Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, a fait une démonstration, mardi matin, sur l’utilisation d’une toilette avec une réserve d’eau.

«Actuellement, tout va très bien»

La Tuque — Depuis plus de 24 heures maintenant, les Latuquois sont privés d’eau. Si tout continue de bien aller, l’eau potable devrait couler à nouveau mercredi en soirée dans les 5000 résidences du secteur urbain. Les travaux de remplacement de la conduite d’eau sont en cours depuis mardi.

«Actuellement, tout va très bien. On est dans les délais, et il n’y a aucun retard», a indiqué Hélène Langlais, directrice des communications de la Ville de La Tuque.

Il faut dire que le maire de la municipalité s’était déplacé en soirée lundi pour lui-même fermer l’eau. 

«Je voulais absolument participer à la fermeture de l’eau et en même temps visiter les installations et voir l’état de nos installations […] C’est propre, c’est moderne. C’est très fonctionnel aussi. J’ai été aussi surpris par la qualité des équipes de travail», a indiqué Pierre-David Tremblay.

Selon lui, la météo représente la seule inquiétude qui pourrait retarder les travaux et jusqu’à maintenant, Dame Nature offre son entière collaboration. 

«On ne pouvait pas espérer mieux. La météo est de notre côté. […] Ce que j’ai compris, c’est que les conditions sont idéales pour les travaux», a souligné Pierre-David Tremblay.

Les citoyens se sont visiblement préparés lundi dans la journée. La consommation d’eau a été de 50% plus élevée qu’à l’habitude et a atteint un sommet de 200% entre 22 et 23 heures, possiblement en raison du remplissage des camions-citernes de la ville. Dans la rue, les citoyens prennent la situation avec un grain de sel et dans la bonne humeur. Tous les citoyens rencontrés par Le Nouvelliste estiment que c’est un passage obligé et qu’ils ont bien été informés par la municipalité.

«On était prêt. On a fait nos réserves et on devrait bien s’en sortir. Le manque d’eau nous permet également de prendre conscience de la chance qu’on a d’avoir accès à cette richesse aussi facilement», a lancé un citoyen.

Il n’était pas le seul préparé à faire face à la situation, certains commerçants ont usé d’imagination pour arriver à fonctionner normalement. Chez Pro-Nature à La Tuque, qui offre également des services de restauration, on a utilisé la piscine du voisin pour avoir de l’eau.

«Le voisin m’a offert de mettre l’eau chez nous à partir de sa piscine. Il a installé une pompe et il a fait entrer un boyau chez nous. Ce n’est pas pour la bâtisse au complet, mais seulement pour le restaurant. Ça fonctionne très bien. On s’en sert pour le lave-vaisselle, les toilettes… Pour le café, on prend l’eau en bouteille. Le restaurant fonctionne normalement», a commenté le propriétaire Jean-Guy Gauvin.

Ce voisin s’approvisionne également dans sa piscine, et Le Nouvelliste a été en mesure de voir la pression de l’eau tout à fait normale dans le robinet. 

On s’est même permis une petite brassée de lavage dans cette résidence.

«On a quand même fait une réserve dans le bain en cas de besoin, mais ça fonctionne très bien», a fait savoir la dame.

Dans les épiceries, on était prêts à faire face à cette coupure d’eau et on estime que la situation se déroule très bien jusqu’à présent.

«Ça va très bien, il faut dire que la Ville a fait un excellent travail. On a été très bien renseigné et la population aussi. On a eu beaucoup de soutien. Ici, on s’est organisé pour la salubrité. Nos employés ont été rencontrés et sensibilisés. […] On vent beaucoup d’eau. Les gens ont été prévoyants. Les gens achètent un peu différemment de ce qu’ils font habituellement. On vend beaucoup de mets préparés et actuellement, on se vide à mesure. On avait prévu le coup, on avait triplé le nombre de repas. On va fournir à la demande», a commenté Michel Archambault, propriétaire du Marché Richelieu 424.

Certains citoyens ont remarqué que la piscine municipale était vide alors que les autorités demandaient à tous les propriétaires de piscine de remplir la leur. C’est normal selon le maire.

«C’est simple, la piscine ne permet pas d’accumuler d’eau. C’est de la recirculation d’eau. […] À proximité de là, si on était mal pris, il y a le lac Saint-Louis. On a des points d’eau déjà identifiés. Si vraiment la piscine avait été une nécessité, on n’aurait pas hésité à trouver une façon de l’utiliser, mais ce n’est pas le cas», a expliqué Pierre-David Tremblay.

Ce dernier a également fait remarquer qu’il était assez exceptionnel d’apercevoir l’usine de WestRock sans fumée. 

«C’est très rare. J’ai peut-être vu ça deux fois dans ma vie», a commenté Pierre-David Tremblay.

Un camion-citerne à la rescousse des commerçants

À la demande de la Chambre de commerce et d’industrie du Haut Saint-Maurice, un camion-citerne de 12 000 litres s’est rendu chez les commerçants, qui en avaient fait la demande, afin de remplir les réservoirs tard mardi soir.