Rachel Fluet et François Descarreaux de la Fraternité Don Bosco aimeraient pouvoir prendre possession de l’église de La Bostonnais.

«On espère un petit miracle maintenant»

LA BOSTONNAIS — Les étoiles semblaient alignées en ce qui concerne l’avenir de l’église de La Bostonnais. C’est ce que pensait un groupe de citoyens qui avait la ferme intention de reprendre possession du bâtiment. Ils ont toutefois dû abandonner le projet en raison d’un «bail pas d’allure» proposé par les marguilliers de la paroisse Saint-Martin-de-Tours. Le groupe de personnes espère un miracle avant le 15 novembre, date à laquelle la paroisse leur demande de quitter l’établissement.

«J’y crois depuis le début, mais là il faut se rendre à l’évidence: ils ne veulent pas que ça marche. Ils rient de nous avec un bail comme celui qu’ils nous ont proposé […] L’église de La Bostonnais est à la sueur et au sang des citoyens de La Bostonnais. Ce sont eux qui l’ont bâtie, qui l’ont aménagée, qui l’ont entretenue… Ici, on peut la garder et on veut la garder. S’il faut aller jusqu’à l’archevêché, on va le faire», a lancé Rachel Fluet, celle qui mène le dossier de la Fraternité Don Bosco.

«Qu’on nous vende l’église pour 1 $ comme il l’avait dit. On a rempli nos obligations et peut-être même plus», a-t-elle ajouté.

Le projet de la Fraternité Don Bosco comporte plusieurs volets, dont un bazar qui a pris place au sous-sol de l’église, l’exposition et la vente d’artisanat local, un petit casse-croûte, la bibliothèque, des activités sociales…

Elle s’est donné comme mission de développer un lieu d’appartenance et d’échange afin de briser l’isolement et de créer un tissu social entre les citoyens, tout ça dans le but de subvenir aux besoins du bâtiment.


« J’y crois depuis le début, mais là il faut se rendre à l’évidence: ils ne veulent pas que ça marche.  »
Rachel Fluet

En juillet, des discussions ont été entamées avec les marguilliers. Ces derniers ont demandé des états financiers et des prévisions budgétaires détaillées. Même si le délai était relativement court, Rachel Fluet et son équipe assurent avoir livré la marchandise.

«Ils étaient enchantés et nous félicitaient. On répondait à la demande et l’argent était là. […] Ils ont dit qu’ils voulaient nous donner une chance et nous aider avec un bail carte blanche», raconte-t-elle.

C’est ce bail qui a rapidement fait descendre Rachel Fluet de son nuage. «Trop beau pour être vrai», dit-elle.

La lecture du bail l’indigne à plus d’une reprise et il semble impossible de changer un mot. «Ce n’était pas une négociation, on nous imposait ça», déplore Mme Fluet.

«C’est pire que la mafia et le gouvernement, je n’ai jamais rien vu de tel. C’est leurs propres règles et ils ne relèvent de personne», ajoute-t-elle.

La paroisse demandait, entre autres, un loyer de base mensuel de 500 dollars et prévoyait une indexation sur les mensualités de 2% chaque année.

«C’était non négociable, mais cela allait nous étouffer c’est évident. Tu n’as rien fait encore et cet argent-là sort de ton compte», ajoute M. François Descarreaux, bénévole pour le comité.

Les membres de la Fraternité Don Bosco ont refusé de signer le bail.

Ils ont annoncé leur décision récemment et la paroisse leur a demandé de quitter les lieux «au plus tard le 15 novembre».

«On espère un petit miracle maintenant», a insisté Mme Fluet.

Les marguilliers se défendent

Les marguilliers assurent qu’ils sont de bonne foi. Eux parlent plutôt d’une erreur d’interprétation du bail.

«Ils voulaient acquérir l’église et assurer sa survie à long terme. On leur a demandé un budget pour nous démontrer qu’ils étaient capables d’aller chercher l’argent qu’il faut pour les cinq prochaines années. Ils l’ont fait et on sait qu’ils ont mis beaucoup d’efforts pour le faire», a indiqué Sylvie Girard, porte-parole pour les marguilliers.

Ces derniers avaient toutefois quelques doutes en regardant les chiffres.

Alors, ils ont proposé d’avoir un bail. Un bail d’une durée déterminée qui devait permettre aux gens de la Fraternité Don Bosco de prouver qu’ils étaient en mesure d’assumer l’entière responsabilité de tout le bâtiment.

«C’est vrai, on demandait 500 $ par mois, mais ce n’était pas pour nous. Ils étaient capables de le payer dans les chiffres qu’ils nous ont présentés […] Nous, on aurait mis cet argent-là dans un fonds au cas qu’il y ait un bris majeur. S’il n’y en a pas, parce que l’église est en bon état, on aurait remis l’argent. C’est ce que l’on a tenté d’expliquer», a affirmé Mme Girard.

Pour les marguilliers, c’était une façon de s’assurer la survie du bâtiment, mais les deux parties n’ont pas réussi à s’entendre sur le plan budgétaire.

«Ce sont des gens très mobilisés. Ils mettent beaucoup d’efforts. C’est vrai […] Maintenant, leur position d’acheter le bâtiment va être présentée au conseil des marguilliers, mais ce n’est pas certain qu’on va aller dans ce sens-là», a noté Sylvie Girard.

«On va vendre l’église à 1 $ à qui est capable de nous prouver qu’il peut assurer sa survie pendant plusieurs années», a-t-elle conclu.