Renée Toupin, photographiée jeudi matin au palais de justice de Trois-Rivières.

Harcèlement contre Kevin Parent: 90 jours de prison pour Renée Toupin

Renée Toupin a été condamnée à une peine de 90 jours de prison qu’elle pourra purger les fins de semaine et à une probation de trois ans assortie de plusieurs conditions l’empêchant d’approcher et de communiquer avec le chanteur Kevin Parent.
C'est en janvier dernier que Kevin Parent a témoigné durant le procès de Renée Toupin.

Il lui sera notamment interdit de se trouver à moins de 500 mètres de tout endroit où se produit le chanteur et à moins d’un kilomètre de sa résidence et tout autre lieu où il loge. Elle ne pourra plus non plus se rendre à l’est de Rimouski, consommer alcool et drogue et avoir des armes en sa possession.  Elle sera soumise à un suivi probatoire pendant 18 mois. 

En juin dernier, on se rappelle que la femme avait été reconnue coupable de harcèlement criminel contre l’artiste en lien avec des événements survenus entre juin 2015 et juillet 2017. 

Son comportement obsessif remonte à 2003. Depuis, elle n’a cessé de pourchasser son idole tant dans sa vie privée que dans ses activités professionnelles. Parmi les événements les plus marquants, elle s’est notamment introduite dans sa maison, et ce, à deux reprises en Gaspésie en 2004 et en 2007. À cette dernière occasion, elle s’était pointée chez lui au beau milieu de la nuit. Lorsque l’artiste s’était réveillé, elle était assise à ses côtés, sur son lit. 

C’est dans un tel contexte que le 24 juin 2015, il l’avait aperçue au premier rang d’un spectacle à Val-Bélair et qu’il l’avait faite expulser du site. Elle était revenue à la charge le 31 juillet 2016 dans le stationnement de la Marina de Carleton-sur-Mer pour lui proposer d’aller prendre un verre. Il l’avait de nouveau repoussée. Elle s’était également pointée à un spectacle-bénéfice à l’église de Saint-Georges-de-Champlain à Shawinigan en 2017. Enfin, le dernier épisode remonte au 14 juillet 2017 à Joliette. Elle était entrée dans sa loge sans invitation pour lui dire sur un ton agressif: «là, il faut qu’on se parle».

Lors du prononcé de la sentence, la juge Guylaine Tremblay n’a pas caché que plusieurs facteurs suscitaient de l’inquiétude dans cette affaire. Elle a notamment relevé son absence d’empathie et d’une quelconque volonté de se soumettre à un suivi psychologique, son entêtement à vouloir rencontrer l’artiste, son historique et le contenu de lettres trouvées dans son véhicule. 

Qui plus est, Renée Toupin a été informée à plusieurs reprises que le chanteur ne voulait plus la voir. Des plaintes ont d’ailleurs été portées contre elle. Au fil des ans, elle a déjà été condamnée à une peine de prison, a été déclarée non criminellement responsable et a dû signer des engagements lui interdisant d’approcher le chanteur. Elle a malgré tout récidivé un mois après la levée du plus récent engagement. 

Pour la première fois depuis le début des procédures judiciaires, Renée Toupin a accepté de témoigner jeudi dans le cadre des plaidoiries sur sentence. À la demande de son avocat, Me Bertrand Jacob, elle a expliqué qu’elle avait un emploi et un logement à payer et qu’elle allait respecter les conditions qui lui seraient imposées. 

La procureure de la Couronne, Me Catherine Lacoursiere, a alors pu la contre-interroger sur les faits. C’est ainsi que Renée Toupin a affirmé que ses sentiments envers Kevin Parent  étaient «neutres», et ce, depuis 2007. «J’aurais aimé avoir un homme comme ça dans ma vie, mais il ne veut pas. Il ne veut pas et ça fait longtemps que j’ai compris ça» a-t-elle déclaré. À plusieurs reprises, elle a affirmé vouloir juste être comme tout le monde et mener une vie normale. En fait, elle soutient qu’elle va le voir pour savoir s’il est correct et lui dire de ne plus se casser la tête avec ça. «Le problème est qu’à chaque fois, il y a toujours quelqu’un qui m’agrippe et me tasse.» Notons qu’une problématique d’érotomanie aurait été détectée chez elle. 

La juge a certes reconnu que l’artiste avait le droit à la quiétude et la paix d’esprit et qu’elle avait senti des craintes réelles de sa part. Cependant, elle estime que le risque de récidive serait encore plus grand si Mme Toupin écopait d’une peine de prison ferme, ce qui lui ferait perdre son emploi et son logement.  

Notons que la Couronne réclamait 12 à 15 mois de prison avec une probation de longue durée. La défense avait plutôt proposé une probation de trois ans. 

Pour sa part, le chanteur n’était pas présent en cour. En son nom, la poursuite a indiqué qu’il ne voulait pas de mal à Renée Toupin mais juste avoir la paix et ne plus jamais la revoir.