Le chef du conseil des Atikameks de Wemotaci, David Boivin a expliqué que son travail n'est pas le même que celui du maire d'une municipalité.

La communauté de Wemotaci se défend

Les données rendues publiques sur le site des Affaires autochtones du Canada en début de semaine concernant le salaire des chefs de bande et de leurs conseillers suscitent beaucoup de réactions en Haute-Mauricie. La communauté atikamekw de Wemotaci, une des premières à avoir soumis ses chiffres, a justifié la rémunération mise au grand jour par le conseil.
David Boivin, le chef du conseil des Atikamekws de Wemotaci - une communauté d'un peu moins de 2000 membres -, reçoit près de 60 000 $ en salaire annuel en incluant les frais de voyages. À titre de comparaison, le maire de la Ville de La Tuque touche aux alentours de 70 000 $ incluant les allocations non imposables pour une population de près de 12 000 habitants.
«Je respecte énormément les élus qui travaillent dans le domaine public, mais c'est trompeur de comparer le salaire du maire et le salaire du chef étant donné qu'on a beaucoup de responsabilités. Nous avons la prise en charge de tous les services que l'on a, soit le service éducatif, la santé, les services sociaux et on peut en nommer... Alors je crois que ce serait une erreur de comparer avec un maire», indique le chef Boivin.
«Je pense que les gens n'ont pas à s'indigner de ça pour plusieurs raisons. On compare souvent avec les élus des municipalités. Cependant, ces élus-là bénéficient de tout l'appareil gouvernemental à proximité pour répondre à leurs obligations. Dans une communauté autochtone, en plus d'avoir des champs de compétences élargies, la proximité est déficiente», ajoute le directeur général de la communauté de Wemotaci, Gilles Drolet.
Le salaire du chef n'est pas le seul à en avoir fait sursauter plus d'un. Le conseiller Dany Chilton, pour sa part, touche une somme de 111 792 $. C'est près du double de son chef.
«Il faut remettre ça dans le contexte. On a fait des pressions auprès du gouvernement et M. Chilton avait été mandaté pour être négociateur. C'est la principale raison de son salaire élevé. Les trois communautés, nous nous sommes entendus avec le gouvernement pour avoir un taux horaire et il y a eu des négociations intensives», plaide le chef Boivin.
Il faut dire que Dany Chilton était le représentant des trois communautés lors des négociations. «Tout ça était fait avec l'assentiment de tous les partenaires. M. Chilton dans le cadre de ce travail-là, qui a duré environ un an, n'a pas eu la rémunération de conseiller au sein du conseil. Il n'avait que le salaire de négociateur. Au moment où il a cessé ses fonctions de négociateur, il nous a demandé par lui-même de rétablir son salaire au même titre que les conseillers», a expliqué M. Drolet.
Ce dernier a même affirmé que le négociateur a travaillé à rabais en comparaison avec d'autres. «Je vous invite à regarder sur les sites du gouvernement, les négociateurs qui ont oeuvré dans des dossiers similaires pour environ quatre mois de travail avaient une rémunération de 250 000 $ par année».
Au final, le chef Boivin estime que ces salaires sont justifiés de part et d'autre que tout a été fait dans la transparence.
«Depuis que j'ai été élu, c'était un de mes engagements d'être transparent envers les membres. J'ai toujours fait des assemblées publiques, et j'ai toujours informé la population. À l'heure actuelle, nous sommes une des seules communautés à avoir été inscrites dans le registre du gouvernement fédéral sur la transparence. On agit en toute transparence avec nos membres et ça va continuer comme ça», a-t-il conclu.