La ministre Élizabeth Larouche a rencontré les membres de la communauté atikamekw d'Opitciwan, mardi. Elle est accompagnée du chef Christian Awashish.

Communauté atikamekw: rencontre de la dernière chance

La ministre déléguée aux Affaires autochtones, Élizabeth Larouche, qui s'est rendue à Opitciwan mardi, s'est dite satisfaite des échanges avec les membres de la communauté atikamekw. Elle a expliqué le contenu de l'entente concernant la gestion et le développement des ressources naturelles et du territoire qui a été paraphée par l'ensemble des négociateurs le 22 octobre dernier.
«Je suis venue parler de l'entente étant donné que, dans ma compréhension, ils n'avaient peut-être pas suffisamment d'informations. [...] L'ambiance était très respectueuse, les gens se sont déplacés en très grand nombre. Ils se sont exprimés librement et ils m'ont fait part de leurs inquiétudes», a souligné d'entrée de jeu Mme Larouche.
Il faut dire que c'est la ministre elle-même qui a demandé au Conseil des atikamekws d'Opitciwan de se rendre dans la communauté afin de discuter des détails de l'entente. Mme Larouche en a profité pour réitérer son ouverture à signer l'entente si les résidents d'Opitciwan voulaient revoir leur décision.
«Ma porte est toujours ouverte parce que je considère que cette entente est gagnante pour les deux parties. Maintenant, ils ont tous les éléments en main. Ils ont la possibilité de revoir la décision, mais je ne pourrais pas vous dire quelle sera la suite des choses», a mentionné la ministre.
Cette dernière ne se cache pas que le temps commence à se faire long. «Je ne pourrai pas garder cette entente vivante indéfiniment. L'année financière se termine le 31 mars. On est à la préparation d'un budget, il faut qu'on ait l'heure juste pour la suite des choses».
Rappelons que l'entente a déjà été entérinée par les conseils de Manawan et de Wemotaci. La communauté d'Opitciwan a, pour sa part, rejeté l'entente lors d'un référendum.
«Je souhaite toujours la concrétisation de cette entente historique, qui pose les premiers jalons d'une relation franche et transparente entre nos nations», a affirmé la ministre Larouche.
Cette dernière a tenu à rassurer les membres de la communauté d'Opitciwan en mentionnant que l'entente ne portait pas atteinte à leurs droits ancestraux, ni à leurs droits de chasse et de pêche. Elle a égalementassuré que sa mise en oeuvre n'empêcherait pas la poursuite des activités traditionnelles sur le territoire
Mme Larouche a rappelé l'importance de signer cette entente avec les trois communautés atikamekws, car il s'agit en fait du premier pas vers la signature d'un traité qui permettra à la nation atikamekw d'accroître son autonomie sur le territoire.
«On a bien expliqué également que la négociation bilatérale n'interfère pas du tout dans la négociation tripartite. Elle se veut plutôt un pont pour leur permettre d'avoir accès aux ressources, aux retombées économiques, et aussi à la cogestion du territoire», soutient-elle.
La ministre a conclu la séance d'information en invitant les membres de la communauté à poursuivre leur réflexion. «J'ai toujours de l'espoir, tant que ce n'est pas terminé, ce n'est pas terminé», a lancé Mme Larouche.
Du côté du conseil d'Opitciwan, on souligne vouloir laisser tomber la poussière tout en affirmant qu'un deuxième référendum n'était pas envisagé pour le moment.
«On n'a pas à prendre position sur des positions qu'on a déjà prises publiquement. On ne fait pas des référendums chaque mois, ça ne se passe pas comme ça. [...] Il faudrait qu'il y ait une expression populaire très significative de la communauté qui demande de refaire un exercice, pas nécessairement d'accepter l'entente. Par contre, il est peut-être déjà trop tard. Ce queje comprends de la ministre, c'est que l'échéancier est très serré», a fait savoir le chef Christian Awashish.
Rappelons que l'entente prévoit la mise en place d'une «Table politique de haut niveau» pour veiller au respect et au bon déroulement de l'entente; des mesures d'accès aux ressources tels que l'octroi de volumes de bois et de travaux sylvicoles, le transfert d'une pourvoirie, la concession de sites d'exploitation d'agrégats au bénéfice des Atikamekws, le versement d'un montant total de 35 M$ pour fins de développement économique, d'amélioration des conditions de vie des Atikamekws et de création d'emplois.