À la suite de l'engagement de Groupe ADF de reprendre les travaux le 24 mars, l'appel d'offres pour trouver un nouveau contracteur pour terminer les travaux sur le chantier de l'amphithéâtre de Trois-Rivières a été suspendu par la Ville.

Groupe ADF reviendra sur le chantier

La résolution du conseil municipal de Trois-Rivières de retourner en appel d'offres pour achever le chantier de l'amphithéâtre aura vraisemblablement fait son effet. Mardi, la firme en charge du chantier, Groupe ADF, a fait parvenir une lettre à la Ville, lui rappelant son intention de reprendre les travaux dès le 24 mars et signalant son intention de poursuivre la Ville si elle allait en appel d'offres pour trouver un nouveau contracteur. La Ville, du coup, suspend les procédures de l'appel d'offres et attendra le retour de Groupe ADF sur le chantier.
Les avocats de Groupe ADF ont fait parvenir une lettre hier à ceux de la Ville, disant que «notre cliente n'est aucunement en défaut d'exécuter ses obligations; elle n'a jamais cessé ses activités sur ce projet ou abandonné ses travaux. Elle a toujours exécuté et continue d'exécuter ses travaux en usine, poursuit la planification de ses travaux, s'est occupée de sa mobilisation et sera à pied d'oeuvre au chantier le 24 mars».
Jointe plus tôt en journée, la vice-présidente ingénierie et opérations chez ADF, Caroline Carbonneau-Hanson, était visiblement surprise et contrariée de l'attitude de la Ville dans ce dossier.
«Ils n'ont pas le droit d'aller en appel d'offres, nous ne sommes pas en défaut», clame celle qui affirme que son entreprise avait même envoyé une cédule de travail en début de semaine dernière pour faire connaître à la Ville les intentions de retour sur le chantier.
La firme avait dépêché, au cours des dernières semaines, des employés sur place pour prendre connaissance de l'état des lieux et des matériaux dans le but de reprendre le chantier le 24 mars prochain. Une grue avait même été mobilisée, et les ouvriers en charge du projet avaient été avisés de se présenter sur le chantier.
Le maire de Trois-Rivières s'est évidemment réjoui de cette nouvelle et a confirmé au Nouvelliste que devant ces éléments nouveaux, l'appel d'offres ne serait pas lancé. «Nous sommes bien contents, si ça a pu les faire réagir. Enfin, nous avons une garantie écrite de leur retour sur le chantier, ce que nous n'avions jamais eu depuis leur départ», souligne-t-il.
Toutefois, si les travaux reprendront bel et bien le 24 mars, le litige n'est pas réglé pour autant. La firme de Terrebonne réclame toujours un peu plus de 4 M$ en frais de retard, frais de démobilisation et construction de nouvelles pièces qu'elle estime être liées aux nouvelles directives de chantier. La Ville avait réglé, le mois dernier, une partie du litige pour un montant de 822 000 $ mais refuse catégoriquement de discuter de la balance du montant, quitte à soumettre le dossier à la Cour supérieure.
La prétention de la firme est que la Ville ne peut pas avoir accepté de payer récemment 822 000 $ en reconnaissant avoir donné de nouvelles directives de chantier, sans vouloir du même coup reconnaître les conséquences de ces nouvelles directives de chantier, soit les retards et la construction de nouvelles pièces. La Ville, quant à elle, rejette cette responsabilité.
Le dossier se retrouvera donc inévitablement devant la Cour supérieure, étant donné que la Ville a rejeté la demande d'arbitrage d'ADF.
La firme estime par ailleurs que la raison invoquée par les avocats de la Ville pour refuser l'arbitrage et amener le dossier en Cour supérieure n'a aucune valeur.
«Le motif que la Ville invoque pour refuser l'arbitrage n'est aucunement valable et démontre une fois de plus l'absence de bonne foi et de collaboration de la Ville, de ses représentants et professionnels dans ce projet; la Ville continue de fuir son obligation de payer pour les directives de changements qu'elle a ordonnées à notre cliente d'exécuter», peut-on lire dans la lettre envoyée mardi aux avocats de la Ville.