Geneviève Dubois
Geneviève Dubois

Geneviève Dubois et Jean Boulet personnalités Le Nouvelliste de 2019

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
NICOLET — L’une se démarque dans les situations d’urgence comme les inondations et les pannes d’électricité, l’autre se distingue dans des longs conflits tels l’Aluminerie de Bécancour. L’une multiplie les initiatives comme le budget participatif citoyen, l’autre ne manque pas d’imagination avec sa Grande corvée. L’une est présidente de la Table des MRC au Centre-du-Québec, l’autre est ministre responsable de la Mauricie. Bref, Geneviève Dubois et Jean Boulet rayonnent sur les deux rives avec des rôles qui ont un impact dans leur région respective.
Jean Boulet

Comme c’est la tradition depuis 2010, la direction du Nouvelliste profite de la fin de l’année pour souligner les réalisations de personnalités de la région, dans les secteurs de l’actualité générale, des arts et du sport. Dans la première catégorie, un homme et une femme se partagent exceptionnellement le titre en 2019. Ce sont deux élus qui rayonnent des deux côtés du fleuve Saint-Laurent, soit la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, avec ses politiques avant-gardistes, et le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, avec ses interventions proactives. Dans le domaine des arts, le titre revient au directeur général de la Corporation des événements de Trois-Rivières, Steve Dubé, qui est intimement relié au succès de l’Amphithéâtre Cogeco. Du côté des sports, la palme est décernée à l’équipe masculine de soccer des Patriotes de l’UQTR qui a remporté un premier championnat canadien.

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Rassembleuse, positive, engagée: voilà comment le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, décrit la mairesse de Nicolet qui, dit-il, a réussi à se faire un nom, au lieu d’être simplement connue comme «la fille de Clément» qui avait occupé ce même poste avant elle.

«Elle prend la part de ses citoyens. C’est une personne qui veut faire avancer sa ville, sa MRC, sa région et c’est exactement dans ma philosophie», confie celui qui parle de relations excellentes avec Geneviève Dubois.

Les deux partageaient d’ailleurs une même position inconfortable dans le dossier du CIUSSS. «Une bonne partie de notre population prend ses services à Trois-Rivières, mais on est fier d’être Centricois. Comme présidente de la région, elle a fait un bon pont entre les élus et la région pour trouver des solutions dans la nouvelle organisation qu’on a proposée et qui a été acceptée de façon presque unanime dans la région», se plaît-il à mentionner.

Autre exemple de collaboration: la saga des zones d’intervention spéciales (ZIS). «On a très bien travaillé ensemble. Geneviève est venue me voir avec des citoyens, elle m’a fait voir la situation, elle m’a donné des arguments, je l’ai mis en contact avec la ministre. À ma connaissance, dans tout le comté de Nicolet-Bécancour, il n’y a pas de cas problème», soutient M. Martel.

Et elle a beau représenter une municipalité centre, il salue sa capacité à travailler en harmonie avec les autres municipalités, ce qui n’est pas toujours le cas dans d’autres MRC. «Ce n’est pas pour rien que les gens l’ont élu préfète pour un autre mandat», fait remarquer cet ancien directeur général à la MRC de Nicolet-Yamaska.

D’ailleurs, le préfet-suppléant, Claude Lefebvre, confirme la perception du député. «Jamais qu’elle va imposer quoi que ce soit. Elle pourrait le faire du fait qu’elle est mairesse de la ville centre, elle a quand même plus de votes que nous autres, mais jamais on a senti une volonté de domination. C’est une fille d’équipe», témoigne-t-il.

Et déjà, à la première réunion qu’elle a présidée à la Table des MRC, Geneviève Dubois a fait savoir que «tout le monde avait droit d’exprimer son idée». «Elle ne se prend pas pour une autre. C’est sûr qu’il y a des dossiers qui lui tiennent plus à coeur, mais pour elle, c’est important que la grande majorité soit derrière le projet. Elle n’imposera pas sa vision. On est bien chanceux de l’avoir. On a fait des grands pas depuis qu’elle est là. Depuis deux ans, on a beaucoup de projets à la MRC et Geneviève contribue au climat pour qu’on puisse avancer», souligne le maire de Baie-du-Febvre.

L’ancien directeur du Service de sécurité incendie à Nicolet, Michel Legault, la connaît depuis longtemps. Et en 2017, il a pu apprécier sa gestion des inondations alors qu’il était encore en poste.«L’une de ses principales qualités, c’est l’écoute. C’est une personne accueillante et très avenante. Elle est toujours pleine de projets», relève-t-il, tout en saluant son dynamisme, sa capacité à mobiliser et sa proximité des gens, à l’instar de Louis Plamondon pour qui il travaille depuis une trentaine d’années. «Elle essaie toujours de trouver une solution à un problème. Elle a les compétences, elle déplace de l’air, elle a le goût de relever des défis», renchérit l’adjoint du député bloquiste.

Compétent. C’est justement la qualité que le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, attribue à son collègue de la rive nord, Jean Boulet. «Jean, c’est quelqu’un de compétent dans son ministère, qui s’est montré flexible dans le dernier projet de loi qu’il a présenté par rapport à toute la question des congés parentaux. Il a travaillé pour améliorer le sort de tous les parents au Québec, c’est une très bonne nouvelle», fait-il valoir.

Et il lui lève aussi son chapeau pour tous ses efforts déployés autour de la question de la rareté de main-d’oeuvre. «Ça concerne tout le monde. Je trouve que Jean met de l’avant des pistes, il va défendre la cause des employés retraités qui veulent retourner sur le marché du travail. Il essaie de trouver des solutions qui sont à portée de main. Il a exercé sa fonction de ministre de façon très compétente», affirme M. Martel.

Quant au lock-out à l’ABI, «c’est un dossier difficile qu’on a eu à travailler ensemble». «Lui comme moi, on sentait la fragilité de l’avenir de l’usine si le conflit se poursuivait encore plus longtemps. Jean s’est montré très ouvert à trouver des solutions. Il a fait preuve d’un grand sens des responsabilités dans ce conflit-là. Ce n’était pas évident. Alors que c’était un dossier très émotif, il s’est comporté de façon très responsable là-dedans», a-t-il indiqué.

La coordonnatrice de Comsep, Sylvie Tardif, est visiblement heureuse d’avoir accès aussi facilement au ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, «un ministère avec lequel on travaille beaucoup».

«Il a été proactif dès son arrivée. Il y a eu des choses qui ont changé, des subventions qui attendaient depuis longtemps, notamment pour les groupes de défense des droits. Ce que j’aime, c’est qu’il vient faire ses annonces importantes dans sa région et l’une de ses premières, il l’a faite ici à Comsep», rappelle-t-elle fièrement.

Et ce qu’elle aime du député de Trois-Rivières, c’est qu’il a la connaissance fine du dossier des groupes communautaires, des personnes en situation de pauvreté, ayant été président de Centraide.

«En un an, il a fait déjà plus que son prédécesseur. C’est une révélation. Il sort constamment, il a été capable de reculer sur un dossier qui était peut-être un peu moins ficelé, les familles adoptives. C’est quelqu’un qui est accessible et qui est parlable», tient-elle à signaler.

Et alors qu’il était président de la Chambre de commerce trifluvienne, celle-ci avait appuyé la loi sur l’élimination de la pauvreté, à la suite d’un entretien sur le sujet. «C’était comme un trophée pour moi, car pas une seule chambre de commerce à travers le Québec allait donner son appui», raconte Mme Tardif.

Et encore aujourd’hui, Jean Boulet reste proche de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières. «Il nous aide beaucoup dans des dossiers. Quand il peut, il va venir à nos événements. Sinon, il délègue quelqu’un. On le sait que si on a besoin de lui, on va l’appeler et il va nous aider. Ce qui ressort de Jean Boulet, c’est qu’il garde ses racines bien ancrées ici à Trois-Rivières, en Mauricie. Et sa première sortie publique comme ministre, il l’a faite avec la Chambre», met en évidence la présidente actuelle de la CCI3R, Johanne Hinse.

Ce qui la frappe, c’est son humanité et sa présence. «Il a été impliqué dans plein de causes. Il est toujours dans l’action concrète. Il y a ce côté très humanitaire et communautaire qui ressort beaucoup. Le ministère qu’on lui a donné, c’était le ministère pour lui. Il se réalise pleinement là-dedans», conclut-elle.