Shane Lynch, paramédic et représentant du syndicat à La Tuque, montre une des pancartes qui a été installée sur le territoire.

Les ambulanciers de La Tuque multiplient les appuis

La Tuque — Les ambulanciers de La Tuque continuent de faire pression et de dénoncer publiquement leurs horaires de travail. Ils estiment que les horaires de faction sont désuets depuis plusieurs années et ils entendent bien arriver à leurs fins après plus de dix ans de combat. Ils se sont rendus rencontrer le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, dans les derniers jours pour le sensibiliser à leur situation et ils attendent toujours de rencontrer la députée de Laviolette, Julie Boulet.

«Ça s’est super bien passé. Il a semblé très intéressé par les informations qu’on lui a transmises. C’est certain que ce n’est pas sa circonscription, il était plus ou moins au courant, mais on a eu une vraiment bonne et longue discussion. Ç’a duré un bon moment. Il nous donne son appui, même qu’il nous aide dans notre dossier […] On a parlé de la pétition qui avait circulé dans les dernières années. Il va faire le suivi pour savoir ce qu’il s’est passé avec cette pétition-là. Il nous a dit qu’il essaierait de pousser de son côté», a indiqué Shane Lynch, paramédic et représentant du syndicat à La Tuque.

Il faut dire que ce n’est pas par hasard que les ambulanciers se sont adressés à M. Giguère, à qui Le Nouvelliste n’a pu parler mardi pour commenter le dossier. Rappelons que le Directeur général des élections a annoncé une réforme électorale qui amputera la Mauricie de la circonscription de Saint-Maurice. La nouvelle carte prévoit ainsi la fusion des sièges de Laviolette, détenu par Mme Boulet, et de Saint-Maurice, occupé par M. Giguère. 

«On n’a toujours pas réussi à rencontrer Julie Boulet, elle est très occupée et on voulait continuer à faire avancer le dossier. On essaie d’avoir le plus d’appuis possible dans le dossier pour faire changer les choses. Avant les Fêtes, elle était intéressée par les informations qu’on avait à lui donner. On veut toujours la rencontrer», a noté M. Lynch.

Rappelons que le projet d’horaire vise à améliorer les temps de réponse et la qualité des soins obtenus par la population latuquoise en situation préhospitalière. L’horaire qui est présentement effectif oblige les paramédics à être disponible 24h sur 24 pendant 7 jours à leur domicile et «occasionne des délais importants pour la réponse des appels.» 

«L’horaire de type faction, qui est en œuvre présentement dans notre secteur brime la qualité des soins obtenus en plus d’avoir des effets néfastes à moyen et long terme sur les paramédics.»

Les ambulanciers continuent de documenter leur dossier et tentent de multiplier les appuis. Une quarantaine de pancartes ont fait leur apparition dans le décor de la Haute-Mauricie pour sensibiliser la population. «Il y a un règlement municipal qui fait en sorte qu’on ne peut pas installer les pancartes sur le terrain de la municipalité. On est allé voir des citoyens et des entreprises. On a été capable de voir en même temps l’appui de la population», a commenté M. Lynch.

Une deuxième pétition a été lancée sur le web dernièrement. Déjà, plus de 200 signataires se sont manifestés. 

«On voit dans les commentaires que la population est derrière le mouvement et qu’ils ont ce service-là à cœur. Ils réalisent qu’il y a une nécessité de changement à La Tuque.»

Les paramédics iront également solliciter l’appui des entreprises du territoire de la Haute-Mauricie.

En 2016, la BTAQ a répondu à 1513 appels pour une population de plus de 11 000 habitants et «de près de 40 000 en haute saison ce qui en fait la plus grande ville sans couverture à l’heure dans tout le Québec, sans compter les 314 000 personnes traversant le territoire annuellement». Les ambulanciers soutiennent que 73 % des appels sont de priorité 0-1-3 où le temps compte.

«Il est important de comprendre que les barèmes qui justifient la transformation d’un horaire faction sont difficilement applicables dans une région où les paramètres sont aussi différents des autres régions. En plus d’avoir un immense territoire et une population importante la couverture ambulancière la plus proche se trouve à plus de 100 km ce qui place la région dans un système de couverture dynamique difficile et qui justifie l’amélioration du service», a noté Shayne Lynch.

Rappelons que plusieurs techniciens ambulanciers de La Tuque avaient dénoncé publiquement les horaires de faction dans Le Nouvelliste. Ils avaient témoigné de plusieurs «situations difficiles à comprendre».

«Les policiers, le taxi, les pompiers, et le livreur de poulet répondent plus vite, c’est normal? Sérieusement?», avait lancé Jean-François Cloutier, ambulancier depuis 14 ans.

«Imaginez. J’ai un accident, je vois les pompiers, les policiers, l’auto sur la remorque, tout le monde a fini sa job, tout est ramassé, il n’y a même plus de vitre cassée dans le chemin et là l’ambulance arrive. On prend la voiture en charge avant les passagers», avait témoigné sa collègue Maude Hélie.