Les responsables en services éducatifs en milieu familial affiliées à la FIPEQ-CSQ ont manifesté vendredi matin devant les bureaux du ministre Jean Boulet. À l’avant, on voit Mélanie Gélinas, présidente de la section locale de la FIPEQ-CSQ, et Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ-CSQ.
Les responsables en services éducatifs en milieu familial affiliées à la FIPEQ-CSQ ont manifesté vendredi matin devant les bureaux du ministre Jean Boulet. À l’avant, on voit Mélanie Gélinas, présidente de la section locale de la FIPEQ-CSQ, et Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ-CSQ.

Garderies en milieu familial: les éducatrices manifestent pour une cinquième semaine

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Les responsables en services éducatifs en milieu familial (RSE) de la région ont de nouveau manifesté tôt ce vendredi matin devant les bureaux du ministre Jean Boulet, au centre-ville de Trois-Rivières, dans l’espoir d’en arriver à une entente satisfaisante avec le ministère de la Famille pour leurs conditions de travail.

Du même coup, pour un cinquième vendredi consécutif, les RSE affiliées à la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) ont ouvert plus tard les services de garde, soit 1h15 plus tard cette semaine.

Les manifestantes de la Mauricie ont d’ailleurs pu recevoir la visite de la présidente de la FIPEQ, Valérie Grenon, qui tenait à être présente pour lancer un message au ministre Jean Boulet, ministre du Travail de l’Emploi et de la Solidarité sociale, afin qu’il puisse donner des mandats clairs, au même titre que son collègue ministre de la Famille Mathieu Lacombe, à la table de négociations.

Le principal point de litige dans ces négociations repose sur les salaires, mais la FIPEQ demande également la création d’un comité paritaire afin d’évaluer les emplois des RSE, dans l’espoir qu’elles puissent être rémunérées à la hauteur de leur travail. Présentement, les RSE ne sont pas payées à l’heure, mais touchent plutôt une subvention gouvernementale afin d’opérer les services de garde. Or, le calcul effectué par la FIPEQ par rapport aux heures travaillées indique que ces éducatrices gagnent l’équivalent de 12,42$ de l’heure, soit moins que le salaire minimum. Les RSE réclament un salaire de 16,75$ de l’heure, soit l’équivalent du premier échelon d’une éducatrice non formée en Centre de la petite enfance. L’offre sur la table est actuellement une augmentation de 6 cents, soit 12,48$ de l’heure.

«Notre demande est claire, on veut un comité d’évaluation d’emploi paritaire avec le ministère pour évaluer nos emplois. Parce qu’au-delà d’être éducatrices, elles sont des infirmières, elles désinfectent les jouets, planifient les activités, les menus, elles sont responsables en alimentation. Il faut évaluer leur emploi à sa juste valeur», clame Valérie Grenon.

Le ministère imposera en outre, dès juin prochain, la production d’un dossier de l’enfant par les éducatrices. Se disant très ouvertes à déployer cet outil important pour le bon développement de l’enfant, les RSE se demandent par contre où elles trouveront le temps de le mettre en place.

«On est d’accord avec ça, on est des professionnelles de la petite enfance et on va le faire avec plaisir, mais on va le faire quand? Où? Ce sera sur nos heures personnelles et on va priver nos propres familles de temps avec eux pour le faire. On veut des heures rémunérées pour que nous soyons capables de le faire», ajoute Mme Grenon, qui rappelle que les négociations avec le ministère de la Famille se déroulent depuis près d’un an, soit le 4 mars 2019.

«La table est ouverte, mais assez c’est assez. Depuis le 4 mars 2019 qu’on négocie. Le 8 mars, nous aurons un gros événement au Québec. Nos 10 000 membres dans 14 régions vont se rassembler, et on veut avoir une entente de principe à faire voter à nos membres le 8 mars, sinon on va en action plus loin», mentionne Valérie Grenon, rappelant avoir toujours en main un mandat permettant au syndicat de poursuivre les grèves le vendredi en retardant de 15 minutes supplémentaires chaque semaine le moment de l’ouverture des services de garde et ce, jusqu’à 2 heures d’ouverture retardées.

Fermetures

En Mauricie, depuis trois ans, pas moins de 180 services de garde en milieu familial ont fermé leurs portes. La présidente de la section locale de la FIPEQ, Mélanie Gélinas, indique que les ressources sont passées de 560 à 380 seulement sur le territoire de la Mauricie.

«On a beaucoup de fermetures parce que les filles sont juste dépassées par tout ça. Elles se dirigent vers autre chose. On a l’obligation d’avoir 50 heures par semaine en présence enfant, mais ce n’est pas là qu’elles font leur planification repas, la préparation des ateliers éducatifs, des activités, la désinfection. C’est en dehors du 50 heures. Ça fait des grosses semaines. On a aussi des familles et c’est tout du surplus», explique Mélanie Gélinas.

Cette dernière fait par ailleurs remarquer qu’à l’intérieur des demandes faites par le syndicat, on ne demande même pas de reconnaître ni la formation des éducatrices ni leurs années d’expérience. «C’est vraiment un minimum, ce qu’on demande», clame celle qui se dit déçue de voir que malgré ses demandes, aucun député de la région de la Mauricie n’a accepté de la rencontrer pour discuter du dossier.