Mélanie Gélinas, présidente de l'ADIM Mauricie.
Mélanie Gélinas, présidente de l'ADIM Mauricie.

Grève générale des garderies en milieu familial subventionnées dès le 21 septembre

Matthieu Max-Gessler,  Initiative de journalisme local
Matthieu Max-Gessler, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Les parents dont les enfants fréquentent un milieu familial subventionné devront possiblement se trouver un plan B pour faire garder leurs enfants, d’ici quelques semaines. En effet, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) a annoncé qu’une série de 13 jours de grève rotative dans toutes les régions du Québec débutera le 1er septembre. De plus, si aucune entente ne survient entre le gouvernement et les responsables en services éducatifs en milieu familial (RSE), ces dernières entameront une grève générale illimitée à partir du 21 septembre.

En Mauricie, la journée ciblée pour la grève rotative est le 17 septembre. Au Centre-du-Québec, cette journée de grève aura lieu le 8 septembre.

Selon Mélanie Gélinas, présidente de l’Alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM Mauricie), aucune rencontre de négociation n’a eu lieu depuis plusieurs mois, même si les RSE avaient rejeté en forte majorité la dernière offre qui leur avait été soumise.

«Le ministre (de la Famille) a dit qu’on avait quitté la table de négociations, mais pourtant, on lui avait dit qu’on était disponible tout l’été, s’étonne Mme Gélinas. Les dernières rencontres ont eu lieu à la mi-juin ou fin juin.»

C’est surtout au niveau de la rémunération que les négociations achoppent, selon Mme Gélinas. La dernière offre déposée par Québec proposait un salaire équivalent à 12,83 $ de l’heure, soit 0,41 $ de plus que ce que les RSE touchent actuellement. Celles-ci réclament cependant un salaire horaire équivalent à celui d’une éducatrice non qualifiée en CPE, au premier échelon, soit 16,75 $.

Mercredi, Mme Gélinas était à Gatineau dans le cadre d’une action symbolique devant le bureau de circonscription du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.

«On est allé déposer symboliquement des pancartes au nom de chaque ADIM, pour dire qu’on est prêts à négocier», explique-t-elle.

Sonia LeBel interpellée

L’ADIM Mauricie compte profiter de sa journée de grève pour manifester devant les bureaux de la députée de Champlain, Sonia LeBel. En effet, puisque le ministère de la Famille aurait affirmé ne pas avoir reçu de mandat du Conseil du trésor pour négocier le salaire des RSE, Mme Gélinas compte interpeller sa présidente, Mme LeBel.

«Je vais lui demander une rencontre pour lui parler. J’ai des RSE qui l’ont contactée, lui ont expliqué ce qu’elles vivent au quotidien et pourquoi elles sont en détresse. Elle ne peut pas dire qu’elle n’est pas au courant, je sais que des RSE l’ont interpellée directement», souligne-t-elle.

Le soutien des parents au rendez-vous?

Ce n’est pas la première fois cette année que la FIPEQ et les ADIM menacent d’entrer en grève générale. Avant que la pandémie ne les incite à retarder ce moyen de pression, il était prévu que la grève débute en avril. Au printemps, Mme Gélinas affirmait d’ailleurs avoir le soutien de nombreux parents dont les enfants fréquentent les milieux familiaux de ses membres. Après des mois de pandémie, impliquant la fermeture des garderies pendant plusieurs semaines, ce soutien est-il toujours présent?

«On en a encore derrière nous. Hier encore, un parent a écrit une lettre d’appui magnifique à sa RSE. Mais je ne peux pas dire si on a encore le même momentum que le 8 mars dernier», reconnaît-elle.

Le phénomène des fermetures endigué?

La pandémie avait également accéléré cet été la fermeture de nombreux milieux familiaux subventionnés – et non subventionnés, dans la région comme ailleurs au Québec. Ce phénomène semble cependant s’être calmé, selon Mme Gélinas.

«J’ai une autre petite vague (de fermetures) qui s’en vient cet automne, puisqu’il y a plusieurs RSE dont le contrat se termine en août. Mais il y a aussi de nouvelles accréditations au bureau coordonnateur. Il n’y en a pas à la pelletée, mais on est encore autour de 350 RSE en Mauricie», évalue-t-elle.

En juin, Mme Gélinas rapportait la fermeture d’au moins 25 garderies en milieu familial subventionnées dans la région. Dans l’ensemble de la province, la FIPEQ-CSQ en comptait pour sa part 600, fermées temporairement en raison de la pandémie ou de manière définitive.