demeurera donc en fonction après le 31 mars 2014.
«C'est un début vers un changement de la façon dont on était traités en termes de ressources. C'est une entente d'un an qui va permettre de mutuellement, avec Québec, faire l'évaluation de la situation. Cela va aussi permettre de faire la démonstration au courant de l'année que ce qu'on avait fait dans les dernières années, c'était justifié», a souligné d'entrée de jeu le chef de la communauté d'Opitciwan, Christian Awashish.
Les deux parties se sont entendues sur les principes d'un accord visant la prestation des services policiers dans la communauté d'Opitciwan. Les discussions ont permis au ministère de la Sécurité publique et le Conseil des Atikamekws d'Opitciwan de s'entendre sur les principaux paramètres qui permettront à la Sécurité publique d'Opitciwan d'assurer la prestation des services policiers pour l'année financière 2014-2015. 
«Dans ces négociations, les nations québécoise et atikamekw partagent le même objectif qui est d'assurer la sécurité des citoyennes et citoyens. Il ne fait donc aucun doute qu'en travaillant ensemble, nous arriverons à des solutions durables», a déclaré le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron.
Dans le cadre de cet accord, un projet-pilote visant à favoriser l'efficacité du corps de police d'Opitciwan sera mis en place. Celui-ci inclut notamment le prêt d'un officier de la Sûreté du Québec à la communauté pour superviser, à titre de directeur intérimaire, les opérations du corps de police. Les modalités exactes de l'accord concernant Opitciwan ne seront toutefois pas révélées puisqu'elles devront être entérinées dans le cadre d'ententes formelles.
«Je suis heureux du dénouement positif de nos récents échanges avec le gouvernement du Québec qui a fait preuve d'une ouverture très appréciée. Ce projet-pilote nous permettra de mieux répondre aux besoins de notre population, tout en permettant d'évaluer adéquatement le niveau de ressources nécessaires pour assurer des services policiers de qualité au sein de notre communauté», a mentionné le chef Awashish.
Ce dernier demandait, au début des discussions, un financement supplémentaire d'un million de dollars pour les services policiers. «Il y a un chiffre qui a été projeté, mais ce n'est pas un chiffre fixe.
Si ça coûte plus, Québec est supposé s'ajuster en cours de route parce que ça va être justifié et démontré. [...] Ce n'est pas ce qui avait été demandé, mais au moins ils sont flexibles», a précisé M. Awashish
Le directeur du poste de police, Bryan Chachai, avait également dénoncé la situation en début d'année. Il révélait notamment les conditions de travail difficiles pour les policiers en raison du sous-financement. 
Rappelons que les ententes sur la prestation des services policiers dans les communautés autochtones du Québec sont financées à 52 % par le gouvernement du Canada et à 48 % par le gouvernement du Québec. D'ailleurs, le chef Awashish a mentionné qu'il n'hésiterait pas à faire pression également sur le gouvernement du Canada. «Le Canada devra s'ajuster également. Il a sa part de responsabilité», a-t-il conclu.