Les ambulanciers Mathieu Nolin et Danick Filion étaient fiers de leur intervention.

Heureuse naissance dans une ambulance

La Tuque — «C’est le plus beau moment depuis que je suis ambulancier».

Deux paramédics ont mis un enfant au monde… dans l’ambulance sur la route qui sépare La Tuque et Wemotaci. Vendredi dernier, Mathieu Nolin et Danick Filion ont vécu un grand moment d’émotion qu’ils n’oublieront pas de sitôt. Les deux hommes avaient encore des étoiles dans les yeux en début de semaine. «Je peux mettre ça sur ma check-list d’ambulancier. C’est vraiment trippant, je capotais. Il m’a fallu quelques heures pour décompresser», a lancé d’entrée de jeu Mathieu Nolin.

L’appel d’origine reçu vendredi après-midi n’indiquait en rien ce qui attendait les deux paramédics de La Tuque qui devraient être honorés prochainement pour souligner le travail qu’ils ont accompli. «On a quand même ce genre d’appel souvent, mais c’est vraiment rare qu’on fait un accouchement dans l’ambulance. On pensait bien avoir le temps de se rendre», a indiqué Mathieu Nolin.

Ce dernier s’est toutefois rapidement aperçu que le bébé avait une envie pressante de voir le jour.

À mi-chemin, au kilomètre 73 de la route 25, la maman a été transférée du transport ambulancier de Wemotaci vers celui de La Tuque. «C’est quand on a fait le transfert qu’on s’est rendu compte que là, il y avait des contractions toutes les deux minutes et qu’elle avait perdu ses eaux la veille», raconte Mathieu Nolin.

Accompagné de François Richard, l’infirmier de Wemotaci et de Camille Tessier, une stagiaire en médecine, ils ont rapidement compris qu’ils n’auraient pas le temps de rejoindre leur destination et qu’ils allaient devoir procéder autrement. «On avait des signes comme quoi il n’y avait rien d’encourageant pour l’accouchement. Le cœur fœtal n’avait pas de battement et il n’y avait aucun signe de vie. On s’est préparé au pire. On a préparé nos affaires pour la réanimation d’un nouveau-né, etc. On s’attendait vraiment au pire»

«Tu ne veux surtout pas avoir à faire des manœuvres sur un nouveau-né», insiste Mathieu Nolin.

La situation a évolué à grande vitesse. Le bébé est finalement né tout près du kilomètre 2 de la route forestière. «Quand on a vu la tête, on savait que c’était impossible pour la mère de ne pas pousser. Alors là, on se dit go, on y va. Quand on a entendu les grands pleurs… c’était là le plus beau moment», raconte avec encore beaucoup d’émotions Mathieu Nolin.

«C’est un gros mix d’émotions. Quand on a des appels, on évite que ça empire, on stabilise, mais dans ce cas-là c’est une naissance. Ce sont des grosses émotions. Une grosse montée d’adrénaline», ajoute son collègue Danick Filion.

Arrêtée aux abords de la route, l’équipe qui entourait la mère a coupé le cordon, puis nettoyé l’enfant qui venait de naître avant de le couvrir. Elle a aussi pris soin d’augmenter le chauffage et a déposé le bébé sur sa mère avant de reprendre la route vers le centre hospitalier. «Tout était beau, la mère et le bébé allaient bien», confirme-t-il.

Il s’agissait d’une première pour les paramédics qui cumulent plusieurs années d’expérience. Une sortie qui les rend certainement fiers, mais qui les rassure également.

«C’était la première fois que je vivais ça en 13 ans. C’est le fun. On est préparé à ça, même si ce n’est pas quelque chose qu’on fait souvent. […] On a des protocoles et on est bien encadré. On est prêt à intervenir pour toutes sortes de complications qui pourraient arriver. On a des protocoles, mais tant que tu ne les appliques pas… Ce genre d’intervention nous rassure un peu aussi. Tant que tu ne l’as pas vécu, c’est difficile de savoir. Ça vient un peu confirmer la pratique sur le terrain. C’était un beau moment»

«On a débarqué avec un nouveau-né, c’est spécial. Habituellement, il n’est pas encore là quand on arrive ! C’était un beau moment pour tout le monde, je pense»

L’enfant et la mère ont été pris en charge à l’hôpital de La Tuque. De retour à la caserne, les deux hommes ont souligné l’événement avec leurs collègues

«On a profité de l’occasion pour célébrer l’événement tout le monde ensemble autour d’un café […] Les membres de l’équipe les ont aidés à tout nettoyer, c’est un travail d’équipe! On a une belle chimie alors on s’est aidés pour les laisser planer un peu sur leur nuage», a conclu Jimmy Lessard superviseur de la BTAQ à La Tuque.