La députée de Taschereau, Catherine Dorion.

Habillement de la députée Catherine Dorion: des réactions divergentes dans la région

Trois-Rivières — Le nouveau débat concernant l’habillement de la députée de Taschereau Catherine Dorion entraîne des réactions opposées dans la région. Si d’anciens candidats de Québec solidaire (QS) estiment que les députés de l’Assemblée nationale devraient surtout s’intéresser aux idées de la députée solidaire, le député de Maskinongé, Simon Allaire, mentionne pour sa part qu’il ne voit pas de mal personnellement à respecter un certain décorum lorsqu’il siège à l’Assemblée nationale.

«Il y a un minimum de décorum à respecter. Je ne veux pas juger si c’était [le coton ouaté] convenable ou pas. Tout ce que je sais c’est qu’elle est rentrée et ressortie de la chambre. Je ne sais pas qui trouvait ça convenable ou pas», explique le député de la Coalition avenir Québec (CAQ), Simon Allaire.

«J’aimerais ça arriver en jeans. Mais la réalité est qu’en raison de ma fonction, il faut que j’arrive avec un minimum de décorum. Un veston et une cravate c’est respectueux des traditions à l’Assemblée nationale.»

Le député de Maskinongé, Simon Allaire.

L’argument du respect des traditions de l’Assemblée nationale est rejeté par Valérie Delage, la candidate de QS dans Trois-Rivières lors des dernières élections. Elle affirme que les traditions doivent évoluer et que l’Assemblée nationale doit s’adapter aux réalités de 2019.

«Un peu partout dans le monde ça se fait. Les traditions sont faites pour évoluer. On met ça régulièrement au goût du jour, sinon on porterait encore la perruque et le manteau avec de la fourrure», lance Mme Delage. «L’habillement à l’Assemblée nationale n’est pas ce qui fait qu’un député prend les bonnes décisions.»

Depuis l’élection de Catherine Dorion, plusieurs polémiques entourant sa tenue vestimentaire ont fait les manchettes, à commencer par la tuque qu’elle portait le soir de son élection. «À QS, on aimerait qu’on parle d’autres choses. C’est un peu le symptôme de la société. On passe notre temps à discuter de choses futiles et pendant ce temps, il y a plein de sujets pour lesquels on devrait s’inquiéter et on ne s’inquiète pas vraiment», affirme Valérie Delage qui ajoute que les militants de QS ne se formalisent pas des vêtements de leurs députés.

La candidate de QS dans Trois-Rivières aux dernières élections, Valérie Delage.

«Nous sommes un parti féministe et on revendique que, surtout les femmes, doivent pouvoir s’habiller comme elles l’entendent», ajoute Valérie Delage.

Candidat pour QS lors des dernières élections dans la circonscription de Champlain, Steven Roy Cullen estime pour sa part que les débats entourant les tenues vestimentaires de Catherine Dorion sont «ridicules». À l’instar de Valérie Delage, il croit que les députés des autres partis politiques devraient se concentrer sur les idées de la députée de Taschereau plutôt que sur ses vêtements.

«On regarde des choses superficielles, au lieu de se concentrer sur les vrais enjeux», mentionne l’ancien candidat de QS dans Champlain. «J’ai l’impression qu’on fait du millage sur quelque chose qui n’est pas vraiment important, sur une tenue vestimentaire. [...] C’est ridicule. Ce sont les idées qui importent.»

Steven Roy Cullen, l’ancien candidat de QS dans Champlain.

Pour Valérie Delage, la polémique entourant les vêtements de la députée de Taschereau sert bien le gouvernement et permet de détourner le débat. «Pendant ce temps-là, on ne parle pas des sujets sur l’immigration et les drames humains qui se vivent autour de ça. On ne parle pas tant que ça que M. Legault affirme que tout le monde est d’accord avec lui en se basant sur son Facebook. [...]Pour moi, c’est inquiétant qu’une personne qui nous gouverne dise ça», soutient l’ancienne candidate du QS dans Trois-Rivières. «Ça manque de sérieux. Bien plus selon moi que de porter un coton ouaté au salon bleu.»

Steven Roy Cullen dénonce également la demande du Parti libéral à la commissaire à l’éthique d’enquêter sur Catherine Dorion à la suite de sa publication pour l’Halloween d’une photo d’elle au salon rouge. Le PLQ reprochait à la députée de Taschereau d’avoir enfreint «les règles élémentaires du décorum à l’Assemblée nationale».

«Les vrais enjeux sont évacués. Le Parti libéral a été responsable de l’austérité, responsable de la mise à mal de plusieurs de nos systèmes publics, de notre réseau public en santé et des compressions budgétaires dans notre système d’éducation. Et là, ils nous disent que son habillement ne respecte pas les valeurs québécoises. C’est vraiment exagéré», renchérit Steven Roy Cullen.