La conseillère municipale Manon Côté a été confrontée à choisir entre son emploi et son siège d’élu.

Apparence de conflit d’intérêts

La Tuque — Nouvellement élue à la table du conseil municipal de la Ville de La Tuque, la conseillère Manon Côté a été confrontée à faire un choix entre son emploi et son siège en raison d’une apparence de conflit d’intérêts. Un avis juridique, aux conclusions sans équivoque, avait été commandé par la Ville avec le consentement de la principale intéressée.

«On voulait clarifier toute la notion d’apparence de conflit d’intérêts ou de conflit d’intérêts […] On voulait encore une fois montrer patte blanche, on ne voulait pas de problème avec ça», a lancé le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

Selon ce dernier, l’avis est clair. «C’est tout noir ou c’est tout blanc. Il n’y a pas de zone grise».

Le maire a indiqué au Nouvelliste que Manon Côté avait choisi de conserver son siège au conseil municipal et qu’elle quitterait son emploi à la radio.

C’est à la suite de la déclaration annuelle d’intérêts pécuniaires de Mme Côté que des drapeaux se sont levés. On peut lire dans le document que la conseillère occupe un poste de directrice commerciale chez Groupe Attraction Radio inc. Au premier contact avec un cabinet d’avocats expert, le doute était assez grand pour que la Ville commande un avis. Les résultats ont été transmis le 5 décembre dernier.

L’expert affirme dans cet avis que Mme Côté devra faire un choix puisque la situation «paraît intenable d’un point de vue éthique, surtout dans une municipalité de la taille de la Ville de La Tuque».

«Le fait que son travail soit rémunéré par certaines commissions, en raison de démarche marketing, auprès du milieu d’affaires avec lequel on peut être en lien… c’est clair que c’est du conflit d’intérêts. C’est ce que dit l’avis juridique. Ils vont même plus loin, il faut qu’elle choisisse entre son poste et celui d’élu», a indiqué Pierre-David Tremblay.

Manon Côté a d’abord été mise au courant de la situation. L’avis juridique lui a été exposé par le maire et le greffier.

«On lui a dit de réfléchir et dans l’immédiat, je lui ai demandé d’arrêter de faire du marketing à la radio. […] Je lui ai dit: ‘‘si tu prends la décision de continuer comme élue, tu dois abandonner ton travail’’. Par contre, on comprend et c’est humain qu’il faut manger trois repas par jour. On lui a permis une période de temps et on lui a demandé un suivi hebdomadaire. Ce n’est pas évident comme situation», a souligné le maire.

«Elle a été très collaborative. En date d’aujourd’hui, elle est en démarche d’emploi», a-t-il ajouté.

D’ailleurs, les dirigeants de la Municipalité mentionnent que la situation n’a eu aucun impact sur son travail au sein du conseil municipal.

«Elle a posé des gestes et des actions pour diminuer ou enlever certains risques», a noté le greffier de la Ville, Jean-Sébastien Poirier.

Tous les membres du conseil municipal ont été avisés de la situation et de la problématique.

«J’ai demandé à tout le monde d’être solidaire à ce qu’elle vivait. On lui a permis une période pour se virer de bord […] On ne voulait pas perdre une élue. Est-ce qu’elle a fait quelque chose de mal ? Non. On a géré ça au fur et à mesure», a lancé Pierre-David Tremblay.

«Aujourd’hui, pour nous, le problème est réglé», a-t-il ajouté.

Un sujet sensible
L’éthique a été un sujet longuement abordé dans la dernière année et il a même divisé l’ancien conseil municipal à certains égards. L’équipe actuelle ne veut pas d’ambiguïté sur le sujet.

«On s’est engagé à être transparent et on va l’être. […] On ne veut pas traiter ça en crise, mais il faut se préoccuper de l’éthique. Ça fait partie de notre travail, mais on ne peut pas focuser juste là-dessus. Je pense que le dossier a été bien géré. On n’a pris aucune chance», a précisé Pierre-David Tremblay.

Il n’a pas été possible de parler à Manon Côté vendredi.