Gazoduq: la Haute-Mauricie favorable, mais prudente

LA TUQUE — Le maire de La Tuque a été clair concernant l’important projet de gazoduc de 14 milliards $ entre Saguenay et l’Ontario. Pierre-David Tremblay est favorable et prudent, mais une chose est certaine: la Ville exigera des redevances et de la taxation.

Le projet Gazoduq prévoit la construction et l’opération d’une conduite souterraine de plus de 750 kilomètres. Le projet vise à alimenter en gaz naturel l’usine de liquéfaction de gaz naturel projetée par Énergie Saguenay. Selon les plans, la conduite devrait traverser l’agglomération de La Tuque d’est en ouest.

«Les raisons pour lesquelles on est favorables, c’est qu’on va demander de la taxation et ces gens-là ne sont pas fermés. On va également demander des redevances. La Tuque a besoin d’argent. On ne fera pas ça à tout prix, on ne le fera pas contre l’environnement non plus. On sait que ce n’est pas demain la veille, mais c’est un projet pour lequel on s’est montré favorable. On fait déjà nos devoirs en leur disant vous ne passerez pas ici sans qu’il y ait de la taxation et vous ne passerez pas ici sans qu’il n’y ait de redevances non plus. C’est terminé l’exploitation ici. […] Tout le monde se sert ici, mais l’argent ne revient pas souvent. C’est fini ce temps-là», a lancé Pierre-David Tremblay.

Ce dernier a rencontré le président de l’entreprise Gazoduq il y a quelques semaines. Le maire de La Tuque a indiqué que l’écoute avait été bonne vis-à-vis ses préoccupations. «On a senti le président très sensible à nos préoccupations. On a des airs à protéger, les pourvoiries, les zecs, la villégiature… Ces gens-là ne sont pas embêtés de les contourner. […] C’est facilitant, mais il y a d’autres irritants, il y a de l’harmonisation à faire avec la compagnie. On a toutefois senti ces gens-là très sérieux et très crédibles. On pense qu’ils vont travailler en transparence avec nous», a indiqué le maire Tremblay. On a également voulu se faire rassurant pour la population bien que la construction ne soit pas pour demain.

«C’est un gazoduc, et non pas un pipeline qui transporte du liquide ou de l’huile noire que vous connaissez déjà», a insisté le maire.

«On a déjà un comparable en semblable matière qui est Énergir qui passe près des zones densément peuplées. On a un historique, ce n’est pas nouveau. On est peut-être un peu moins craintif, mais on demeure très prudents, on n’acceptera pas quelque chose à n’importe quel prix non plus», a-t-il ajouté.

Les communautés atikamekw de la Haute-Mauricie seront également concernées dans cet imposant projet. On veut en savoir davantage avant de se prononcer en faveur ou non.

«C’est certain qu’il y a encore beaucoup de questionnement. Moi, personnellement, j’ai été informé aux nouvelles la semaine passée. J’avais été approché, mais il n’y avait pas eu de suite. Par contre, je sais qu’ils ont rencontré les élus d’Opitciwan et de Wemotaci. L’opinion est assez partagée. Il y a beaucoup de travail et de rencontres à faire pour s’assurer que le projet est bien compris et que la compagnie comprend bien ses obligations», a conclu Constant Awashish, grand chef de la nation atikamekw.