Véronique Pittikwi et Steve Lacasse offriront les premiers repas de cabane à sucre à la fin du mois.

Le temps des sucres au Club Odanak

La Tuque — Les cabanes à sucre à moins de 100 kilomètres du centre-ville de La Tuque sont plutôt rares. Le Club Odanak espère rallier les Latuquois amateurs de sirop d’érable avec son projet de cabane à sucre. Après deux années de tests concluants, la pourvoirie située sur les terres ancestrales de la nation atikamekw accueillera ses premiers becs sucrés à la fin du mois.

«C’est un beau projet de cabane à sucre. On a un permis de 800 entailles et on envisage d’augmenter au fil des années. Ça fait de nombreuses années que le Club Odanak détient un permis d’érablière, mais ça n’avait jamais été exploité», a lancé d’entrée de jeu Steve Lacasse, gérant du Club Odanak.

«Les gens de La Tuque vont à Saint-Tite, Sainte-Thècle, Grand-Mère… alors on pense qu’il y a un marché. Ils vont partout, mais là on va leur offrir une alternative à 20 minutes du centre-ville», a-t-il ajouté.

Les dirigeants de la pourvoirie ne se sont pas lancés dans ce projet du jour au lendemain. Pendant deux ans, ils ont réalisé des essais qui se sont avérés positifs.

«On a fait des tests qui ont été assez concluants. On a quand même une bonne production. À partir de là, on a décidé de lancer les brunchs Cabane à sucre pour 2018.»

Au Club Odanak, la récolte se fait avec des chaudières.

Tout sera fait de façon artisanale. C’est en raquette qu’ils se rendent faire les entailles et les gouttes d’eau d’érable tombent dans les chaudières accrochées aux arbres «comme dans le temps». Il faut dire que les dirigeants portent une attention particulière à ce secteur emprunté par ses clients motoneigistes, ils ne veulent pas installer de la tubulure.

«On récolte manuellement. C’est beaucoup de travail, mais on y tient», assure M. Lacasse.

La production sera également transformée sur place de «façon traditionnelle sur un feu de bois». On souhaite également imprégner ce projet de la culture atikamekw qui est bien présente et bien sentie déjà à l’intérieur des bâtiments.

«On essaie toujours de garder le côté autochtone de la pourvoirie parce que ça appartient au conseil de bande de Wemotaci. On réussit assez bien. Maintenant, on songe à la façon dont on va l’intégrer dans la cabane à sucre», confirme Steve Lacasse.

Ce dernier mentionne également que ce nouveau créneau permettra à son établissement de combler une période un peu plus tranquille de l’année.

Les gens pourront vivre l’expérience de la cabane à sucre à compter de la fin mars jusqu’en avril. La salle à manger du Club Odanak peut accueillir jusqu’à 110 personnes.

«On commence avec ça, si la clientèle est au rendez-vous et qu’il y a de la demande, on est ouvert à augmenter le nombre d’entailles. […] La pêche est ouverte jusqu’au 31 mars, et il y a de la neige jusqu’à fin avril pour la raquette ou encore le ski de fond. Les gens vont pouvoir jumeler différentes activités en venant ici», a conclu Steve Lacasse.