Les heures d’ouverture des pentes sont passées de 36 à 29.

Des changements qui dérangent

LA TUQUE — Les modifications à l’horaire du Centre de ski municipal à La Tuque ont eu l’effet d’une bombe sur les réseaux sociaux. C’est terminé le ski les vendredis et samedis soir. Une décision difficile à digérer pour certains, mais un passage obligé selon la Municipalité.

«Il y a 500 000 $ de déficit par année. On est une des rares villes qui a encore un centre de ski à son actif. On veut le conserver. […] Le conseil a décidé unanimement de rationaliser les heures de 36 à 29. On a coupé là où il n’y avait pas ou peu d’achalandage pour ne pas pénaliser les gens», a lancé d’entrée de jeu le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

Les élus du conseil municipal ont demandé à un comité de se pencher sur la question. Leur but était de rationaliser les coûts pour aider à rentabiliser l’infrastructure du ski. La Ville souhaitait également rendre les infrastructures plus disponibles.

«On a regardé à quel endroit on pouvait couper. On s’est rendu compte à l’unanimité que les vendredis et samedis soir, il n’y avait pas beaucoup d’achalandage. On a décidé de couper ces heures-là», a indiqué Roger Mantha, un des conseillers municipaux qui siégeaient sur le comité.

«On aurait pu aussi garder les mêmes heures et monter l’abonnement de 50 %. On ne veut pas revenir avec un membership de 500 personnes. On est entre 1200 et 1300 membres, on veut garder ça comme ça. Il faut tout prendre en compte», a ajouté le conseiller municipal Luc Martel aussi membre du comité.

Le comité pense également à l’avenir et à la pérennité du centre de ski. Des dépenses sont à venir pour les bâtiments, la machinerie… La Ville va bientôt se pencher sur un projet de parc à neige. Des plans et devis avec différents scénarios de coûts ont été remis à la Municipalité.

«On a aussi d’autres projets, pour 2018-2019, on a ciblé cinq projets qui ont des coûts. Pour 2019-2020, on a des plans d’aménagement de sous-bois», a fait savoir M. Mantha.

«En fermant ces heures-là, on fait une économie d’argent et ça va nous aider à faire la construction du parc à neige, à faire des activités et rentabiliser le centre de ski. […] On ne s’est pas levé un matin en disant qu’on allait couper les heures. On veut développer notre centre de ski. Il y a un comité dynamique qui est prêt à s’impliquer et qui veut dynamiser la montagne. Pas juste la montagne de ski, on parle de la montagne en général», a-t-il ajouté.

Il s’agit d’un projet pilote pour la Ville. L’achalandage sera examiné de près, les activités mises en place seront également étudiées.

«On ne sera peut-être jamais rentable, mais on veut augmenter l’achalandage. On veut conserver le centre de ski pour que ce soit une activité familiale. Les gens ne voient que la coupure. Ils ne voient pas les milliers de dollars investis pour améliorer l’achalandage et améliorer les services. Il n’y a pas de eu coupure de personnel, pas de coupure de service», a affirmé le maire.

Pétition en circulation sur le web

Une pétition circule actuellement sur les réseaux sociaux. Plus de 300 personnes l’ont signée. L’instigatrice demande au nom des citoyens et utilisateurs que l’horaire soit ajusté et changé.

«Je suis restée étonnée, voire bouche bée, de la répartition de l’horaire, mais encore plus de constater que l’on avait diminué les heures par rapport à l’an passé, soit de 37 à 29 heures, et surtout qu’il n’y avait plus de ski de soirée les fins de semaine […] Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose», explique Marie-Claude Trottier.

«J’ai aussi pensé aux adolescents et aux enfants pour qui le ski ou le snowboard peut pratiquement n’être pratiqué que les fins de semaine, car ils ont de l’école. Je me suis demandé: que feront-ils les fins de semaine?»

Elle s’interroge également sur les changements d’horaire pour faciliter l’accès aux travailleurs de WestRock qui semble être «du favoritisme».

«Nous sommes une population c’est-à-dire un ensemble de personnes et non pas seulement des employés de l’usine. Il y a des commerces, des épiceries, les employés de l’hôpital, des travailleurs de l’industrie forestière…», fait-elle valoir.

Pour elle, ce n’est pas en diminuant les heures que le problème de déficit budgétaire va s’arranger.

«Au contraire cela ne fera que s’empirer d’année en année. C’est simple la formule: l’offre crée la demande et comme l’offre est diminuée les gens qui utilisent le centre de ski finiront par se lasser de cet horaire», a-t-elle lancé.

La Ville n’est pas surprise par la réaction des gens, mais martèle que c’est dans l’optique de garder le centre ouvert que ces décisions ont été prises. Le maire Tremblay est même catégorique: si quelqu’un peut faire mieux et ouvrir toutes les heures qu’il veut, le centre de ski est à lui pour 1 $.

«Quand on rationalise, c’est rare que ça fait l’unanimité alors on s’attendait à ça un peu. Ceux qui analysent un peu vont voir qu’on prend ces décisions-là pour upgrader les infrastructures et non pas pour les fermer. Ces mesures-là qu’on prend, c’est pour garder le centre de ski ouvert. Ce n’est pas juste là qu’on l’a fait. On maximise les heures de glace aussi au Colisée. […] Les gens nous ont élus pour gérer la ville du mieux qu’on peut. Ce sont les résultats», a conclu Luc Martel.