La ministre du Tourisme et ministre responsable de la région de la Mauricie, Julie Boulet et la ministre de la Justice et Procureure générale du Québec, Stéphanie Vallée, ont annoncé le réaménagement du palais de justice de 
La Tuque.

5,3 M$ pour un nouveau palais de justice à La Tuque

La Tuque — Le lancement des travaux du nouveau palais de justice de La Tuque était attendu depuis très longtemps en Haute-Mauricie.

Il s’agit d’un investissement de 5,3 M$. L’argent permettra d’aménager les nouveaux locaux dans l’ancienne salle de quilles Royal du Carrefour La Tuque. Le chantier devrait se terminer à l’automne 2018.

«On est très heureux de faire cette annonce-là qui est attendue depuis fort longtemps et qui, d’abord et avant tout, répond à un besoin du milieu […] C’était attendu et justifié. C’était un projet au départ de 1,7 million de dollars. Aujourd’hui, on a fait le tour des besoins et c’est 5,3 millions qu’on annonce», a lancé la ministre du Tourisme et ministre responsable de la région de la Mauricie, Julie Boulet.

Cette dernière a fait l’annonce, lundi, en compagnie de la ministre de la Justice et Procureure générale du Québec, Stéphanie Vallée.

«C’est une amélioration de la qualité de vie d’un peu tout le monde. Les travaux vont s’échelonner sur une période d’une année et ils devraient être lancés au début de 2018. En principe, on prévoit 50 semaines de travaux qui ne devraient pas perturber l’activité judiciaire», a lancé la ministre Vallée.

«Ce n’est pas normal de rencontrer ses clients dans la salle de bain, ce n’est pas normal de rencontrer ses clients dans les escaliers. On espère que dès l’an prochain ce sera chose du passé et on souhaite que tous ceux et celles qui œuvrent ici puissent travailler dans un milieu sain et un milieu sécuritaire […] Actuellement, la sécurité n’est pas optimale comme vous pouvez le constater», a-t-elle ajouté.

Par ces travaux d’aménagement, la Société québécoise des infrastructures doublera la superficie du palais de justice. La superficie de l’ensemble des locaux, qui représente actuellement 550 mètres carrés, passera à 1100 mètres carrés. Certains locaux seront agrandis, comme la salle d’audience et le quartier cellulaire. Il y aura des cages d’escalier et des couloirs distincts pour assurer la sécurité des membres de la magistrature et les équipes du DPCP. Il y aura l’ajout de locaux pour les avocats et les victimes et des lacunes seront corrigées notamment en matière de sécurité et de confidentialité.

«L’aménagement du palais de justice sera conforme aux normes de sécurité qui sont attendues en 2017-2018», a indiqué Mme Vallée.

À la suite à des discussions avec la magistrature et la communauté autochtone, il y aura des aménagements spécifiques à l’intérieur de la salle d’audience.

«Les espaces pour les juges et le témoin vont être faits de façon circulaire pour faciliter les échanges et les discussions, un peu comme dans les salles d’audience en matière de jeunesse au palais de justice de Trois-Rivières», a mentionné Gaétan Rancourt, directeur de la gestion immobilière au ministère de la Justice du Québec.

Le lancement des travaux fait suite à l’autorisation que le Secrétariat du Conseil du trésor a accordée à ce projet d’aménagement le 17 octobre dernier. Une nouvelle qui a réjoui de nombreux intervenants de la justice qui s’étaient déplacés pour l’annonce. C’est le cas de la juge-coordonnatrice à la Cour du Québec pour la Mauricie.

«On ne peut qu’être heureux. C’est un dossier qui remonte à fort longtemps et qui a été un sujet de préoccupation à bien des égards. La sécurité des gens, avoir des lieux adéquats, le quartier de détention, ce sont toutes des choses qui ont été couvertes dans le passé. C’était attendu de très longue haleine, au moins depuis les années 2000. On ne peut que se réjouir et être très content. Les plans sont beaux et je pense que ça va satisfaire tous les partenaires», a lancé la juge Guylaine Tremblay.

Au fil du temps, les différents bâtonniers de la Mauricie ont également mis de la pression pour que des correctifs soient apportés au palais de justice. Ils en avaient fait un dossier prioritaire dans leurs actions.

«J’ai pratiqué ici il y a 20 ans, c’était sur les planches à dessin. Aujourd’hui, enfin en 2017, on annonce un palais de justice fonctionnel et sécuritaire pour tout le monde. Il est axé également sur la protection des victimes et la confidentialité dans les différents locaux de consultation. Enfin, la Haute-Mauricie va avoir un palais de justice digne de ce nom», a affirmé le bâtonnier de la Mauricie, Me Benoît Larouche.

L’avocate latuquoise Mélanie Ricard avait fait une sortie publique en 2015 pour dénoncer la confidentialité quasi inexistante et le manque flagrant de sécurité. Elle avait insisté sur le quartier cellulaire qui est, selon plusieurs, inefficace et dangereux.

«On avait eu la chance de voir les plans préliminaires l’an passé. On est très content, pour notre sécurité à nous, mais également celle de la population. […] C’est certain qu’on a bien hâte de voir les travaux commencer pour vrai. On a hâte qu’il y ait quelque chose de concret, mais on est très encouragé par l’annonce et satisfait du travail de la ministre Boulet», a-t-elle commenté.

Une des cellules désuètes du palais de justice de La Tuque.

Un nouveau centre de justice de proximité pour la Mauricie

Un nouveau centre de justice de proximité sera implanté dans la région de la Mauricie. L’annonce a été faite, lundi, au palais de justice de La Tuque. On veut, avec cette initiative, accroître l’accès à la justice.

«L’accès à la justice, c’est également de comprendre ses droits. C’est d’être capable de se diriger dans le système, de comprendre ce qu’est la régie du logement, de comprendre ce que sont les petites créances, de bien comprendre c’est quoi une audition devant les tribunaux…», a indiqué Stéphanie Vallée, ministre de la Justice et Procureure générale du Québec.

Le centre offrira des services gratuits d’information juridique, de soutien et d’orientation en personne et par téléphone. 

«Ce n’est pas un service de conseil juridique, mais bien un service pour informer les citoyens de leurs droits et bien les diriger aux bonnes portes. C’est un peu comme une boussole», a spécifié la ministre Vallée.

On ne sait toujours pas pour le moment à quel endroit sera implanté ce nouveau centre de justice de proximité pour la Mauricie. Le déploiement se fera au courant des prochains mois. 

Comme il s’agit d’un organisme à but non lucratif, un conseil d’administration devra être mis en place.

«Ce sera au conseil d’administration de déterminer où physiquement sera installé le centre et de quelle façon les services seront déployés sur le vaste territoire qu’est celui de la Mauricie. Évidemment, les centres de justice de proximité ont une vocation régionale et doivent assurer une desserte sur l’ensemble du territoire», a noté la ministre de la Justice.

Actuellement, sept centres de justice de proximité ont ouvert leurs portes depuis 2010 et ils ont traité plus de 100 000 demandes d’information juridique.