La rivière Saint-Maurice connaît une nouvelle vie et accueille enfin des voiliers comme ici à Grandes-Piles. À droite, on aperçoit la Pointe-à-la-Mine.

Grandes-Piles, à couper le souffle

Personne ne sera surpris d'apprendre que Grandes-Piles et sa voisine d'en face, Saint-Jean-des-Piles, figurent parmi les beaux paysages de la Mauricie et - au diable la modestie! - du Québec. S'il y a un lieu qui a bénéficié de l'arrêt du flottage du bois en 1996, c'est bien celui-là. L'élargissement de la rivière à cet endroit ainsi que sa courbe offrent un panorama à couper le souffle. Au quai de Grandes-Piles, la nature force le respect.
Les voiles qui glissent doucement sur les eaux duSaint-Maurice sont un révélateur de l'exceptionnelle beauté du site enfin libéré de contraintes industrielles du siècle dernier. Tout y est: les monts rocheux au profil arrondi qui forment un écrin aux eaux écumeuses de la Métabéroutin, la forêt dense et mystérieuse et le vent, véritable propriétaire des lieux. Métabéroutin ne signifie-t-il pas décharge des vents? Les glaciers sont passés par là et y ont laissé une empreinte bien nette, définitive. À tous ces éléments naturels, il faut ajouter les villages eux-mêmes et leurs coquettes maisons villageoises. Pas de doute, il fait bon vivre ici.
Comme l'indique le Plan de paysage de la CRÉ Mauricie, à cet endroit, la rivière Saint-Maurice raconte une grande partie de l'histoire de la région. Avant qu'on l'entrave de bois flottant, rendant sa navigation hasardeuse, le Saint-Maurice fut le premier chemin menant vers les Pays d'en Haut, un chemin emprunté par les indiens puis les premiers trappeurs, suivis plus tard des alligators (oui, oui!) et bateaux à vapeur. Des personnages plus grands que nature y ont vécu.
Le document note par ailleurs qu'en juillet 2013, la rivière toute entière est entrée dans une nouvelle ère avec les opérations de balisage qui permettent maintenant aux bateaux de plaisance de naviguer de façon sécuritaire de Grand-Mère à La Tuque. Ce nouveau phénomène vient accentuer le développement récréotouristique sur les rives. Apparaissent des marinas, des sites touristiques, de chalets et maisons mais aussi d'importants projets domiciliaires aux abords de la rivière.
Un des impacts observés est l'apparition d'une pollution lumineuse dans ce coin de pays qui connaissait encore il n'y a pas si longtemps des nuits profondes et étoilées. Il faudra bientôt se rendre loin au nord pour pouvoir admirer les constellations.
Les enjeux dans le secteur des Grandes-Piles sont similaires à ceux du centre et de la haute Mauricie. Il faut trouver le moyen de concilier développement domiciliaire près des berges avec le paysage lui-même, comprendre, ne pas sacrifier trop d'arbres au nom de la sacro-sainte vue sur la rivière. Un travers bien québécois. De même, l'intégration des équipements liés à la navigation sur la rivière reste un défi à relever.
Les spécialistes de la CRÉ Mauricie qui ont élaboré le Plan de paysage, estiment aussi qu'il faudrait trouver le moyen de valoriser l'activité industrielle qui a marqué la rivière Saint-Maurice le long de son parcours de même que la production hydroélectrique. Ils prônent par ailleurs l'accessibilité publique aux rives de la rivière, ainsi qu'une cohabitation harmonieuse entre les divers usagers de la route 155 et ceux de la rivière.
Des paysages à protéger en Mauricie
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