Des mesures telles que la distanciation sociale en classe et le remaniement du nombre d’élèves pourraient augmenter l’anxiété ressentie par Anne. Sur la photo: sa mère Geneviève Chorel, inquiète de se voir dans l’obligation d’envoyer sa fille à l’école en raison de son travail.
Des mesures telles que la distanciation sociale en classe et le remaniement du nombre d’élèves pourraient augmenter l’anxiété ressentie par Anne. Sur la photo: sa mère Geneviève Chorel, inquiète de se voir dans l’obligation d’envoyer sa fille à l’école en raison de son travail.

Geneviève Chorel, une maman «dépassée» par le retour au travail

Trois-Rivières — En vertu des règles établies par le gouvernement du Québec entourant la reprise des activités commerciales, il semble impératif pour les travailleurs de revenir en poste si leur employeur le demande. Cela est loin de faire le bonheur de certains citoyens, qui auraient préféré pouvoir rester à la maison afin de s’occuper de leurs enfants dont la condition particulière complique le retour en classe.

C’est notamment le cas de la Trifluvienne Geneviève Chorel, qui œuvre dans la soudure depuis maintenant 20 ans. En plus de son emploi, cette mère monoparentale a pour mandat de s’occuper de sa fille, Anne, qui souffre de problème de santé mentale.

Anne fréquente l’école Mond’Ami, qui se spécialise par son offre de services adaptés aux enfants devant composer avec une difficulté. Pour elle, retourner à l’école dans les circonstances particulières occasionnées par la pandémie pourrait représenter un défi de taille. Depuis le début de sa scolarité, ses conditions ont souvent nécessité que sa mère ou un proche doive la ramener à la maison.

Or, si sa mère est au travail et que personne ne peut aller s’occuper de sa fille en cas de problème, Mme Chorel serait forcée de quitter son lieu de travail à plusieurs reprises dans le but d’aider son enfant. «En tant que mère monoparentale, si chaque jour je suis forcée d’intervenir à l’école pour aider ma fille, comment je vais faire pour être utile à mon travail? Habituellement, ça allait bien puisque je pouvais faire appel à son père, à ma famille ou à un proche qui était disponible, mais maintenant que je suis parmi les seules personnes à pouvoir le faire, que va-t-il se passer?»questionne la citoyenne, qui se dit dépassée par cette situation.

De plus, les mesures particulières qui seront appliquées dans les écoles au cours des prochaines semaines en raison de la pandémie de COVID-19 pourraient grandement affecter Anne, qui «verrait son anxiété monter dans le tapis», croit sa mère

Selon les consignes établies par le gouvernement, en refusant de retourner travailler, Genevière Chorel court le risque de recevoir un relevé d’emploi stipulant qu’elle a démissionné et qu’elle perd donc accès à la prestation canadienne d’urgence ou à l’assurance-emploi.

Seule une condition médicale particulière chez l’enfant peut justifier qu’un parent ne retourne pas travailler.

Ne souhaitant pas subir de telles conséquences, Mme Chorel s’est précipitée chez son employeur pour lui expliquer l’ensemble de la problématique. Celui-ci s’est montré très compréhensif face à son employée, mais cela n’a pas été suffisant pour rassurer la femme.

«Il m’a dit qu’il ferait son possible pour se débrouiller sans moi. Toutefois, il ne pénalisera pas son entreprise et n’aura d’autre choix que d’être honnête si quelqu’un lui pose des questions sur les motifs de mon absence. Je serai exposée à ces conséquences que je ne mérite pas», a fait savoir Geneviève Chorel.

Changements constants

Par ailleurs, les annonces multiples faites quotidiennement par le gouvernement n’aident en rien la mère d’Anne, qui ne sait plus quoi croire et aimerait être mieux informée des solutions qui s’offrent à elle.

«Les réglementations changent chaque jour et on en vient à ne plus savoir ce qu’on a le droit de faire ou non. C’est très inquiétant pour une travailleuse comme moi qui ne peut pas effectuer de télétravail. Je voudrais bien, mais il m’est impossible de transporter mon emploi de soudeuse à la maison. Je gagne ma vie honnêtement et je ne veux pas vivre de problèmes à cause de ma situation», a-t-elle mentionné avant de souligner qu’il lui a été très difficile, voire impossible de communiquer avec les différentes instances gouvernementales au cours des dernières semaines.

Les camps d’été, une grande source d’inquiétude

Pandémie ou non, la saison estivale et les vacances d’été arriveront au cours des prochaines semaines. Toutefois, rien ne confirme pour l’instant que les camps de jour seront ouverts pour les plus jeunes. Ce faisant, il devient d’autant plus inquiétant pour Genevière Chorel de retourner travailler en ne sachant pas si sa fille pourra être gardée quelque part cet été. «Nous venons tout juste de recevoir un message nous disant qu’on ne savait toujours pas ce qui arriverait avec les camps d’été. Si je ne peux pas avoir accès à un camp de jour au cours des prochains mois, je ne peux pas retourner travailler», soutient-elle.

L’ouverture des camps de jour reste encore probable pour cet été. Le gouvernement provincial travaillerait activement à l’élaboration de mesures visant à rendre possible et sécuritaire l’activité de ces lieux.