Les promoteurs et coureurs de l'industrie de la course automobile se donnent rendez-vous à Québec, le 3 septembre devant l'Assemblée nationale, pour faire entendre leur voix.

GP3R: une industrie qui veut se faire entendre

TROIS-RIVIÈRES — L'industrie du sport automobile au Québec a connu des jours plus heureux. Depuis quelques années, des promoteurs négocient avec de plus en plus de gens qui se plaignent du bruit. Les organisateurs de courses, encouragés par des milliers d'adeptes et d'amateurs, souhaitent désormais conscientiser les gouvernements.

L'un d'eux, Martin D'Anjou, a publié une vidéo virale sur la page Facebook du Festidrag à la mi-juillet. Celle-ci a été vue plus de 120 000 fois dans sa version originale et fut partagée par au moins 5000 personnes. Le message porte et plusieurs l'endossent. Le 3 septembre devant l'Assemblée nationale, D'Anjou espère attirer au moins 100 000 personnes pour la cause des courses.

Dany «Babu» Bernier, qui organise des spectacles de dérapage contrôlé pendant la première fin de semaine du GP3R avec la série DMCC, participera au rassemblement.

«On va manifester de manière pacifique. Le but n'est pas de faire un show de boucane devant la Fontaine de Tourny, mais d'éveiller des consciences. Il y a des gens qui ont même suggéré qu'on fasse un tour silencieux», explique Babu, confiant de rallier autant les jeunes que les moins jeunes.

«On ne révoque rien mis à part le fait qu'on a le droit de pratiquer nos sports en toute sécurité, ce qu'on fait déjà d'ailleurs. Maintenant, il y a de plus en plus de citoyens qui se plaignent pour différentes raisons. Ils oublient que cette industrie génère des millions de dollars à travers le Québec. Parlez-en aux propriétaires d'hôtels, de restaurants ou de dépanneurs.»

Grand amateur de courses, le député provincial de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, invite les promoteurs et les municipalités visées à s’inspirer du modèle GP3R. «Oui, je pense que ça peut servir d’exemple. Les gens de Trois-Rivières sont conscients de l’apport économique et du rayonnement de l’événement pour notre ville et notre région. Ça prend du tact, il faut bien l’expliquer. C’est certain qu’il y a des citoyens que ça incommode car on ferme des rues. Mais le retour sur l’investissement est bon pour nous.»

M. Girard comprend la volonté de faire valoir ces points dans le monde politique. «Mais c’est d’abord un débat municipal. C’est là que les gens doivent se parler, comme on le fait chez nous.»

Babu rappelle que les partenaires ne demandent pas de subventions. Seulement des lois un peu moins restreignantes, question de s'adonner à leur passe-temps avec des normes établies.

Sanair, Pont-Rouge, Sainte-Croix et Saint-Eustache, où l'Autodrome ferma ses portes au profit d'un parc industriel, vivent tous avec les soubresauts de ces règlements antibruit et du mécontentement de certains citoyens.

«Pourtant, il y a beaucoup de jeunes promoteurs qui voudraient en partir des courses au Québec. Mais il y a une crainte d'investir là-dedans avec le climat actuel. La majorité des propriétaires n'ont plus 20 ans, ça prend une relève. Ce qu'on vise, c'est de dresser une ligne directrice pour plusieurs années, question d'avoir la paix. Tant que les promoteurs respectent les conventions établies, bien sûr.»

Bon nombre de pilotes ont déjà confirmé leur présence à l'activité du lundi 3 septembre. Louis-Philippe Dumoulin a publié une vidéo en ce sens. Il devrait y avoir plusieurs acteurs de la série NASCAR Pinty's.

«Les gars de NASCAR, mais aussi de toutes les catégories en dessous. On vise les voitures, les motos, les quads, bref on vise tout le monde! On a la chance de miser sur de très bons pilotes au Québec et le petit dernier qui pousse, Raphaël Lessard, a un bel avenir devant lui. C'est pour eux qu'on va marcher devant l'Assemblée nationale.»