Luc Martel

Manquement au code d’éthique par l’ancien maire Normand Beaudoin: la sanction se fait attendre

Shawinigan — Ce n’est pas avant la semaine prochaine que la sanction de la Commission municipale du Québec sera connue pour le manquement au code d’éthique et de déontologie de la Ville de La Tuque commis par l’ancien maire Normand Beaudoin en se faisant rembourser une dépense personnelle.

«Voler un oeuf, c’est voler un boeuf. Mon ouvrage est fait. C’est aux instances supérieures à faire leur job. Le ministère de la Justice et le ministère des Affaires municipales vont faire quoi maintenant qu’il fut démontré qu’il a mis la main dans le plat à bonbons», a lancé le plaignant, soit le conseiller Luc Martel, au terme de l’audience tenue vendredi au palais de justice de Shawinigan, en l’absence de l’ancien premier magistrat. «Si son avocat, Me François Daigle, avait parlé d’un ouragan dans un verre d’eau, c’est un tsunami pour les gens de La Tuque», renchérit-il.

Représentant cette fois Normand Beaudoin, Me Iryna Zazulya a invité la juge Martine Savard à relativiser le tout avant de rendre sa décision.

«Il est conscient de son erreur et il y a l’absence de récidive possible. Le message est passé. Il n’a pas fait ça dans le but de frauder la Ville», a-t-elle soulevé, recommandant une simple réprimande ou le remboursement d’une somme de 51,57 dollars, soit le montant de la facture de la personne qui l’accompagnait lors du fameux souper du 17 novembre 2016 à Montréal. En tout, Normand Beaudoin avait réclamé le remboursement d’une somme de 103,13 dollars pour une dépense qui n’était pas liée à l’exercice de ses fonctions.

Or, le procureur de la Commission, Me Nicolas Dallaire, a rejeté les arguments avancés par l’avocate de l’ancien maire. «Étant absent, il n’a pu démontrer qu’il est conscient de son erreur et qu’il n’a pas l’intention de se représenter», a-t-il fait remarquer.

Selon lui, la sanction a pour but, entre autres, de renforcer la confiance des citoyens et de responsabiliser les élus. «Il faut démontrer au public que les élus doivent porter une attention particulière quand ils utilisent les ressources de la municipalité dans l’exercice de leur fonction», affirme Me Dallaire.

Parmi les facteurs atténuants, celui-ci a soulevé le fait qu’il s’agissait d’un premier manquement déontologique, que le montant n’est pas élevé et qu’il y a un faible risque de récidive, n’étant plus un élu.

«Il y a énormément de contradictions dans la version fournie. Il n’a pas été très transparent et honnête sur les circonstances du souper, il a menacé de poursuivre M. Martel, il n’a pas été entièrement collaborateur et plusieurs procédures furent déposées, soit une demande de rejet, de confidentialité et de remise», a-t-il énuméré comme facteurs aggravants.

Parmi les sanctions possibles, Me Dallaire a ajouté le remboursement d’une journée de salaire au remboursement de la facture et à la simple réprimande. «La population et M. Martel étaient en droit de se questionner», a-t-il conclu.