Nation atikamekw: des détails de l'entente rejetée dévoilés

Trois mois presque jour pour jour après avoir paraphé une entente avec les négociateurs de la nation atikamekw, Québec est toujours sans nouvelle. Deux des trois communautés ont entériné l'entente, tandis que la troisième l'a rejetée par voie référendaire; toutefois, aucune confirmation n'a été acheminée au gouvernement. Le Nouvelliste a mis la main sur des informations se retrouvant dans l'entente paraphée le 23 octobre dernier.
Le document prévoit, entre autres, une somme de 35 M$ sur 5 ans, 20 000 m3 annuellement à la société en commandite Opitciwan en garantie d'approvisionnement, 30 000 m3 de sapins, d'épinettes, de pins gris et de mélèzes aux Atikamekws sur 5 ans, 20 000 m3 par année de feuillus durs réservés aux Atikamekws, un minimum de 16,5 % de la valeur de travaux sylvicoles non commerciaux et 81 500 tonnes métriques vertes de biomasse forestière.
On trouve également dans l'entente paraphée par les négociateurs, le transfert d'une pourvoirie à Wemotaci et un fonds de démarrage de 150 000 $, des mécanismes de cogestion des ressources et du territoire et la création, d'ici le mois de mars, d'une table de haut niveau pour la mise en oeuvre de l'entente.
La ministre déléguée aux Affaires autochtones est toujours confiante de voir les trois communautés se rallier et signer l'entente. Par ailleurs, l'attente commence à se faire longue.
«On a travaillé très fort pour obtenir ces acquis-là pour les Atikamekws. On aimerait que cette entente puisse être signée pour que ces acquis puissent être garantis aux Atikamekws pour améliorer leur qualité de vie et développer leur économie», a fait savoir l'attachée de presse de la ministre déléguée aux Affaires autochtones, Antonine Yaccarini.
«On a entendu des choses parfois erronées au niveau de cette entente. On a fait peur aux gens en disant que leurs droits ancestraux seraient touchés, mais c'est totalement faux. L'entente bilatérale est une entente seulement économique et il n'est pas du tout question de droits ancestraux», a-t-elle ajouté.
Les trois chefs Atikamekws, quant à eux, ont eu l'occasion de discuter du dossier en milieu de semaine, lors d'une réunion concernant un autre sujet. «On a échangé sur la suite, mais on n'en dira pas plus pour le moment. [...] On est en mode solution, conciliation. C'est la discussion que nous avons eue hier. Il n'y a pas eu vraiment de réactions officielles, mais j'ai senti qu'ils voulaient encore sauver l'entente», a fait savoir le chef d'Opitciwan, Christian Awashish.