Guylaine Beaudoin

Harcèlement: Guylaine Beaudoin lance un appel à la dénonciation

«Je n'en veux pas à la personne mais à son comportement.»
C'est en ces termes que Guylaine Beaudoin, ex-directrice des communications de l'UQTR, a réagi, jeudi matin, au verdict de culpabilité prononcé contre l'ancien vice-recteur aux ressources humaines, Martin Gélinas, pour du harcèlement criminel à son endroit. Elle a d'ailleurs profité d'une conférence de presse pour réitérer son invitation à dénoncer toute forme de harcèlement. «Il n'y a pas de place dans la société pour des gestes pareils, aussi éduqué et sophistiqué que notre milieu puisse-t-il être. Les gens ont tendance à minimiser les conséquences du harcèlement parce qu'elles sont peu visibles», a-t-elle rappelé.
Elle-même avoue avoir dû évaluer les pour et contre avant de porter une première plainte pour harcèlement contre Martin Gélinas dans son milieu de travail. «Notre responsabilité est de dénoncer comme employé et comme citoyen. En bout de ligne, il y a des conséquences aux gestes inacceptables», a-t-elle soutenu. 
Devant la fréquence et la teneur des messages textes qu'il lui a envoyés à partir de février 2013, elle s'est par la suite résignée à porter une plainte de harcèlement criminel à la police de Trois-Rivières. On connaît la suite: Martin Gélinas a été accusé, a subi un procès et a été déclaré coupable. La juge Guylaine Tremblay a en effet conclu que les craintes de Mme Beaudoin étaient objectivement raisonnables. Il a cependant pu bénéficier d'une absolution conditionnelle d'une année au cours de laquelle il devra respecter plusieurs conditions. 
D'ailleurs, la juge a constaté que le conflit organisationnel qui régnait à cette époque à l'UQTR était la toile de fond de cette affaire, au point où le  climat d'insécurité a contribué à fragiliser davantage M. Gélinas et Mme Beaudoin. «Certains dirigeants de l'UQTR ont instrumentalisé ce conflit et ces deux personnes et ont créé un build-up qui nous amène ici. Il ne m'appartient pas toutefois de juger ça», a-t-elle déclaré.
Sur ce point, Mme Beaudoin a de nouveau été avare de commentaire hier. «Il s'agit là de la lecture et de la compréhension qui ont été faites par la juge après l'analyse de documents déposés en cour. Je rappelle que j'ai signé une entente avec l'UQTR, entente qui inclut une clause de confidentialité», a-t-elle mentionné.
Aujourd'hui, elle affirme se sentir libérée. «J'avais besoin de ce verdict pour pouvoir passer à autre chose. Je vais maintenant retrouver ma vie et ma famille», a-t-elle déclaré. Sur un plan professionnel, elle est en train de démarrer sa propre firme de communications. 
Enfin, Mme Beaudoin en a profité pour souligner le travail réalisé par les intervenants du Centre d'aide aux victimes d'actes criminels qui lui ont été d'une grande aide dans cette affaire.