Gazoduq: le tracé préliminaire dévoilé

LA TUQUE — Gazoduq a dévoilé un tracé préliminaire de son projet de conduite souterraine de gaz naturel de plus de 750 kilomètres entre le nord-est de l’Ontario et le Saguenay. En Haute-Mauricie, la zone d’aménagement privilégiée (ZAP) va s’échelonner sur 163 km dont 73 % se trouvent sur des terres publiques.

L’entreprise a dévoilé le travail des consultations publiques tenues au cours des dernières semaines en présentant la ZAP, «identifiée avec un désir de minimiser les impacts sociaux et environnementaux».

L’intérieur de la zone est d’une largeur moyenne de 400 mètres et à la fin du processus, l’emprise permanente devrait être de 30 mètres. On souligne également que la ZAP évite en grande partie les zones habitées qui se retrouvaient à l’intérieur du corridor.

En Haute-Mauricie, aucun lac ni aire de protection des prises d’eau et d’eau souterraine municipale n’est touché selon Gazoduq. On ajoute aussi qu’aucune aire protégée ne se retrouve dans la ZAP.

L’entreprise soutient que les préoccupations et les opportunités soulevées jusqu’ici ont permis «d’éviter un nombre important de secteurs sensibles à l’intérieur du corridor à l’étude, par exemple, les lacs, aires de protection des prises d’eau et d’eau souterraine et les aires protégées, que l’entreprise s’était engagée à éviter».

En parallèle, un processus de consultation auprès des communautés autochtones a été amorcé tôt dans le développement du projet afin qu’elles identifient ce qui pouvait entraîner des impacts pour elles, entre autres dans la poursuite des activités traditionnelles de leurs membres.

«Aujourd’hui et tout au long du développement du projet, nous entendons travailler avec elles à cet égard et poursuivre la consultation», a indiqué l’entreprise.

La nation Atikamew regarde de près l’avancement du projet, mais il reste encore plusieurs choses à régler avant de se positionner de quelque façon que ce soit sur le dossier. On veut s’assurer que les droits et les valeurs atikamekw seront respectés.

«On veut s’assurer que l’impact est minimisé sur le territoire, s’assurer également que tout le processus est fait dans le respect et en concordance avec nos droits. On doit s’assurer qu’en bout de ligne, si le projet fonctionne qu’on ait des retombées qu’on attend, notamment au niveau de l’emploi et de rente économique. Il y a beaucoup d’informations à colliger avant de vraiment se positionner», a indiqué Constant Awashish, grand chef du Conseil de la nation Atikamekw (CNA).

À La Tuque, on réitère que la Ville est favorable au projet, mais qu’elle reste prudente. Le conseiller municipal du secteur de Parent, Éric Chagnon, estime qu’il s’agit d’une ébauche dans la continuité de ce qui avait été annoncé.

«Ç’a l’air d’être un bon travail jusqu’à maintenant, mais il ne faut pas oublier qu’il y a encore plusieurs étapes à passer avant le projet final», a indiqué M. Chagnon.

Ce dernier spécifie toutefois que la population de Parent était divisée à propos du projet.

«Les gens sont partagés un peu ici. Principalement, ce que l’on voudrait c’est d’avoir des retombées à long terme», a-t-il affirmé.

Les prochaines étapes vont consister à faire l’inventaire de la faune et de la flore le long de la ZAP. Les différentes mesures d’atténuation afin de minimiser les impacts du projet seront documentées et le dossier sera soumis à l’Office national de l’énergie avant la fin de l’année 2019, selon l’entreprise. L’étude d’impact environnemental suivra également.

«Nous sommes déterminés à ce que notre projet contribue de façon importante à la lutte aux changements climatiques à l’échelle mondiale, permettant ainsi au Québec de jouer un rôle de leader à cet égard. Nous nous engageons à poursuivre le dialogue avec toutes les communautés tout au long du développement de notre projet afin de minimiser ses impacts et de maximiser les retombées locales», a conclu Louis Bergeron, président de Gazoduq.