À quelques jours de Noël, les propriétaires de cette maison ont une trentaine de jours pour décider s'ils déménageront la bâtisse, s'ils se relocaliseront ou s'ils stabiliseront le terrain.

Glissement de terrain: une zone dangereuse

«C'est une maison qu'on a rénovée. On a beaucoup travaillé depuis les 10 dernières années. Mais on ne peut pas retourner vivre là.»
Le risque d'un nouveau glissement de terrain est tel à Sainte-Geneviève-de-Batiscan que la famille de Nancy Houle, évacuée depuis environ un mois, ne peut réintégrer sa propriété dans son état actuel. 
Un important glissement de terrain est survenu vers la mi-novembre en bordure de la rivière Champlain, à proximité du rang des Lahaie, où demeurent Mme Houle, son conjoint et leurs deux enfants. Un état de la situation a été commandé. Des études de sol ont été réalisés par des ingénieurs du gouvernement du Québec spécialisés en mouvements de sol. Le résultat est plutôt sombre.
«Du forage a été fait, jusqu'à 30 mètres de profondeur, car on voulait voir la superficie que pouvait couvrir l'argile marine. C'est cette glaise qui cause de gros glissements de terrain. Les études démontrent que la maison est située dans une zone de grands glissements de terrain. Les ingénieurs ont décelé de l'argile marine sous la maison, jusqu'à la rivière, et des deux côtés de la maison. Les probabilités que ça décroche sont là. Comme le glissement de terrain pourrait se faire en quelques secondes ou en quelques minutes, la vie des gens pourrait être menacée. Tout laisse croire qu'il y aura un autre glissement de terrain, mais on ne sait pas si ce sera dans deux jours, deux ans ou 20 ans», explique Sébastien Doire, directeur régional de la Sécurité civile, qui précise qu'un cas comme celui-là est assez rare.
Mardi, la Sécurité civile a rencontré les propriétaires de la maison en compagnie de représentants de la Municipalité de Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Tout le monde a expliqué la situation aux gens qui doivent maintenant prendre une décision concernant leur propriété.
Le secteur en jaune est la zone présentant un risque de glissement de terrain. La maison se trouve dans le cercle sur la photo.
Trois options s'offrent à eux: abandonner les lieux et se relocaliser, déménager la maison sur un autre terrain ou réaménager le terrain de façon à le rendre plus stable. 
Pour ces options, les gens peuvent se prévaloir d'une indemnité gouvernementale allant jusqu'à environ 150 000 $. Si la décision engendre des dépenses supplémentaires, les propriétaires devront assumer l'excédent.
«Il y a des options à analyser pour savoir si on peut travailler le terrain, ou bien déménager la maison ou déménager tout court. On a de la réflexion à faire», raconte Mme Houle lors d'une brève entrevue téléphonique.
Les propriétaires pourraient aussi choisir de demeurer sur place sans faire de travaux de stabilisation du sol, d'autant plus que leur maison se trouve à l'extrémité de la zone dangereuse. Toutefois, ils devraient dire adieu au programme d'indemnisation si jamais un autre glissement de terrain se produisait.
«La zone mesure facilement 150 par 400 mètres, estime M. Doire. Ça ne veut pas dire que s'il y a un glissement de terrain, tout va décrocher. Ça peut être une partie, mais ça peut aussi être l'ensemble de la zone.»
Selon Sébastien Doire, la rencontre n'a évidemment pas été très plaisante pour les propriétaires.
«Personne n'aime avoir ce type de nouvelle. On aimerait tous vivre dans des endroits stables. Mais ils ont apprécié la présentation. Et la Municipalité veut les soutenir.»
Le maire de Sainte-Geneviève, Christian Gendron, confirme que l'administration municipale saura prendre soin de ses citoyens lorsqu'ils auront arrêté leur choix.
«Je connais ces gens depuis plus de 10 ans, ils sont impliqués dans la municipalité. On va y aller avec ce qu'ils veulent vraiment et on va tout faire pour les aider. S'ils ont besoin d'un coup de main, ils n'ont qu'à demander à la Municipalité et on fera un appel à tous.»
Advenant que la famille opte pour le déménagement de sa maison ou pour une construction neuve, la Municipalité pourrait faciliter les négociations avec des propriétaires de terrains. L'administration municipale va aussi accorder un crédit de taxes aux propriétaires étant donné la situation actuelle.
Selon les informations fournies par le bureau municipal/, la maison est évaluée à 149 600 $, alors que le terrain vaut 4800 $.
D'autre part, le rang des Lahaie est à l'extérieur de la zone à risque.