Les travailleurs de la résidence Valeo Jean XXIII se succèdent sur la ligne de piquetage depuis 8 h jeudi.

Grève à la résidence Valeo Jean XXIII: les salaires au cœur du conflit

Trois-Rivières — C’est afin d’obtenir de meilleures conditions salariales que les employés syndiqués de la résidence Valeo Jean XXIII de Trois-Rivières sont descendus dans la rue depuis jeudi matin.

Au total, environ 950 travailleuses et travailleurs de dix résidences privées pour personnes aînées de la province, dont de l’établissement trifluvien, prennent part à cette grève d’une durée de trois jours.

«Nous aurions préféré ne pas nous rendre au déclenchement de ces grèves. Le constat saute aux yeux, le personnel des résidences pour personnes aînées est sous-payé et peu valorisé. Travailler auprès des aînés n’est pas qu’une vocation, ce sont des professions exigeantes. La rémunération doit suivre. Personne n’aimerait que celles et ceux qui s’occupent de ses parents ou grands- parents soient à peine plus payés que le salaire minimum. Nous invitons les employeurs à offrir des conditions de travail concurrentielles, autrement, nous n’aurons d’autre choix que d’exercer les mandats de grèves illimitées qui ont déjà été votés», constate Sylvie Nelson, présidente du SQEES-FTQ.

Dans le cadre de sa campagne Prendre soin de nous, toujours pour vous, les membres du SQEES-FTQ dans les résidences privées, demandent un rattrapage salarial à 15 $ de l’heure à l’embauche et une augmentation minimale de 1 $ de l’heure par année pour les trois prochaines années.

«Le taux de roulement du personnel est de 50 % dans les résidences privées pour personnes aînées. Il y a un grave problème d’attraction et de rétention de personnel. Des personnes formées, qui ont à cœur la clientèle, quittent pour d’autres secteurs plus payants qui demandent moins de formation. Le recrutement est plus difficile que jamais. C’est le service et les soins aux personnes aînés, souvent en perte d’autonomie, qui en souffre. Face aux conséquences de la pénurie de la main-d’œuvre et de la surcharge de travail, les demandes syndicales sont plus que raisonnables. Les employeurs doivent en être conscients», affirme Mme Nelson.

Les services essentiels sont maintenus pendant les grèves

Le SQEES-FTQ tient à préciser qu’en aucun temps la santé et la sécurité des résidents ne sont affectées lors des grèves. Selon les établissements et les services, les travailleuses et les travailleurs grèvent de 10 % à 20 % du temps travaillé suivant les recommandations du Tribunal administratif du travail (TAT).