Le chef des relations avec les communautés pour Gazoduq, Frédéric Lepage, était à La Tuque pour répondre aux questions lors de la consultation publique.

Gazoduq présente son projet à La Tuque

LA TUQUE — L’équipe de Gazoduq était de passage à La Tuque, mardi, pour une rencontre d’information et de consultation publique dans le but de définir un tracé à moindre impact pour son projet. Ce dernier prévoit la construction d’une conduite souterraine de plus de 750 km de gaz naturel entre le nord-est de l’Ontario et la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le projet représente un investissement privé estimé à 4,5 milliards de dollars.

Plusieurs stations étaient installées au Complexe culturel Félix-Leclerc afin d’expliquer les différentes étapes et préoccupations, de la sécurité à la construction en passant par l’environnement. Les participants ont pu faire connaître leurs préoccupations et même identifier des zones sensibles sur une carte.

«Cela va nous servir à définir le tracé de moindre impact, mais aussi à bonifier notre étude d’impact environnemental et répondre aux questions que les citoyens pourraient avoir par rapport au projet. On veut les rassurer et on a des spécialistes pour répondre aux questions», a indiqué Frédéric Lepage, chef des relations avec les communautés pour Gazoduq.

Un segment d’environ 200 km pourrait traverser la Haute-Mauricie, au nord du centre-ville de La Tuque. La conduite devrait traverser l’agglomération de La Tuque d’est en ouest.

La consultation a permis d’expliquer à quoi va servir le gaz qui est destiné à l’exportation «pour remplacer des énergies plus polluantes comme le mazout et le charbon».

Les experts ont également répondu aux inquiétudes liées à la sécurité. D’ailleurs, on soutient que c’est souvent cet aspect qui ressort des préoccupations de la population.

«On explique les normes auxquelles on est soumis et on rappelle aussi que c’est un gazoduc et non un oléoduc, c’est du gaz qui se dissipe dans l’atmosphère, il n’y a pas de contamination de sol ou d’eau souterraine», explique M. Lepage.

Les citoyens ont même pu voir un échantillon d’acier utilisé pour la conduite. On a également fait valoir qu’il y aurait une surveillance 24 heures par jour, et ce, 365 jours par année.

Les gens de Gazoduq sentent qu’il y a beaucoup d’intérêt autour du projet, notamment au niveau des retombées économiques qui pourraient être très importantes pour la Haute-Mauricie.

«On parle d’une phase de construction qui va durer de deux ans et demi à trois ans. On parle de la création de milliers d’emplois. On veut également que les entrepreneurs locaux puissent soumissionner et avoir accès aux contrats. Cet aspect-là nous est soulevé par les gens, ils viennent s’informer de ça. On sent un intérêt dans toutes les régions visitées jusqu’à maintenant», souligne le chef des relations avec les communautés.

Une des stations portait justement sur la phase de construction et les emplois qui pourraient être créés. On parle d’ingénieurs, d’agronomes, d’électriciens, de foreurs, de soudeurs, de biologistes, de mécaniciens, de camionneurs, de menuisiers, de techniciens en environnement, de dessinateurs, et bien plus.

«On ne sait pas exactement encore combien d’emploi, mais on parle d’un projet de plusieurs milliards de dollars. Il y aura des retombées majeures pour l’ensemble des régions traversées. […] On parle de bons emplois également», insiste M. Lepage.

Il faut dire que Gazoduq avait déjà pris le temps de rencontrer différentes organisations comme la Ville et la Chambre de commerce et d’industrie avant la tenue de cette rencontre.

«Les gens de la Ville nous ont aidés à identifier certains secteurs, des choses dont on doit tenir compte, les baux de villégiature, les chemins forestiers, les sentiers de motoneiges… », a affirmé Frédéric Lepage.

Lors de l’annonce du projet, le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, s’était dit favorable, mais aussi prudent. Il avait également mentionné qu’une chose était certaine, la Ville exigera des redevances et de la taxation.

À ce sujet, le porte-parole de Gazoduq soutient qu’il est trop tôt pour parler de redevances.

«Pour ce qui est de la taxation, il s’agit d’une infrastructure taxable. […] C’est plus qu’un engagement, on est tenu de le faire par la loi».

Une consultation similaire devrait également se tenir à Parent au courant des prochaines semaines, mais aucune date n’a encore été fixée.

À la fin de la série de consultations, une analyse sera faite des différents commentaires reçus.

«Tout ça sera noté et s’ajoutera à l’information qu’on détient déjà qui sera pris en compte autant dans le développement du tracé que dans l’élaboration de l’étude d’impact environnementale», a conclu M. Lepage.