Guillaume Picotte

Guillaume Picotte: un suivi avec un agent de probation

Trois-Rivières — Une clause s’ajoute au dossier judiciaire de Guillaume Picotte. Le jeune homme condamné en septembre 2017 à 46 mois de prison pour complot pour meurtre devra maintenant se soumettre à un suivi d’un an avec un agent de probation, une clause faisant partie de sa probation de deux années.

L’avocat de la Couronne, Me Benoit Larouche, a présenté cette demande de modification d’une ordonnance de probation jeudi matin au palais de justice de Trois-Rivières. Cet ajout ordonne notamment à Picotte de se présenter à un agent de probation dès l’entrée en vigueur de l’ordonnance de probation, de suivre toutes les directives de l’agent de probation quant aux problématiques de violence, de gestion de la colère et toute autre problématique relevée par celui-ci. Picotte devra aussi suivre et compléter une thérapie en matière de violence dans un programme reconnu.

Me Larouche a déclaré au juge Carl Thériault avoir discuté de cette clause avec l’avocate de Picotte, Me Nathalie Tremblay. Le criminel a accepté de se conformer à ce suivi avec un agent de probation et le juge Thibault a entériné le tout.

Guillaume Picotte, un citoyen de Saint-Paulin, avait été arrêté par la police à Trois-Rivières en mars 2016 avec Kevin Leblanc. Le duo se préparait à se rendre à la maison de l’ex-copine de Picotte dans le but de l’enlever et de tuer ses parents.

Un tel ajout à la probation de Guillaume Picotte survient après différents écarts de conduite commis au cours des derniers mois. L’individu qui célébrera ses 21 ans dans quelques jours a obtenu sa libération conditionnelle le 25 avril 2018. En juillet, sa libération conditionnelle a été suspendue. Il a contacté sa victime via le réseau social Snapchat, alors qu’il était visé par une interdiction de contact. Il n’aurait pas mentionné aux intervenants de sa maison de transition qu’il avait perdu son emploi en raison d’absences répétées. Au lieu de se présenter à son travail, Picotte aurait passé du temps avec une nouvelle conjointe.

En septembre, la Commission québécoise des libérations conditionnelles a annulé la suspension de sa libération conditionnelle malgré le fait que son agent de probation en recommandait la révocation. Moins d’un mois plus tard, soit le 19 octobre, Picotte a quitté un centre de réhabilitation de Joliette sans en avoir l’autorisation. Il a été épinglé à Sainte-Agathe, dans les Laurentides, le 19 novembre. Picotte vient d’écoper de deux mois d’emprisonnement pour sa cavale.

Le 5 décembre, la Commission des libérations conditionnelles a révoqué sa libération conditionnelle. Dans sa décision, la Commission fait état des nombreux avis disciplinaires reçus par Picotte concernant sa «difficulté à respecter les règles établies». Selon la Commission, ses comportements institutionnels et durant ses remises en liberté démontrent une «incapacité à respecter des conditions légales et à fonctionner avec l’encadrement de ressources spécialisées».

«Malgré votre temps passé en détention et votre participation à certains programmes de réhabilitation, vous ne démontrez aucune remise en question quant à votre agir criminel, ce qui est inquiétant compte tenu de votre jeune âge», conclut la Commission.

Lors du prononcé de la sentence, en septembre 2017, la peine nette à purger par Guillaume Picotte était de 19 mois en raison de sa détention préventive depuis mars 2016, comptée à taux simple et demi.

Jaloux et possessif

Selon différents documents reliés à son dossier judiciaire, Guillaume Picotte n’aurait pas participé activement à une thérapie portant sur la violence. Une évaluation psychologique indique que l’individu se décrit comme étant jaloux et possessif. Cette reconnaissance démontre le début d’une capacité d’introspection.

Picotte présenterait de l’impulsivité et aurait tendance à minimiser ses besoins affectifs, d’attention et sa fragilité dans les séparations. Selon ses propos, il n’aurait pas mis à exécution le complot pour meurtre.

Toujours selon l’évaluation, le passage à l’acte s’est manifesté de deux façons: il a eu un comportement violent avec le nouvel ami de son ex-amoureuse et il a cherché à se venger.

L’évaluation mentionne qu’un encadrement social et psychologique serait approprié afin de prévenir les risques de répétition de comportements violents au sein d’une relation de couple. Le document souligne que Picotte semble motivé à se réinsérer socialement et qu’il peut miser sur un réseau social présent et décidé à l’aider. Il ne consomme ni alcool ni drogue et a des projets pour reprendre sa vie en main.