Les travaux avancent rapidement au lac Saint-Louis. Sur la photo: Julie Boulet, ministre du Tourisme, ministre responsable de la région de la Mauricie et députée de Laviolette, Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones, Christine Jean, directrice générale du CAALT et Pierre-David Tremblay, maire de La Tuque.

1,6 M $ pour le projet Sakihikan au lac Saint-Louis

LA TUQUE — Les gouvernements du Québec et du Canada ont annoncé officiellement un soutien de plus de 1,6 M$ au Centre d’amitié autochtone de La Tuque (CAALT). L’argent servira au projet Sakihikan qui, espère-t-on, aura d’importantes retombées pour l’industrie touristique régionale, tout en faisant rayonner la culture atikamekw. Les travaux de rénovation de bâtiment vont déjà bon train au lac Saint-Louis.

«Le centre, on le sait, avait bien besoin d’amour. Ces rénovations majeures vont permettre de redonner toute sa splendeur à ce lieu rempli de bons souvenirs. […] C’est une collaboration au désir commun de bien vivre ensemble dans le respect de nos histoires et de nos cultures», a souligné d’entrée de jeu Claudia Petiquay, membre du conseil d’administration du CAALT.

Cette aide financière permettra au CAALT de déployer un projet d’économie sociale autochtone dans la foulée de la revitalisation du site du lac Saint-Louis réalisée par la Ville de La Tuque. Le coût total du projet s’élève à 2,3 millions de dollars.

«On passe de la parole aux actes. C’est une véritable dynamique de partenariat. […] Les aménagements qui ont débuté cet automne tiennent compte des objectifs de créer un amphithéâtre naturel et un lieu de rassemblement. La municipalité veut également en faire un site touristique», a insisté le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

Ces nouvelles infrastructures contribueront au développement touristique et économique de la région. Les dirigeants travaillent sur un projet avec une firme de Montréal sur un spectacle son et lumière.

«C’est une firme de renom qui travaille avec des grandes villes pour des grands projets, mais qui ont une sensibilité aux plus petits projets. Ils rêvent autant que nous. Ils sont venus voir le lac Saint-Louis, l’environnement, ils sont déjà au travail avec le potentiel qu’on a. C’est très excitant là où nous sommes rendus dans le projet», a lancé Christine Jean, directrice générale du CAALT »

Les locaux et le service de restauration de ce centre offriront un espace de vie qui favorisera le rapprochement des populations autochtone et non autochtone, qui partagent un attachement particulier pour le lac Saint-Louis.

«Ça va permettre à tous de se rapprocher, de mieux se connaître, et c’est ça le but. […] Il y a eu des événements récemment qui ont grafigné la culture atikamekw. Avec des projets comme ça, ça peut juste aider notre situation », a souligné le grand chef du Conseil de la nation atikamekw, Constant Awasish.

Le projet d’aménagement de Ville de La Tuque.

L’initiative Sakihikan, qui signifie «lac» en langue atikamekw, vise à offrir divers services et activités devant permettre d’exploiter les atouts du site du lac Saint-Louis, tout en faisant la promotion de la culture atikamekw.

«C’est un très beau projet. […] À partir de la culture, on peut bâtir un meilleur respect, on peut avoir une meilleure compréhension de l’autre et c’est ça que l’on cherche», a lancé Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones.

Le premier volet consiste à rénover et à réaménager le centre communautaire, qui hébergera notamment des bureaux pour le CAALT, des locaux de rencontres, un comptoir d’accueil ainsi que des installations sanitaires publiques.

Le second volet concerne le projet d’économie sociale qui se déploiera au sein du centre communautaire. Des activités culturelles et récréotouristiques, une boutique d’artisanat, un établissement de restauration légère à saveur autochtone et des camps de jour et scolaires sont prévus.

«On va faire revivre le lac Saint-Louis et ses paysages. […] On ne met pas suffisamment la culture autochtone en valeur au Québec. C’est une vitrine extraordinaire!», a lancé la ministre responsable de la région de la Mauricie et députée de Laviolette, Julie Boulet.

La réalisation de cette initiative permettra de créer une vingtaine d’emplois, qui pourront être occupés par les Atikamekw de la région.

«On va consolider d’autres emplois également à travers le projet. Actuellement, on est 19 employés au CAALT, on va presque doubler», a indiqué Christine Jean.

Au total, Québec a injecté plus de 1,1 M$ dans le projet et Développement économique Canada a octroyé la somme de 500 000$. Le CAALT, pour sa part, a investi 150 000 $ à même ses propres fonds. À ces sommes s’ajoute une contribution de 50 000 $ provenant d’un donateur anonyme.

L’ouverture officielle devrait se faire le 21 juin prochain lors de la Journée nationale des Autochtones.