Gabriel Charest et sa mère, Karine Thibault, étaient soulagés d’apprendre la bonne nouvelle, vendredi.

«C’est le gros bon sens qui est ressorti»

La Tuque — Gabriel Charest et sa famille auront finalement eu raison de se battre. Le jeune homme de 18 ans atteint d’une maladie dégénérative, l’amyotrophie spinale de type 2, pourra continuer de s’épanouir dans le commerce de ses parents et toucher les prestations monétaires auxquelles il a droit.

«Il y avait possibilité de faire quelque chose avec ça et on a fini par y arriver. C’est très soulageant pour nous. C’est le gros bon sens qui est ressorti de ça. C’est le gros bonheur maintenant», a lancé d’entrée de jeu la mère de Gabriel, Karine Thibault.

Après de nombreuses démarches, Karine Thibault aura finalement eu le téléphone qu’elle attendait du ministère. Un énorme soulagement pour tout le monde.

«On m’a demandé d’écrire une lettre décrivant ce que mon garçon fait au garage. Alors on l’a fait. Gabriel prend des rendez-vous, répond au téléphone, mais il ne prend la place de personne au garage. On est toujours là pour finaliser les tâches […] La madame du ministère nous a dit que cette lettre serait au dossier de Gabriel et que ce qu’il fait au garage sera considéré comme occupationnel et non comme un emploi rémunéré», explique la mère de Gabriel.

Cette dernière espère que son histoire pourra servir de précédent pour d’autres familles qui doivent se battre.

«Si on a pu ouvrir une porte pour d’autres personnes, tant mieux. Il faut briser l’isolement de ces personnes-là. Il faut leur donner une chance, ils n’ont déjà pas été chanceux avec leur maladie. S’ils peuvent avoir un semblant de vie normale… C’est donner le droit de vivre à ces gens-là», note-t-elle.

Karine Thibault n’est pas sans rappeler qu’il aurait été «assez difficile, voire impossible» de trouver un travail à Gabriel à La Tuque.

«Il a la chance d’avoir des parents entrepreneurs qui ont adapté un poste de travail où il peut se sentir comme les autres et utile. Ce n’est pas tout, ça lui permet de sociabiliser, de voir des gens, de communiquer, c’est tellement important la relation d’humain à humain. Permettre ça à notre enfant, c’est tout ce qu’on voulait. Là, c’est le gros bonheur. On est sur un nuage», assure Mme Thibault.

C’est tout un stress qui vient de tomber pour cette famille latuquoise qui a dû mener de nombreux combats pour de meilleurs soins de santé, pour augmenter l’aide à l’école…

«On en a assez avec le stress de la maladie. Il peut faire le temps qu’il veut au bureau, on n’aura pas un stress de voir arriver un inspecteur. C’est soulageant. On voulait faire les choses correctement.»

Rappelons que Karine Thibault avait vivement dénoncé que pour avoir de l’aide financière, elle aurait dû arrêter de permettre à Gabriel d’effectuer des tâches dans l’entreprise familiale et le garder à la maison. On lui avait affirmé que Gabriel «ne cadrait pas dans les programmes».