Questerre, qui possède des droits sur des superficies totalisant 1 million d'acres, soutient que seules les MRC de Lotbinière et Bécancour sont susceptibles d'être considérées pour des projets-pilotes.

Gaz de schiste à Bécancour: les citoyens restent inquiets

Même si le maire Jean-Guy Dubois s'est dit rassuré par ses échanges avec le grand patron de Questerre et le ministre Pierre Arcand, le gaz de schiste continue à inquiéter des citoyens de Bécancour. Lors de la dernière séance publique, certains auraient souhaité que leurs élus expriment une opposition ferme à cette filière controversée et adoptent un règlement de protection des sources d'eau potable contre les opérations d'exploration et d'exploitation d'hydrocarbures.
Lors d'une conversation téléphonique, le président-directeur général de Questerre, Michael Binnion, a confirmé au premier magistrat que son entreprise n'avait aucun projet, ni aucun intérêt à exploiter le gaz de schiste sans acceptabilité sociale. «Et il m'a parlé d'une méthode de forage nettement améliorée et moins dommageable», a précisé M. Dubois.
Par ailleurs, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles (MERN), Pierre Arcand, lui aurait dit de «ne pas se casser la tête».
«Selon lui, l'entreprise a des murailles à traverser, malgré son droit de s'installer à quelque part. Ça prend un permis du MERN. L'autre mur, c'est le ministère de l'Environnement. Et il y a les BAPE. Je vois le spectacle d'ici», s'est plu à énumérer le maire.
Du même souffle, celui-ci prétend que l'acceptabilité sociale est «extrêmement difficile à mesurer». «C'est un feeling global», avoue celui qui évoque la majorité silencieuse parmi les méthodes d'analyse. Or, une citoyenne, Danielle Rochette, lui a rappelé que 77 % des 2200 personnes de Bécancour qui furent déjà sondées dans le passé avaient dit non au gaz de schiste. «On a un pouls», a-t-elle signalé. «Plus ils en connaissent, moins ils en veulent», a renchéri un autre citoyen, Yves Mailhot.
Pour sa part, une autre citoyenne, Nicole Racine, dit trouver étrange le discours de Questerre qui ferait miroiter des perspectives à ses actionnaires sans intention réelle de passer à l'action, tout en vantant sa nouvelle technologie. D'où sa volonté de voir le conseil municipal «protéger notre eau correctement».
Mais pour le conseiller Alain Mercier, le fait d'adopter une réglementation sur les distances minimales entre un site de forage et une source d'eau potable envoie comme message que l'exploitation gazière est possible. «On suit ça de près. On se prépare», a-t-il conclu.