Samuel Girard

Girard sera-t-il échangé?

Samuel Girard a-t-il joué son dernier match dans l'uniforme des Cataractes?
La question est d'actualité, Martin Mondou ayant répété lors de l'embauche de Daniel Renaud, il y a deux semaines, que son club s'apprêtait à s'engager dans un processus de reconstruction. Par le passé, le directeur-gérant des Cataractes n'a pas hésité à sacrifier des vétérans de premier plan lors des repêchages, pour lui permettre de mettre la main sur d'intéressants choix au repêchage. Parlez-en à Simon Lacroix et Charles-Olivier Roussel, surpris de changer de camp alors que l'été ne s'était même pas encore pointé le museau!
Je me souviens très bien de la réaction de Roussel, venu au repêchage accueillir les nouveaux éléments des Cataractes. C'est avec les larmes aux yeux , abasourdi, qu'il s'est amené sur le parquet pour enfiler son nouveau gilet du Junior de Montréal!
La tentation peut être forte chez les Shawiniganais de se servir du même modus operandi dans le cas de la Tornade de Roberval. Après tout, Mondou a commencé à recevoir des appels pour sa vedette moins de 24 heures après l'élimination de son club ce printemps! Normal, les équipes qui ont besoin d'un quart-arrière ne veulent pas échapper le plus prolifique de l'histoire de la LHJMQ. En cinq décennies d'histoire, pas un défenseur n'a participé autant au succès offensif de son équipe que Girard. Aucun! Sacré meilleur défenseur de la ligue à  
17 ans, ça fait deux ans qu'il est élu sur la première équipe d'étoiles de la ligue. Et cet espoir des Predators s'apprête à disputer sa quatrième et dernière campagne dans la ligue, alors il devrait être encore plus dominant. Si tu t'équipes pour la guerre, tu le veux de ton bord!
Prudence
Tout ça fait en sorte que Girard est un oiseau rare, très très rare, sur le marché des transactions. Mondou devrait donc se montrer un peu plus patient qu'à l'habitude, à moins de toucher le gros lot.
Parce qu'aux Fêtes, les enchères sont souvent plus élevées qu'en début de saison pour les patineurs étoiles. Comme il y a toujours un peu plus de clients et que c'est la dernière chance de s'améliorer, il y a toujours une équipe qui pèse un peu plus sur le crayon afin de s'offrir une arme supplémentaire. L'an dernier, par exemple, le prix pour Julien Gauthier a doublé en l'espace de 
24 heures, après une performance de deux buts du gros ailier au championnat du monde! 
Rappelez-vous aussi du pactole allongé par les Cataractes pour gagner le derby Brandon Gormley en 2012. Les Wildcats ont étiré les négociations jusqu'à la veille de la date limite des transactions. Une bonne idée, puisqu'ils ont extorqué leur partenaire de danse. Pour trois mois de hockey, ils ont obtenu l'été suivant le meilleur gardien de 18 ans de la ligue (Alex Dubeau) qui leur a donné trois grosses saisons, un attaquant de puissance de 19 ans top-6 (Yannick Veilleux) et un défenseur de 19 ans fiable et robuste pour leur première paire (Jonathan Racine). En prime, un choix de deuxième ronde, et les droits de Michael Matheson, qui ne s'est jamais pointé le nez dans la LHJMQ. Avouez que ça fait du stock en titi!
Or c'est le genre de butin qui doit guider Mondou dans ses négociations. À l'époque, Gormley était perçu comme le meilleur défenseur junior au monde, mais il n'avait pas le même venin offensif que Girard à offrir. Il reste le joueur dont le profil ressemble le plus à Girard, en raison de son impact et des minutes de qualité qu'il pouvait offrir à son équipe. 
Mondou peut-il arracher tout ça dans le cadre des assises à Saint-John? Si la réponse est non, car certains clubs veulent se garder une petite gêne et voir comment les choses vont aller en première moitié de saison avant d'y aller all-in, les Cataractes devraient attendre aux moins jusqu'aux Fêtes pour le monnayer. Un Samuel Girard, tu ne liquides pas ça à rabais. 
Et puis qui sait, un Girard dans l'alignement pourrait permettre aux Cataractes de créer des surprises. Sur papier, il n'y a pas de super puissance en vue l'an prochain dans le circuit. Dans la division des Cataractes, les Tigres ont de grandes aspirations mais au moment où ces lignes sont écrites, ils n'ont certainement pas un meilleur personnel sous la main que Mondou. La balance penche même sérieusement en faveur des Cataractes si Cameron Askew et Brandon Gignac sont de retour comme patineurs de 20 ans, un scénario qui tient la route compte tenu de leur campagne un peu tiède à 19 ans. Avec un nouveau pilote, rien ne presse de démembrer cette équipe qui peut aspirer à un troisième championnat de division d'affilée!
Mondou a raison, la reconstruction se pointe à l'horizon dans la plus vieille concession de la LHJMQ. Elle peut être enclenchée dès les prochaines semaines, à mi-parcours ou encore à la conclusion de la prochaine campagne. Reste à choisir le bon moment. Personnellement, je ne vois aucune raison de précipiter les changements, à moins d'une offre mirobolante déposée pour Girard. Avec plus de 3000 personnes dans les gradins du centre Gervais Auto, il n'y a pas de meilleur outil de marketing que le joueur le plus spectaculaire de la ligue. Si les Cataractes se privent volontairement de cet atout, le retour doit être substantiel...
Ahern devrait se regarder dans le miroir, selon Maloney
Plus on s'approche du repêchage de la LHJMQ, plus il sera question de ces joueurs qui ne sont pas clairs avec certaines équipes concernant leurs intentions en vue des prochaines saisons.
Six des 18 plus beaux espoirs n'ont même pas voulu rencontrer le Drakkar de Baie-Comeau, qui possède deux choix de première ronde. Le Drakkar n'est pas la seule équipe à avoir du mal à obtenir un portrait clair de la situation mais c'est un problème récurrent à Baie-Comeau, au point où Steve Ahern, directeur-gérant, a identifié publiquement les six joueurs qui ont refusé de discuter avec son équipe. Ce comportement a dérangé l'agent Andrew Maloney, qui a tenu à apporter sa vision du débat. «Plutôt que de tirer six jeunes de 15 ans sous l'autobus, il devrait se regarder dans le miroir. C'est un défi pour les équipes du Québec d'attirer les joueurs des Maritimes, pour plusieurs raisons. Certaines équipes, comme les Cataractes, font du bon boulot pour comprendre les enjeux et trouver des solutions. Le Drakkar ne fait pas partie de cette liste», soupire Mahoney.
Ce dernier n'est pas dupe, il sait que certains jeunes tentent de choisir leur destination. Il ne croit pas, par contre, que c'est la majorité. «La réalité, c'est que plusieurs joueurs ont des options. C'est normal qu'ils souhaitent choisir le meilleur endroit pour eux, non?»
Pourquoi refuser alors de rencontrer des équipes? 
La réponse de Mahoney est toute prête. «Si les agents et conseillers font correctement leur boulot, ils savent déjà ce que les équipes peuvent offrir comme encadrement, facilités, études. Ils connaissent aussi très bien les entraîneurs en place et leurs méthodes, tout comme le palmarès des équipes au cours des 4-5 dernières années. À partir de là, des rencontres ne sont pas toujours nécessaires... »
Voilà un point de vue intéressant qui va certainement relancer les discussions à propos de la partie de poker qui se joue à la séance de sélection des joueurs midgets...