Isabelle Martin, présidente et chef de la direction chez GDG Environnement.

GDG se rapproche du marché américain

Trois-Rivières — GDG Environnement n’aura jamais eu plus d’espoir que maintenant d’exporter aux États-Unis sa technologie permettant de combattre l’agrile du frêne de manière non toxique pour les humains et les animaux grâce à un piège contenant le champignon Beauveria bassiana.

Depuis quelque temps, l’entreprise trifluvienne reçoit en effet un accompagnement de l’organisme Inno-Centre pour mener à bien cet important projet. Il s’agit d’une organisation spécialisée en services-conseils aux PME innovantes. La présidente et chef de la direction de GDG Environnement, Isabelle Martin, indique qu’Inno-Centre était à la recherche d’un mandat en Mauricie. Le projet de protection des frênes développé par GDG, à Trois-Rivières, a attiré son attention.

Même si le produit que veut commercialiser GDG a fait ses preuves, l’entreprise doit se soumettre au long processus d’homologation. «On vient de déposer nos documents», précise Mme Martin. Au Canada, l’approbation doit venir de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire. «On a également déposé aux États-Unis où ça prend 13 à 18 mois avant d’avoir une réponse», dit-elle. «C’est long. C’est beaucoup d’investissements.»

«On a fait des essais terrains dans trois États différents aux États-Unis. «Cette année, pour être capable de documenter l’efficacité de notre technologie, on a des villes (15 en ce moment) qui participent en attendant d’avoir la possibilité de commercialiser le produit», dit-elle. Trois-Rivières, la seule en Mauricie, en fait partie.

Jusqu’à présent, seule une solution chimique, le TreeAzin est disponible pour combattre l’agrile du frêne, une solution qu’il faut toutefois répéter aux deux ans, à vie, pour espérer sauver les frênes.

«Ça fait 20 ans que les chercheurs de l’INRS et de Ressources naturelles Canada font des recherches sur le champignon Beauveria bassiana et l’agrile. La technologie, c’est d’être capable de le confiner ce Beauveria bassiana dans une pochette insérée au bas d’une chambre de contamination» qui s’accroche dans le haut de l’arbre, explique Mme Martin.

«On avait approché l’INRS et Ressources naturelles Canada et on a fait une entente avec eux de transfert technologique. Eux nous fournissent l’expertise pour nous aider à déposer notre projet d’homologation et l’on a signé une licence exclusive d’exploitation une fois qu’on sera homologué», explique-t-elle.

«On s’était donné quatre ans» pour cette demande d’homologation, ajoute-t-elle. «Ils nous ont fourni les pochettes. C’est eux qui les font. Pendant ces quatre ans, on a validé le marché, on s’est assuré que les gens choisiraient cette option-là qui est biologique», explique-t-elle.

«Lorsque nous aurons notre accréditation, nous pourrons commercialiser» cette technologie, dit-elle. «On s’attaque à l’adulte (de l’agrile du frêne) qui pond des larves.» L’insecte meurt en cinq jours.

Les frênes sont une essence très prisée en milieu urbain. «Aux États-Unis, il y a des endroits qui ont jusqu’à 70 % du couvert forestier urbain qui est en frêne», signale Mme Martin. «On sait qu’on répond à un besoin», dit-elle, car sans eux, il y aurait plus d’îlots de chaleur.

GDG fait également des tests à Fredericton, au Nouveau-Brunswick. Halifax s’est également montrée intéressée à cette solution et Toronto souhaite aussi avoir un piège expérimental. Le piège est non seulement efficace pour combattre l’agrile du frêne, mais également pour en détecter la présence dans un secteur.

Tous ces pièges contribuent à la recherche en vue d’une éventuelle commercialisation en attendant qu’arrivent les autorisations. «Pour déposer nos dossiers, il fallait faire au moins deux ans de recherche», signale la présidente. Le dossier a été déposé aux «États-Unis en janvier. Au Canada, le dossier est ouvert, mais il manque encore des données», dit-elle.