À l’UQTR, la manifestation des étudiants se traduira par quatre jours de boycottage des cours, stages et internats du côté des doctorants en psychologie, du 19 au 22 mars.

Grève pour la rémunération des stages: 138 doctorants emboîtent le pas à l’UQTR

TROIS-RIVIÈRES — Des milliers d’étudiants au Québec ont amorcé une grève, lundi, afin de revendiquer la rémunération de leurs stages. À l’UQTR, cette manifestation se traduira par quatre jours de boycottage des cours, stages et internats du côté des doctorants en psychologie, du 19 au 22 mars.

Sarah Porlier, une de ces étudiantes, indique qu’en 2016, une autre mobilisation avait fait en sorte que 250 bourses de 25 000 $ avaient été créées par l’ancien gouvernement libéral pour les internats en psychologie.

L’UQTR avait décroché 75 de ces bourses. Des pourparlers sont en cours entre le nouveau gouvernement et la Fédération des doctorantes et doctorants en psychologie du Québec afin de poursuivre ce programme.

Mme Porlier indique qu’il faut plus de bourses, car un étudiant à l’internat sur trois, à l’UQTR, n’y a pas accès parce qu’il n’y en a tout simplement pas assez.

«En septembre, il va manquer 12 bourses», illustre-t-elle. Sur quelles bases seront-elles distribuées? Pour l’instant, les étudiants l’ignorent.

Anne-Marie Cotnoir est une des étudiantes qui a pu mettre la main sur cette aide financière. Elle rappelle que pour être psychologue et pouvoir exercer la profession, il faut sept années d’études, de stages et d’internat.

En sept ans, «j’ai commencé à m’endetter», dit-elle. Avec des semaines de 30 à 35 heures au moins de travail relié à ses études, ni elle ni les autres étudiants en psychologie n’arrivent à intégrer un emploi à temps partiel dans l’équation. Les aspirants psychologues doivent accomplir 910 heures de stages et 1400 heures d’internat durant leur formation. «Il faut également faire un essai ou une thèse», renchérit Sarah Porlier.

Anne-Marie Cotnoir explique que certains étudiants provenant de familles moins nanties doivent commencer à retirer des prêts et bourses dès le Cégep pour faire des études. Lorsqu’il faut cumuler sept ans de plus à l’université pour devenir psychologue, arrive un moment où l’étudiant ne peut plus recourir aux prêts et bourses. La fameuse bourse de 25 000 $ pour l’internat est donc d’une très grande importance en pareille situation.

Mme Cotnoir explique que dès le bac en psychologie, l’étudiant doit maintenir une moyenne d’au moins 88 % pour passer au doctorat qui, lui, est obligatoire pour accéder au titre de psychologue. «Nous sommes 250 à l’entrée, mais seulement 35 sont choisis pour faire le doctorat», dit-elle. C’est donc beaucoup d’heures d’études tard le soir et les week-ends, plaide-t-elle.

Sarah Porlier espère que le gouvernement va injecter de nouvelles sommes dans ce programme, et ce, dès l’annonce de son budget, le 21 mars.

Le stress généré par l’endettement tel que vécu par les doctorants en psychologie a un impact significatif sur les patients dont ils s’occupent, assurent les deux doctorantes.«La santé mentale des psychologues est importante», plaide Anne-Marie Cotnoir.

Au cours de leurs quatre jours de boycottage, les doctorants en psychologie auront un stand d’information à l’UQTR, le 19 mars, pour sensibiliser le milieu. Le 20, ils prendront part à une manifestation devant le Parlement de Québec et le 21, ils feront une marche symbolique autour du campus de l’UQTR entre 11 h 30 et 13 h.